Lyon : le festival de la rénovation et les rigidités de l'éducation
Longtemps symboles de la question urbaine du fait des émeutes dont elles ont été les foyers, les cités de la banlieue lyonnaise ont fait l'objet dans les années 1990 - 2000 de vastes opérations de rénovation visant à les réintégrer dans la ville via les transports en commun, à y introduire de la mixité sociale en diversifiant leur habitat, à leur conférer une qualité urbaine en y aménageant des places centrales. Après Grenoble, Bordeaux, Rouen et Strasbourg, le groupe de travail de Terra Nova sur les quartiers de relégation en partenariat avec la revue Esprit et avec le soutien de la Fondation Total se penche sur les limites sur le terrain des opérations de rénovation. Dans cet article, Jacques Donzelot montre que si les bénéfices de ce travail de rattachement des grands ensembles de la périphérie de l'agglomération au centre-ville, consacré par la Biennale de la danse, sont tangibles, il apparaît difficile de faire suivre aux institutions, notamment celles de l'éducation, le mouvement imprimé à la ville à travers l'urbanisme.
Strasbourg : le tram et les cités
Perçue jusqu'à la fin des Trentes Glorieuses comme un espace aux contours bien délimités, dont chaque lieu correspond à une fonction définie, la ville tend aujourd'hui à pénétrer dans les quartiers, dans les cités, notamment grâce au tramway et à la diversification de l'habitat. Le cas de Strasbourg, étudié dans le cadre du groupe de travail de Terra Nova sur les quartiers de relégation en partenariat avec la revue Esprit et avec le soutien de la Fondation Total, illustre bien ce phénomène. Après Grenoble, Bordeaux et Rouen, Jacques Donzelot montre dans cet article, à travers les exemples de la cité Loucheur, des quartiers de la Meinau et du Neuhof, de la cité Hautepierre, que ce mouvement de la ville vers la cité n'entraîne pas de dynamique en sens inverse : la volonté de désenclaver, si elle existe, se heurte à d'autres difficultés.
Grenelle et bâtiment : un plan ambitieux, des aides puissantes mais inéquitables
L'impératif de rénovation énergétique du bâtiment nécessaire pour respecter l'engagement pris lors du Grenelle de l'environnement de faire baisser de plus d'un tiers la consommation d'énergie des bâtiments d'ici 2020 est soutenu par de nombreuses aides et incitations, dont le montant annuel, très élevé, se justifie par les bénéfices attendus. Mais la façon dont sont distribuées ces subventions privilégie en majorité les ménages les plus riches, et fait courir le risque d'une fracture énergétique. Cette note montre qu'un rééquilibrage du dispositif est possible, afin d'éviter le clivage entre ménages aisés ayant réalisé les travaux de rénovation énergétique et bénéficiant de factures d'énergie faibles, et ménages modestes entraînés dans le cercle vicieux de la précarité énergétique à mesure que les prix de l'énergie augmenteront.
Les Hauts de Rouen : du quartier-village à la ville élargie
Après Grenoble et Bordeaux rive droite, Terra Nova poursuit son tour de France des cités en publiant un article de Jacques Donzelot sur les Hauts de Rouen, fruit des réflexions du groupe de travail de Terra Nova sur les quartiers de relégation, en partenariat avec la revue Esprit et avec le soutien de la Fondation Total. Les opérations de rénovation des Hauts de Rouen donnent lieu à un travail mémoriel destiné à accompagner les habitants dans le deuil des lieux où ils ont vécu. Perçus comme un village distinct de la ville par certains habitants, ces quartiers révèlent, selon les professionnels engagés dans l'opération de rénovation, une richesse, mais repliée sur elle-même, tenue à distance de la ville. Un désenclavement permis par des bus à haut niveau de service et la construction d'une grande médiathèque a permis d'ouvrir le quartier sur la ville : l'enjeu de l'opération de rénovation reste néanmoins de changer l'image négative qui lui est associée.
Bordeaux rive droite : une vraie réussite apparente
Rétablir la liaison entre quartiers d'habitat social et ville, défaire le lien identitaire au quartier via une rénovation urbaine, telle a été, comme dans beaucoup de grandes villes, la politique d'urbanisme appliquée sur la rive droite de Bordeaux. Dans un article issu des réflexions du groupe de travail de Terra Nova sur les quartiers de relégation, en partenariat avec la revue Esprit et avec le soutien de la Fondation Total, Jacques Donzelot revient sur la "vraie réussite apparente" que constitue cette politique d'urbanisme : effacement de la coupure entre rive droite et rive gauche de Bordeaux grâce au tramway, mais incertitudes quant à la réussite de la rénovation urbaine proprement dite, et de sa capacité à modifier en profondeur la vie des habitants, au risque d'en rester au mythe de la mixité, sans réalité sur le terrain. Après une première publication sur Grenoble, cet article est le deuxième d'une série sur "la France des cités".
L'accès au logement : une exigence citoyenne, un choix politique
De plus en plus de Français subissent la crise du logement. Le rendant difficile d'accès et de plus en plus cher, elle pénalise au premier chef les jeunes et les pauvres. Le rapport de Terra Nova : "L'accès au logement : une exigence citoyenne, un choix politique" montre comment cette situation est née d'un choix de société privilégiant la rente foncière et immobilière, les propriétaires et les "inclus". Il détaille une politique progressiste fondée sur un changement d'objectif : loger dignement, à un coût raisonnable, l'ensemble des ménages. En conduisant plusieurs chantiers : la réduction des prix immobiliers et fonciers, une construction volontariste s'insérant dans un cadre d'urbanisme écologique structurant, la facilitation des parcours résidentiels et de l'accès au logement notamment pour les "outsiders", l'agglomération comme régulateur central des politiques d'habitat. Le rapport formule 72 propositions pour mener à bien cette politique progressiste du logement.






















