Projet de traité intergouvernemental : égarements européens face à la crise
Les dirigeants européens se réuniront le 30 janvier prochain à Bruxelles pour parvenir à un accord final sur un traité intergouvernemental relatif au pacte budgétaire. Le projet de traité, en se focalisant sur l'austérité, ne renforce en rien la solidarité entre États membres. Il ne propose ni de stratégie de soutien à la croissance, ni de gouvernance économique et démocratique efficace. Ses insuffisances reflètent l'incapacité du duo N. Sarkozy - A. Merkel à faire converger leurs positions sur l'Union. Le choix même d'un traité, où s'affirment un directoire franco-allemand et une intégration à deux vitesses, est vivement critiqué par les partenaires européens. Cette note montre qu'une autre réforme est indispensable pour sortir de la crise et renforcer la gouvernance de l'Union économique et monétaire.
La Hongrie et la discrétion coupable de l'Europe
Le constitution hongroise, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, votée par une assemblée non élue pour être constituante, comporte des régressions notables et, en multipliant les références nationalistes, s'inscrit à rebours des grands principes fondateurs de l'Europe. Dans cette note, Marie Gautier montre que, au-delà du contenu et des dispositions précises, la nouvelle Constitution hongroise conforte et autorise l'adoption de tout un arsenal législatif nationaliste et antidémocratique. Elle vient confirmer un succession de régressions législatives face auxquelles la timidité des réactions européennes est préoccupante, alors même que la possibilité juridique de réagir existe : face au danger d'une violation des droits fondamentaux de l'Union, les Européens en ont même le devoir.
Vers l'euro-fédéralisme
Dans cette tribune, publiée sur le Monde des idées, du 4 novembre 2011, Olivier Ferrand montre que l'intégration économique et monétaire n'est pas viable sans une intégration politique, c'est pourquoi l'idée d'une Europe fédérale doit être relancée dans le cadre d'une Europe à deux vitesses.
Sommet européen du 26 octobre : une digue européenne face au tsunami financier
Le sommet européen du 26 octobre est historique : le défaut de la Grèce est le plus grand de l’histoire moderne, devant l’Argentine, et le premier de l’histoire occidentale depuis 60 ans. Il donne naissance à la première vraie digue européenne : un Fonds européen de stabilisation financière doté de moyens d’intervention massifs. Mais le tsunami financier est toujours là : la dette publique des Etats de la zone euro, même consolidée, continue de dériver. Sortir du surendettement, tel est l’enjeu des mois à venir, en priorité en France. Sans cela, la nouvelle digue européenne volera en éclats.
Gouvernance économique européenne : un nouveau cap à franchir
Le Conseil européen qui s'est tenu à Bruxelles les 23 et 24 juin derniers a marqué une première étape dans l'approfondissement des mesures destinées à surmonter les difficultés de l'Union économique et monétaire. Pour autant, en matière de gouvernance économique, les Européens se sont arrêtés au milieu du gué, et n'ont pas sauté le pas d'un véritable pilotage économique de la zone euro et d'une plus grande mutualisation de leurs moyens financiers. Une véritable rénovation de l'Union économique et monétaire passe par une coordination renforcée des Etats membres et de politiques communes en matière d'investissements d'avenir, un pacte de stabilité et de croissance renforcé et équilibré, un véritable gouvernement économique européen via l'institutionnalisation de l'Eurogroupe, une intégration budgétaire.
Crise grecque : un sursis à court terme, mais quelles solutions à long terme ?
Engagés dans une course contre la montre pour sauver la Grèce et la zone euro, les Européens ont confirmé aujourd’hui au Conseil européen de Bruxelles leur soutien à la Grèce et ont continué à progresser vers un accord sur les principes d’un nouveau plan de sauvetage, ainsi que sur le déblocage, sous condition, de la prochaine tranche de prêt évitant tout défaut de la Grèce en juillet. Au-delà de ce message de solidarité conditionnelle à la Grèce, le Conseil européen a marqué, sur le fond, un début d’inflexion. De plus en plus d’Européens en sont désormais convaincus : l'Europe ne pourra pas sortir de la crise de sa dette souveraine si elle ne propose pas une solution exhaustive dépassant le cadre du seul donnant-donnant « rigueur contre solidarité ».























