Politique fiscale : l'anti-réforme
La fiscalité s'annonce comme l'un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle alors que le taux de prélèvements obligatoires atteindra en 2012 un nouveau record historique autour de 45 % du PIB. En cinq ans, Nicolas Sarkozy ne sera pas parvenu à équilibrer le système fiscal français, faute d'une réforme d'ensemble.

Projet de François Bayrou: la rigueur et après ?
Le projet présidentiel présenté par François Bayrou pour 2012 fait de l’annulation des déficits en 2016 l’objectif central de son projet économique. Toutefois, la stratégie des finances publiques qu'il propose pêche par deux graves lacunes. La réduction annoncée des dépenses publiques de 50 milliards d’euros entre 2012 et 2016 n'est pas documentée : ni sur l’Etat, ni sur les dépenses de la Sécurité sociale. Alors qu'à l'inverse, plusieurs mesures s'avèreraient dispendieuses sur le plan budgétaire. Surtout, il prévoit de faire porter une grande partie de l’ajustement par une ponction fiscale de 20 milliards d’euros sur les ménages et la consommation (hausse de 2 points de la TVA). Ce projet induirait un risque majeur sur la croissance jusqu'à la fin de la prochaine mandature, au détriment de l’emploi.
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Perte du triple A : la France sanctionnée
L'annonce par l'agence de notation Standard & Poors de la perte par la France de sa notation "AAA" sonne comme une sanction des limites de la stratégie de réduction des déficits publics engagée par la France depuis plusieurs mois. Elle souligne également le maintien d'incertitudes sur la sortie de crise de la zone Euro. Nul ne saurait aujourd'hui se réjouir de cette décision, lourde d'implications et d'interrogations sur l'avenir.
On ne peut pas répondre à la crise par les politiques qui en sont la cause
Les politiques de rigueur mises en œuvre en Europe pour faire face à la crise de la dette n’ont rien d’original : elles poursuivent une stratégie devenue dominante dans les années 1980, concevant les politiques sociales et l’Etat-providence comme un poids pour l’économie. Or cette stratégie n’a pas créé de croissance, a généré des emplois de mauvaise qualité, faiblement rémunérés et coûteux pour l’Etat. Elle n’a pas permis à l’économie européenne de redémarrer. Dans cette tribune publiée dans Le Monde, Bruno Palier montre qu’il est urgent de rompre avec ces politiques à l’origine de la crise actuelle, en investissant collectivement dans le capital humain et les activités innovantes, durables et sources d’emplois de qualité.
Cinq ans de revue générale des politiques publiques (RGPP) : un échec politique et administratif
Un séminaire gouvernemental, mardi 29 novembre, doit faire le bilan de la Revue générale des politiques publiques (RGPP), cinq ans après son lancement. Le gouvernement ne devrait pas manquer de se congratuler: la réforme de l’Etat est en cours, avec à l’arrivée plus de service public et moins de dépenses publiques. Rien n’est plus faux. Ce rapport de bilan démontre le contraire : la RGPP est un échec patent, la réforme de l’Etat est à reprendre de zéro, à repenser en profondeur. Les dépenses de l'Etat n'ont pas été jugulées et la RGPP a eu des conséquences négatives sur les services publics, en dégradant la qualité de service.
Politique de rigueur et investissements d’avenir : les impératifs jumeaux
Dans cette tribune, reprise par Le Monde des idées, Olivier Ferrand, Président de Terra Nova analyse les problématiques liées à la crise de la dette et propose comme solution de faire cohabiter politique de rigueur et investissements d'avenir. La crise des finances publiques sera au cœur du prochain mandat présidentiel. C’est que la France fait face à un immense défi sous la forme d’une double contrainte croisée : le surendettement et le sous-investissement.
Budget 2012 : un pas de plus vers l'impasse financière
Les jeux d'argent en ligne, un an après : un bilan mitigé, un encadrement à renforcer
Plus d'un an après l'adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi ouvrant à la concurrence le secteur des paris sportifs et des jeux d'argent en ligne, sur lequel Terra Nova avait sonné l'alarme, un bilan s'impose. Malgré une mise en œuvre exceptionnellement rapide, l'offre illégale n'a pas été asséchée. La loi n'a pas suffisamment pris en compte les problèmes d'addiction posés par les jeux d'argent et les paris en ligne, ni la question de l'intégrité des compétitions, alors que l'ouverture du marché accroît le risque de paris truqués, de corruption et de blanchiment d'argent. Parce que la libéralisation des paris sportifs n'a pas été le pactole escompté, les nouveaux opérateurs réclament un assouplissement du cadre législatif et règlementaire. Celui-ci doit au contraire être renforcé, afin d'éviter que les jeux et paris sportifs en ligne ne soient une machine à lessiver l'argent des plus modestes.
























