ESSAI
L'avenir de la décentralisation Essai Par Karine Martin, Victor Broyelle, Yves Colmou. Le 16/05/2011
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Terra Nova publie le rapport final de son groupe de travail "Décentralisation", présidé par Yves Colmou et Victor Broyelle. Face à la contre-réforme menée depuis 2007, Terra Nova propose un nouveau pacte territorial pour reconquérir la décentralisation, passant par le renforcement des compétences régionales, la généralisation et le développement des intercommunalités, la reconnaissance de la diversité des politiques publiques locales. Près de trente ans après les lois Defferre de 1982-83, le rapport appelle à poursuivre et approfondir ce mouvement de prise de décision au plus près des réalités locales, en formulant des propositions articulées autour de trois axes : l'accroissement de la lisibilité et de l'efficacité de l'action publique locale ; la modernisation de l'impôt local et le renforcement de son équité ; l'amélioration de la démocratie locale.

Choisir « L’avenir de la décentralisation », comme titre de ce travail, a été notre volonté commune. Nous avons voulu marquer notre engagement en faveur d’une logique, d’une démarche, d’un mouvement. Nous avons aussi voulu dire notre attachement aux dispositions législatives engagées en 1981 et aujourd’hui remises en cause. Oui, nous croyons à la décentralisation. Nous croyons à ce mouvement qui consiste à prendre des décisions au plus près des réalités locales, au plus près des citoyens. Nous sommes certains de la force démocratique de ce mouvement mais aussi de son efficacité. Malgré l’imperfection de l’organisation des collectivités locales, malgré la diversité des élus locaux, nous avons la conviction, étayée par trente ans d’expérience de la gestion locale, que la décentralisation a été un progrès démocratique et un progrès pour la gestion publique.


La loi du 2 mars 1982 a marqué une rupture, celle de la tutelle. Cette loi est d’abord une loi de confiance dans les élus choisis par les français dans les communes, dans les départements, dans les régions. Nous mesurons aujourd’hui la volonté politique qu’il a fallu mettre en oeuvre pour assurer cette révolution, pourtant si simple, qui consiste à reconnaître comme majeurs les collectivités locales et leurs élus. La loi de 1982 a pourtant été l’objet de débats d’une conflictualité considérable à l’Assemblée nationale et plus encore au Sénat. Pourtant, avec le temps, avec la force de l’appropriation de nouvelles compétences et de nouvelles responsabilités par les élus locaux, quels que soient leurs engagements, un consensus paraissait être établi. Pour l’essentiel, les nouvelles compétences transférées en 1983, la fonction publique territoriale créée en 1984, la transformation des régions en collectivités locales de plein exercice après les élections régionales de 1986 ne font plus débat. De 1988 à 1993, la gauche stabilisait la décentralisation en améliorant l’équité avec la création de la dotation de solidarité en Ile-de-France, et cherchait, sans tout à fait y arriver, à avancer sur la voie d’un regroupement des communes. La gauche a repris le mouvement de décentralisation à partir de 1997 avec le transfert des transports régionaux aux conseils régionaux et surtout, par la révolution silencieuse de l’intercommunalité, enfin réussie, sur la base d’un contrat de confiance avec les élus. Après 2002, pour la première fois, clairement, un gouvernement de droite, celui de Jean-Pierre Raffarin, s’appropriait la décentralisation, à sa façon, mais poursuivait le mouvement de transfert de compétences aux collectivités locales et inscrivait à l’article premier de la Constitution « l’organisation décentralisée » de la République.


La décentralisation, idée de gauche et de la Gauche, semblait désormais appartenir au patrimoine commun des républicains.


Mais depuis 2007, c’est une contre-réforme que tente d’imposer le Président de la République. C’est un mouvement de défiance envers les élus, de négation des conseils régionaux, par le biais du conseiller territorial, de remise en cause de toute capacité d’action des collectivités locales, par une réforme des finances locales injuste. Pourtant, les dispositifs de relance pour affronter la crise économique et financière ont montré l’importance de l’investissement local. Avant même le débat sur les
compétences et l’organisation territoriale, la réforme commençait par un étranglement budgétaire local.


C’est dans ce contexte que ce groupe de travail de Terra Nova s’est rassemblé pour contribuer à préparer, dès 2012, une nouvelle étape de la décentralisation. Les responsables de l’opposition actuelle ont pris non seulement des engagements d’abrogation des lois aujourd’hui en débat mais aussi de définition d’un acte III de la décentralisation par une nouvelle majorité après 2012. C’est dans cette ligne que notre groupe inscrit son travail. Nous sommes favorables à une nouvelle loi qui reviendrait
sur les dispositions les plus recentralisatrices de la contre-réforme menée par le gouvernement actuel, et d’abord la création du conseiller territorial et sur la réforme des finances locales. Nous proposons aussi de franchir une nouvelle étape de ce mouvement de décentralisation auquel nous croyons.


Ce groupe est constitué pour l’essentiel de praticiens d’origines diverses : cadres dirigeants territoriaux, universitaires, consultants. Issus de la fonction publique territoriale, de la fonction publique de l’Etat, mais aussi non fonctionnaires. La plupart d’entre nous travaillons dans les territoires et auprès des élus. Nous avons tenté, au-delà des critiques, de formuler vingt-cinq propositions pour « l’avenir de la décentralisation ». Ce travail est un travail de synthèse. Certains d’entre nous auraient voulu aller plus loin sur certaines pistes, d’autres trouvent déjà ces propositions audacieuses. Sur l’idée des métropoles, sur la démocratie locale, sur la place de l’Etat, nos débats ont été denses.


Pour ce faire, nous avons rencontré de nombreux élus. Jean-Pierre Balligand, François Deluga et Yves Krattinger retrouveront dans ces propositions une partie de leurs suggestions.


Nous avions en mémoire la proposition de loi déposée en 1980 à l’Assemblée nationale par le groupe socialiste et dont le premier signataire était Hubert Dubedout, à l’époque maire de Grenoble, et intitulée « proposition de loi pour la décentralisation de l’Etat ». Elle contenait déjà une grande part des principes fondateurs de la décentralisation.


Nous avons décidé de ne pas traiter ici la question du Grand Paris ni celle de l’outre mer, qui nous ont paru être deux questions bien spécifiques qui pourraient utilement faire l’objet de rapports distincts.


Dans ces propositions, on ne trouvera pas ce qui nous paraît une fausse-bonne idée d’experts parisiens, à savoir la suppression des départements. Au contraire, l’enracinement des départements, leur pertinence comme outils de solidarité sociale et territoriale nous paraissent toujours juste.


En revanche, ce rapport propose bien entendu un renforcement des compétences régionales car nous pensons que les régions représentent le cadre de la stratégie de développement, de transports, d’innovation et de recherche. Nous estimons tous qu’une étape majeure doit être franchie, par la généralisation et le développement des intercommunalités. Oui, nous proposons de faire des structures intercommunales des collectivités locales à part entière, et donc élues au suffrage universel direct. La spécificité de la France, ce n’est pas son nombre de niveaux de collectivités locales, c’est l’éclatement que provoque l’existence de 36 000 communes. Vouloir ou prétendre les supprimer serait à la fois un rêve de technocrate et une tentation autoritaire. Les fédérer pour leur permettre d’exercer réellement leurs compétences, c’est l’étape qu’il faut franchir pour relancer la décentralisation.


Nous avons aussi voulu progresser dans la reconnaissance de la diversité des politiques publiques locales et favoriser un cadre différencié quand cela se révélait nécessaire. Au-delà de l’Alsace-Moselle ou du statut particulier de la Corse, nous pensons que les zones de montagne, le littoral ou toute autre spécificité peuvent donner lieu à des expérimentations et à des innovations institutionnelles particulières, sans qu’elles doivent être ensuite forcément généralisées, dès lors qu’elles s’exercent
sur la base du volontariat et au service de politiques efficaces.


Farouchement décentralisateurs donc, mais pas partisans de l’effacement de l’Etat. L’Etat remplit des missions et a un rôle à jouer. C’est notamment à lui qu’il revient de conduire une politique d’aménagement du territoire pour corriger les inégalités. Nous avançons des propositions directement opérationnelles, pour franchir une étape vers la péréquation des ressources. Nous croyons aussi indispensable de faire vivre un lieu, solennel et efficace de contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales : le Haut Conseil des territoires. Enfin, nous devons rappeler que la décentralisation manquerait son but si elle n’améliorait pas aussi la démocratie locale.


Rapprocher la décision de ceux qui sont concernés est un progrès. Toutefois, il ne suffit pas de substituer un maire proche à un gouvernement lointain, si l’un comme l’autre décident sans consulter, agissent sans écouter. La France et ses territoires ont changé. Au-delà du rejet de la contre-réforme actuelle, nous proposons un nouveau pacte territorial pour reconquérir la décentralisation.
 

Synthèse des propositions


La décentralisation a constitué un réel progrès pour notre pays en rapprochant les centres de décision du peuple, en améliorant la gestion des services publics de proximité, ou encore en dotant les collectivités locales de réelles capacités à jouer un rôle d’amortisseur de la crise et de relance de la croissance.


Près de trente ans après les lois Defferre de 1982-83, la décentralisation a besoin d’être corrigée sur certains points, approfondie sur d’autres. Pour commencer, il faudra revenir sur le climat de défiance instauré entre l’Etat et les collectivités ainsi que sur la plupart des orientations données par le gouvernement actuel, que ce soit en termes institutionnels ou financiers.


En 2012, la réforme « progressiste » de la décentralisation que nous souhaitons engager devra être porteuse de trois objectifs prioritaires :


– Accroître la capacité des collectivités territoriales à répondre aux besoins de nos concitoyens en matière de services publics, d’interventions et d’équipements pour lutter contre les effets de la crise mais aussi recréer une économie créatrice d’emplois et une société plus solidaire ;
– Créer par la redistribution des moyens publics les conditions d’intégration de tous les territoires dans l’ensemble national et encourager la solidarité entre les territoires et entre les personnes. La décentralisation doit garantir le pacte national de cohésion sociale et territoriale ;
– Améliorer la démocratie locale, c’est-à-dire la participation des citoyens aux décisions qui les concernent.


Cette réforme de la décentralisation devra s’articuler autour de trois axes :


– Accroître la lisibilité et l’efficacité de l’action des collectivités territoriales ;
– Moderniser l’impôt local et en renforcer l’équité ;
– Renforcer la démocratie locale.


RENFORCER LA LISIBILITÉ ET L’EFFICACITÉ DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES


Chaque échelon de collectivité a son utilité et assume des compétences indispensables. Aussi, proposons-nous de supprimer le conseiller territorial qui a pour effet de cantonaliser les régions, cassant ainsi la dynamique régionale. (proposition 10). Créé par le gouvernement actuel, il ne répond pas aux problèmes – réels pour certains échelons – de lisibilité de l’action publique locale.


Rétablissant ainsi les conseillers généraux rebaptisés conseillers départementaux et régionaux, il faudrait, du même coup, redéfinir les modes de scrutin présidant à leur élection.


Nous proposons d’élire les conseillers régionaux au scrutin de liste proportionnel régional (avec sections départementales) avec une prime majoritaire (cf. loi no 99-36 du 19 janvier 1999) (proposition 11) et les conseillers départementaux selon deux options possibles (proposition 12) :


– Option 1 : L’élection des conseillers départementaux serait faite dans le cadre de nouvelles circonscriptions respectant les limites des intercommunalités. L’élection se ferait au scrutin binominal majoritaire à deux tours, ou au scrutin de liste proportionnel ce qui permettrait une représentation paritaire de ces nouveaux territoires.
– Option 2 : L’élection des conseillers départementaux aurait lieu dans le cadre départemental, au scrutin de liste proportionnel avec une prime majoritaire, sur le mode de l’élection régionale.


Les progrès de la décentralisation passent par un renforcement du rôle des régions qui assument les « compétences stratégiques » pour le développement des territoires (proposition 11). Des responsabilités accrues doivent donc leur être accordées dans les domaines du développement économique, de la gestion de l’intermodalité, de la formation et des relations avec l’Europe. Bien évidemment, l’octroi de ces nouvelles compétences nécessitera de revoir les ressources dont elles disposent et de restaurer leur autonomie financière, mise à mal par la réforme de 2010.


Nous proposons la création de métropoles comme collectivités locales de plein exercice selon deux critères cumulatifs : un seuil de population fixé à 500 000 habitants d’une part, et, d’autre part, un faisceau d’indices démontrant le rayonnement de la métropole et sa capacité d’attractivité à l’échelle européenne. Elles devront être dotées de capacités d’actions élargies, afin de créer un effet d’entrainement sur leur territoire, du dynamisme économique et être vecteur d’attractivité économique à l’échelle européenne (proposition 9).


Le vrai problème en France n’est pas le nombre d’échelons de collectivités territoriales. Il est le même dans d’autres pays, notamment européens. Le vrai problème est lié à l’émiettement communal. Les 36 000 communes atomisent les capacités d’action. Pour y remédier, nous proposons d’achever, avant l’échéance des élections locales de 2014 la carte des intercommunalités : à cette date, toute commune devra faire partie d’une intercommunalité d’au moins 10 000 habitants (proposition 6). Dans ce cadre, les intercommunalités seront transformées en collectivités locales de plein exercice avec attribution de la clause générale de compétences (proposition 7). Dès lors, nous proposons d’élire, dès 2014, les conseillers communautaires au suffrage universel direct dans une circonscription intercommunale unique en veillant à une représentation minimale de chacune des communes (proposition 8).


Un autre facteur de clarification de l’action publique locale serait la contractualisation d’un partenariat territorial entre plusieurs échelons de collectivités territoriales au travers de « pactes de gouvernance territoriale » pour la durée du mandat. Celui-ci serait élaboré et négocié par une conférence des exécutifs locaux réunissant le Président du conseil régional, les Présidents des conseils généraux et les Présidents des intercommunalités. Cette contractualisation interviendrait au plus tard dix-huit mois suivant les élections générales et définirait un cadre d’intervention ainsi que les grands axes stratégiques de l’action des collectivités sur le territoire régional (proposition 3).


Celle-ci serait facilitée par l’alignement de la durée des mandats locaux, l’ensemble des mandats des élus locaux étant renouvelés tous les six ans (proposition 4).

Cette nouvelle configuration ainsi que le renforcement concomitant de l’échelon régional donneraient tout son sens au contrat de projet Etat-Région, transformé en un contrat de développement Etat-territoires. Le contrat serait ouvert à la négociation l’année suivant le renouvellement des conseils locaux. Les négociations seraient menées par l’Etat et par la région, qui y associerait les autres collectivités territoriales (proposition 2).


La force de la décentralisation vient également de la possibilité de s’appuyer sur un Etat assumant pleinement ses compétences, ce qui a fait défaut ces dernières années, avec la RGPP et la réduction des moyens de l’Etat. Devenu impécunieux, l’Etat s’est défaussé très largement sur les collectivités locales ou même parfois, sur le secteur privé, y compris pour des missions – comme la sécurité – pourtant au coeur de ses compétences régaliennes. De la même manière, les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales, désormais marquées du sceau de la défiance, devront s’inverser au profit d’un pacte de confiance.


Pour cela, nous proposons la création d’un Haut Conseil des Territoires, structure permanente créée par la loi et réunissant les associations représentant les différents échelons de collectivités locales. Le Haut Conseil des territoires sera obligatoirement consulté par le gouvernement sur tout projet de réforme ayant une incidence directe ou indirecte sur l’exercice des compétences des collectivités locales (proposition 1).


Nous proposons également de pousser plus loin la prise en compte de la diversité des territoires, en considérant que les mesures d’ordre réglementaire doivent pouvoir être différenciées en fonction des réalités locales. Ainsi, il faut permettre à des collectivités locales de proposer une expérimentation sur leur territoire, sans en rendre obligatoire la généralisation. Dans le même but, la région doit pouvoir adapter les modalités d’application d’une loi au vu des spécificités de son territoire. Cette adaptation se ferait dans des champs déterminés par le législateur (proposition 5).


L’amélioration de l’efficacité des collectivités locales passe par la possibilité pour elles d’identifier les bonnes pratiques et de les faire connaître aux autres collectivités. La mise en place d’un centre de ressources permanent et structuré, à destination des collectivités locales pourrait en être l’outil efficace (proposition 14). Créé à l’initiative des grandes associations d’élus, ce Centre de Ressources Locales (CREL), aurait une triple vocation :


– constituer un observatoire disposant de l’ensemble des données chiffrées disponibles sur l’activité et le fonctionnement des collectivités avec les analyses correspondantes ;
– fournir aux collectivités les données et études nécessaires à l’organisation de l’activité (production de politiques publiques, axes de management et de méthodes);
– proposer aux collectivités (individuellement ou en groupe), notamment pour celles qui ne disposent pas de structures internes permanentes d’audit et de gestion ou d’inspection, des missions de conseil en matière d’évaluation, d’organisation et de méthode.


Enfin, l’efficacité de la gestion locale passant aussi par ses ressources humaines, il faudrait davantage de fluidité entre les 8 filières métier de la fonction publique territoriale et rendre vraiment effective la mobilité entre les fonctions publiques territoriale, d’Etat et hospitalière (proposition 13).


MODERNISER L’IMPÔT LOCAL ET EN RENFORCER L’ÉQUITÉ


La réforme du financement des collectivités locales est avant tout un enjeu démocratique, au sens ou elle doit rétablir le lien entre le citoyen contribuable et les élus. La réforme doit donc s’attacher à re-légitimer l’impôt local et à tirer les conséquences de la décentralisation en clarifiant la répartition et le financement des compétences entre Etat et collectivités locales.


Pour commencer, il faudra donc revenir sur les conséquences de la suppression de la taxe professionnelle et (proposition 16) :

1) Redonner un véritable pouvoir fiscal aux régions,

2) Revoir le barème d’imposition de la contribution sur la valeur ajoutée afin d’alléger le coût de la réforme pour l’Etat.

3) Ouvrir une réflexion sur la répartition des impôts entre différents échelons de collectivités, dans l’objectif que chaque échelon dispose d’un panier d’impôts diversifiés assis sur les ressources des ménages et les entreprises, avec un pouvoir de modulation des taux par les assemblées locales.


Une réforme progressiste de la fiscalité locale passera d’abord par davantage de justice fiscale, entre les contribuables au travers du renforcement de l’équité dans les impôts des ménages. Pour cela, il faudra réviser les valeurs locatives sur lesquelles sont assises les taxes foncières et d’habitation et qui, datant des années soixante-dix, ne reflètent plus la valeur réelle des biens sur lesquelles elles sont assises (proposition 17).


Pour cela, la révision progressive des valeurs locatives sur lesquelles sont assises les taxes foncières et la taxe d’habitation pourraient s’effectuer à produit constant.


Cette réforme pourrait utilement être complétée par la prise en compte de la capacité contributive des ménages dans le calcul de la taxe d’habitation. (proposition 18). Cette mesure devrait être mise en place au niveau départemental ou intercommunal et s’accompagner de mesures de péréquation afin de ne pas pénaliser les territoires dont une part importante de la population présente de faibles revenus ou de ne pas dissuader les communes d’accueillir des populations à faible revenu.


Plus généralement, il est temps de concevoir la péréquation comme outil de garantie de l’équité entre les territoires, en créant des dispositifs nationaux de péréquation pour chacun des niveaux de collectivité (régional, départemental, communal et intercommunal) et en accroissant la péréquation régionale en Ile-de-France à travers le renforcement du FSRIF (proposition 19).


Enfin, l’Etat doit assumer le financement des compétences dont il délègue la gestion aux collectivités territoriales. Ainsi, il faut garantir que les politiques relevant de la solidarité nationale soient financées par la solidarité nationale (APA - allocation personnalisé d’automonie, RMI - revenu minimum, PCH - prestation de compensation du handicap) en attribuant une fraction de la CSG aux départements pour le financement de ces politiques publiques (proposition 15).


RENFORCER LA DÉMOCRATIE LOCALE


Avec le transfert de nombreuses compétences aux collectivités locales, l’exercice d’un mandat exécutif local est désormais un « travail à plein temps ». En outre, le cumul des mandats constitue un véritable obstacle au renouvellement des élus, à leur rajeunissement, à leur féminisation et à leur diversification.


Nous proposons donc par la loi la mise en place d’un mandat exécutif unique et la limitation à trois du nombre des mandats exécutifs pouvant être exercés successivement par une même personne (proposition 22). Cette réforme s’appliquera également à la présidence de l’intercommunalité, désormais comptabilisée au titre d’un mandat local
soumis aux règles de limitation.


La diversification des origines socio-professionnelles des élus locaux passe également par la valorisation de l’expérience acquise par les élus, membres d’un exécutif local pour la suite de leur parcours professionnel (proposition 20). Il s’agit d’encourager ainsi l’engagement politique de salariés issus du privé en facilitant leur retour à l’emploiaprès un ou deux mandats.


Par ailleurs, nous proposons d’élargir le droit de vote aux étrangers aux élections locales (municipales, cantonales et régionales) pour ceux résidant en France depuis 5 ans (proposition 21), élargissant ainsi le droit déjà reconnu aux citoyens européens.

Enfin, nous pensons qu’il faut redynamiser la démocratie locale en prenant davantage en compte l’expression directe des citoyens. A ce titre, nous formulons trois propositions :

 

– Donner la possibilité à toutes les collectivités territoriales d’organiser des débats publics sur tout projet d’équipement local. Cette possibilité doit également être ouverte aux citoyens qui doivent pouvoir obtenir l’organisation d’un débat via une pétition dont les seuils devront être assez élevés afin de ne pas bloquer l’action de la collectivité (proposition 25).

 

Rendre le droit de pétition effectif en obligeant l’assemblée locale à se prononcer sur la pétition par un vote. En contrepartie, un même thème ne pourrait être proposé qu’une fois par an et ne pourrait faire l’objet d’un référendum local qu’une fois par mandat (proposition 23).

 

Généraliser un dispositif de concertation économique, social et environnemental dans les principales collectivités. (proposition 24).

Commentaires

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Par olivier Le 05/01/2012
-408

Des propositions interessantes mais une formulation peu analytique et manquant de justifications.
Quand le texte parle d'efficacite, il suggere trop souvent le besoin de quantite de services, et pas assez le besoin de rationnalisation et de productivite...
On nous dit que toutes les couches de notre mille-feuille ont une utilite, et pourtant aucun citoyen de base ne sait vraiment quelle couche est responsable de quoi, ce qui illustre plutot bien les enchevetrements de competences, et les gaspillages qui en decoulent, et dont les ressources pourraient soit dit en passant etre utilisees pour fournir des services autrement plus utiles.
Si le texte rechigne a proposer la suppression de tel ou tel echelon (notam departement et commune), il faudrait au moins qu'il dise plus explicitement s'il vise a redefinir le partage des missions, et de nous assurer que l'utilisation des impots est optimale ! Un peu de rigueur s'il vous plait !

Par den Le 07/07/2011
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Dommage que l'on poursuive dans l'idée de l'intercommunalité, qui est probablement une impasse. Impasse parce que les citoyens manifestent un patriotisme de clocher, et qu'ils rechignent à toute idée de fusion. Et les structures intercommunales sont le lieu d'intenses luttes entre maires de tendance différente, de richesse différente, et au sein d'un même parti, de haines recuites pour une investiture datant de dix ans. Impasse car une collectivité de 5000 habitants sera toujours impuissante pour gérer convenablement tous les enjeux réglementaires qui découlent de l'Europe, du Parlement, mais aussi dces attentes des citoyens.

Surtout, on maintient la dualité et la rivalité entre collectivités territoriales et les services de l'état. Aux présidents de conseil général ou régional la légitimité et les moyens financiers, aux préfets les compétences juridiques et techniques. Il serait pourtant envisageable de faire coincider tous ces échelons:

la région, avec à sa tête une collaboration/cohabitation entre le président de région et le préfet.

l'arrondissement (=sous préfecture), doté d'un conseil élu au scrutin de liste, où intervient le sous préfet.

la municipalité, réduite dans ses attributions, mais dotée d'une forme de voix consultative ou de pouvoir suspensif sur certaines décisions de l'arrondissement, par exemple sous la forme d'un sénat des maires.

La plupart des scrutins pouvant alors se faire au niveau de l'arrondissement, sur le principe des élections municipales (proportionnelle à deux tours avec prime):
conseil d'arrondissement: type municipal, avec une prime plus faible
conseil régional: listes par arrondissement, avec prime arrondissement ou région.
députés: un ou plusieurs par arrondissements
sénateurs: au niveau régional?

bien évidemment, une telle réforme doit être concomitante avec la fin du cumul des mandats et l'amélioration du sxtatut de l'élu, car ce sera douloureux pour beaucoup.

Par Anonyme Le 08/06/2011
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Bonsoir,

Vous trouverez ci-dessous quelques éléments de réponse sur le recrutement des fonctionnaires.

Si les fonctionnaires sont majoritairement recrutés sur concours, il faut savoir que les emplois d'exécution (ex: secrétaire, agent d'entretien, ouvrier polyvalent du bâtiment...) de la fonction publique (en particulier la territoriale et la fonction publique hospitalière) sont accessibles SANS CONCOURS. Les administrations publient les offres d'emploi sur différents sites internet (www.biep.gouv.fr, www.cap-territorial.fr et d'autres sites publics ou privés) et tous les candidats (fonctionnaires en attente de mutation, salariés du privé, demandeurs d'emploi, jeunes diplômés) peuvent postuler en adressant un CV et une lettre de motivation. Des entretiens de recrutement sont organisés et permettent de recruter ces fonctionnaires selon le critère de la compétence.

Sur les autres emplois de la fonction publique (cadres et professions intermédiaires), il faut distinguer la fonction publique de l'Etat, la fonction publique hospitalière et la fonction publique territoriale. S'agissant de la territoriale, la réussite au concours, dont les épreuves sont de plus en plus professionnelles (épreuves pratiques, entretien axé autour de l'expérience professionnelle...), est un préalable, mais c'est insuffisant pour décrocher un emploi de fonctionnaire. En effet, les lauréats de concours doivent ensuite postuler auprès des collectivités territoriales, selon les mêmes procédures que dans le secteur privé. Le recrutement dans la territoriale est donc axé sur les compétences, le concours ne constituant qu'un filtre, d'autant qu'à défaut de trouver un fonctionnaire disposant des compétences attendues sur le poste, la collectivité peut, à titre exceptionnel, recruter une personne en contrat à durée déterminée (1 à 3 ans) en lui demandant de passer le concours pour régulariser sa situation au regard du statut de la fonction publique.

Dans la fonction publique hospitalière, le concours est également la règle, mais beaucoup de professionnels sont recrutés en premier lieu sous contrat selon des modalités proches du secteur privé, puis peuvent présenter des concours (sur titre) qui s'avèrent souvent une formalité. Le recrutement est donc largement axé sur les compétences dans la fonction publique hospitalière.

Dans la fonction publique de l'Etat, ces fonctionnaires sont recrutés sur concours et le mode de recrutement est effectivement différent du secteur privé. En effet, les fonctionnaires admis au concours sont ensuite inscrits sur une liste d'aptitude par ordre de classement et sont affectés sur les postes vacants en fonction de leur classement (et pas nécessairement de leurs compétences). Toutefois, les épreuves de concours se sont très largement professionnalisées depuis plusieurs années. Par ailleurs, il convient de noter que la fonction publique de l'Etat représente aujourd'hui moins de la moitié de l'effectif total des fonctionnaires, en raison du double effet de la Décentralisation (vers la fonction publique territoriale) et de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui vise le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

Par ailleurs, le statut de la fonction publique s'est fluidifié ces dernières années, à travers notamment la loi du 3 août 2009 relative à la mobilité dans la fonction publique, le développement du recrutement de contractuels (CDD, voire CDI sur des postes à responsabilité).

Aussi, il n'est pas exact de dire que les fonctionnaires ne sont pas recrutés en fonction de leurs compétences, même si des axes de progrès doivent encore être recherchés dans ce domaine. Ces évolutions s'imposeront progressivement à la France qui sera sans doute amenée à harmoniser sa gestion publique avec les Etats membres de l'Union européenne. En effet, la plupart des Etats (Allemagne, Italie, Royaume Uni, Belgique...) appliquent un statut équivalent à celui du secteur privé pour tout ou partie des salariés de leurs administrations (Etat et collectivités locales). La France doit à mon sens maintenir le statut de fonctionnaire, car c'est une garantie du maintien du service public et nos 5 millions de fonctionnaires ont été un amortisseur de la crise financière de 2008. Toutefois, il est indispensable d'adapter le service public aux évolutions de son environnement, selon le principe fondateur de mutabilité du service public, trop souvent oublié au profit des deux autres principes d'égalité et de continuité.

Un cadre RH d'une collectivité territoriale.

Par Alain Lambert Le 25/05/2011
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déception ... en vrac :

Le citoyen n'est pas présent dans ces propositions : sont-elles faites pour les fonctionnaires ou le citoyen ?
Les objectifs ne sont pas clairs et surtout rien n'est prévu pour les évaluer, et éventuellement améliorer les dispositifs,
Les compétences de chaque "couche" ne sont pas explicitement définies.
Cela a déjà été dit mais rien n'est dit sur le bilinguisme et les particularités régionales.

Les citoyens doivent être la première cible de cette réforme; cela implique que certains principes non spécifiques à la décentralisation mais à la démocratie soient mis en exergue :
- transparence des revenus des élus . Il faut arrêter sous prétexte de faire le lit du FN de refuser de rendre transparent salaires, indemnités, etc des élus et des hauts fonctionnaires. Cela se fait dans les démocraties scandinaves.
- transparence comptable : ts les mouvements comptables doivent êtres visibles en tps réél .
- application des recommandations de l'Europe sur l'accès aux données publiques : possibilité par ex d'avoir accès aux différents projets d'une collectivité locale.
- délais pour mettre en place un projet. J'ai eu des expériences malheureuses : en 2 ans impossible de mettre en place un projet avec le CR : les gens se lassent et abandonnent et n'ont plus confiance ds les instances politiques.
- les citoyens doivent pouvoir participer à l'évaluation régulière des services publics (et non des fonctionnaires). Le choix de ces acteurs ne doit pas être "biaisé" par les participations de "personnalités qualifiées".

Un objectif n'a de valeur que si on peut lui associer une mesure et un indicateur. Il faut être opérationnel ! S'il n'existe pas de moyen pour évaluer si un objectif est atteint ou non, c'est cool : on ne sait pas si on a réussi ou non ! ==> Il faut imposer une obligation de qualité publique et d'amélioration.

J'ai du mal à m'y retrouver entre les différents niveaux : état - CR - canton -métropole-intercommunalité - commune ... ne serait-il pas possible de dresser un tableau avec les compétences de chaque niveau et leur mode d'élection qui à mon avis doit être une conséquence de leur compétence ?
De la même manière, un bon vieux schéma (ne dit-on pas qu'un bon dessin vaut mieux qu'un long discours) représentant toutes les interactions et interfaçages entre ces différentes couches permettraient de mx appréhender les propositions qui ne me semblent pas toujours très claires.

Je m'étonne que rien ne soit dit sur la reconnaissance des langues et cultures régionales...

Enfin qqs remarques :
- Il est dit que les fonctionnaires sont recrutés par concours; nulle part il est dit qu'ils sont recrutés par rapport à leur compétence ? comment vérifie-t-on que les concours garantissent cette compétence ?
- Il y a des gros dangers d'usine à gaz dans ce qui est décrit et les instances proposées ne sont pas claires : ex : les présidents CR, CG et inter-communautés ? (1 président du CR, 4 ou du CG et plusieurs dizaines d'autres ! cela ne peut fonctionner.)
- à travers toutes les propositions, il faut craindre que de l'interfaçage des différentes couches tant pour le côté financier que décisionnel ne génèrent des coûts et des délais importants et non maitrisés.
- en tant que membre de conseil de quartier, je suis surpris que vous ne cherchiez pas à profiter de ces expériences (loi de 2002) pour générer un peu plus démocratie locale et surtout participative; je retrouve dans vos écrits les "réticences" des élus et des fonctionnaires territoriaux : les élus craignent pr leur pouvoir, les services revendiquent expertise technique et expertise d'usage qui est pourtant plus du domaine du citoyen ... à part cela les gens votent de moins en moins et de plus en plus pr le FN ! Peut-être est-ce dû à la composition de votre groupe de travail : beaucoup de haut fonctionnaires et de consultants qui veulent faire le bien de la populace hélas absente de ce rapport.

Par Pierre-Yves T. Le 21/05/2011
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Les agents communaux, surtout dans les petites collectivités, se battent tous les jours pour l'intérêt général. Ils sont notamment là pour faire respecter la loi républicaine que beaucoup d'administrés tentent de bafouer allègrement en faisant pression sur des élus locaux et en essayant d'obtenir des passe-droit... Regardez ce qui se passe avec les marchés publics, avec les zones constructibles, etc.

Par Le 20/05/2011
74

d'accord avec vous

Par Cheb K Le 18/05/2011
68

Ça y est, les fonctionnaires territoriaux qui débarquent avec leur mesquines revendications catégorielles. L'intérêt général contre les intérêts particuliers, ça vous dit quelque chose ?

Par bruno FOURNY Le 17/05/2011
-44

Réponse et analyse par rapport au groupe de travail de Terra Nova
DES PROPOSITIONS INTERESSANTES MAIS DES OUBLIS IMPORTANTS
je me permets d'intervenir à deux titres distincts : l'un en tant que fonctionnaire de catégorie A dirigeant des collectivités depuis plus de 20 ans et l'autre en tant que secrétaire de section d'un Parti Politique de progrès.
Ma première remarque c'est le rôle peu évoqué voir pas du tout des fonctionnaires territoriaux qui ne sont qu'un peu plus de 1.700.000!!! mais il s'agit d'une constante que ne dirait on pas si l'on adoptait la même attitude en négligeant les enseignants ou autres dans le cadre d'une réforme cruciale pour leur avenir.

Passons ce moment de colère retenue, les propositions sont très intéressantes et s'inscrivent de ce que la gauche a toujours voulu faire et à mis en oeuvre rapprocher le citoyen du décideur.
En renforçant la compréhension de l'action publique et son efficacité, et de répondre au mieux aux attentes de tous.
Je reprocherai à la synthèse mais qui doit refléter le travail d'avoir une approche trop organique et pas assez innovatrice en matière de service public, de redistribution entre autres.
je vais donc vous faire part de mes remarques sur les modes d'élections dans un premier pour les départements et les régions dans un second temps pour l'intercommunalité.
les élections au Conseil Général:
le mode actuel d'élection du conseiller territorial est un choix dogmatique, vous en avez fait le constat il ne vise pas à améliorer l'efficacité de fonctionnement des institutions ou de la représentation démocratique mais à empêcher la création de ce que le gouvernement actuel considère comme un contre pouvoir, contre pouvoir d'autant plus dangereux pour lui qu'il fait la démonstration au quotidien de son efficacité. Le conseiller territorial sous sa forme actuelle rendra impossible en créant des potentats locaux un retour à la féodalité une réelle politique régionale mais transformera cette institution en guichet allocataire de financement.
Il est par ce phénomène potentiellement attentatoire je n’ai pas peur des mots à l’intérêt de nos concitoyens. Sa suppression en tant que représentant siégeant aussi bien au conseil général que régional doit être une priorité suite aux élections de 2012.

L’élection des représentants au conseil Régional et au conseil Général
Le retour au mode d’élections antérieurs pour les conseils régionaux qui a fait ses preuves après les errements des modes d’origine (calcul politique etc) semble la meilleure solution.
Par contre, pour l’élection au conseil général, le conseiller départemental avec des scrutins nominaux ou de liste à l échelle de l’intercommunalité appelle un certain nombre de remarques de faisabilité même s’il a ma préférence. La première remarque est que la circonscription élective est déterminée par une autre structure que celle de l’organe délibérant mais qui n’est ni le pouvoir réglementaire ni le pouvoir législative. La deuxième remarque porte sur le fait que l’esprit de la loi actuelle sur l’intercommunalité est de fixer un seuil pour les communautés de communes à 5.000 habitants minimum. Alors que le seuil pour l’élection des conseillers généraux (départementaux) est plus près de 20.000 habitants, si l’on abaisse le seuil au plus petit dénominateur commun soit 5.000 habitants il se produira une explosion du nombre de conseillers départementaux et à l’inverse si l’on envisage le regroupement pour élire un conseiller départemental de plusieurs CDC quel serait alors l’intérêt d’une telle circonscription.
Pour ce qui concerne l’option 2 le mode d’élection se rapproche trop de celui des conseils régionaux on peu donc s’interroger sur la pertinence dans ce cas de deux élections différentes.

Pour ce qui est relatif aux responsabilités des collectivités locales, le confortement des régions comme développeur d’un territoire doit être accru et son rôle d’interlocuteur privilégié de l’Europe mis en exergue.
Les métropoles doivent aussi être visibles l’échelle internationale et s’inscrire dans l’axe ancien de Métropole d’équilibre régionale, avec de réelles compétences.

Pour le niveau de l’intercommunalité, l’échéancier d’opérabilité pour les élections de 2014 est une proposition particulièrement cohérente et doit être retenue, de même que le scrutin d’élection des CDC, CA ou métropole, la circonscription territoriale étant équivalente à celle-ci, car cette méthode d’une part elle permet le respect du principe un homme une voix à l’échelle de l’intercommunalité et d’autre part elle fait valider à l’échelle de l’intercommunalité un projet intercommunal avec une liste cohérente et le plus important la clause de compétences générales.
Mais dans ce cadre là il ne faudra pas faire abstraction du nouveau rôle que devront assumer les communes un retour plus régalien comme c’est la tendance actuelle est à étudier.

Au niveau de la contractualisation d’un partenariat si elle est souhaitable devra être précisée dans ses modalités et surtout sa forme pour éviter toute tutelle d’une collectivité sur une autre. Elle devra s’inscrire uniquement dans un souci de cohérence pas de concurrence.

La proposition de similitude de durée de mandats des exécutifs locaux me semble inéluctable mais une durée de 6ans apparaît comme problématique car les mandats locaux ou issus de locaux (sénatoriales) auraient une durée supérieure à celle des mandats nationaux députés et président et supra nationaux. Une durée identique de 5 ans mais en alternance avec les mandats nationaux serait plus intéressantes. Elle éviterait aussi de se trouver en permanence en période électorale.

De même la transformation des contrats de projet en contrat de projet Etat et territoires s’inscrira dans cette logique de gouvernance locale.

Le domaine fiscal :
Votre synthèse fait le constat de la nécessité de moderniser notre fiscalité locale, et de redonner un lien entre élu et citoyen contribuable. Les élus devront se voir réattribuer un réel pouvoir de décision sur la fiscalité. Dans le même temps une justice fiscale devra être enfin mise ne place car nous constatons trop au quotidien le fait que de nombreuses personnes paient une forte fiscalité locale alors que dans le même temps elles ne sont pas assujetties à une fiscalité sur les revenus. Une révision des valeurs locatives de 1970 doit enfin être mises en place mais ils existent une réelle difficulté de le faire à produit constant sur les impôts sur les ménages et ce réajustement doit se faire dans une durée relativement longue.
Et comme vous le soulignez justement il faut dans le cadre de ce réajustement prévoir de forte modalité de péréquation entre les territoires avec un revenu fiscal moyen important et les moins favorisés car compte tenu des caractéristiques géographiques les zones défavorisés le serait de plus en plus le système entrainant le suite des personnes à revenus plus élevés et les rabattant dans des secteurs plus favorisés il faut absolument éviter la ghettoïsation.
Des péréquations à tous niveaux doivent être étudiées, les solidarités communales intercommunales départementales, régionales et nationales. Ces solidarités ne doivent pas se faire à travers la fiscalité de l’Etat mais par des comptes spéciaux abondés par la fiscalité locale (écrêtement etc).

La démocratie Locale
Je partage les objectifs du rajeunissement et de la variété nécessaire des élus locaux mais tout cela sans quota. Mandat unique trois mandats maximum sont des propositions intéressantes.
Mais pour créer une diversité d’origine sociale professionnelle scolaire des élus il faut aussi leur donner les moyens financiers satisfaisant pour exercer leurs mandats sans porter préjudice à leur vie professionnelle familiale. Cela passe par moins d’élus mais des indemnités plus élevées et obligatoires.
De même la fin des mandats avec les reconversions aussi bien pour les salariés du privé que pour les fonctionnaires car tous ne sont pas issus de la fonction publique d’Etat et pour un fonctionnaire territorial ce n’est pas forcément aisé de retrouver un poste.
Le vote des étrangers aux élections locales devra être de droit.

Consultation des citoyens :
De nets efforts ont été faits avec la loi démocratie et proximité mais l’association des citoyens doit être élargie mais pas seulement pour les projets d’équipement local mais aussi aux décisions nationales mais avec des modalités divergentes notamment d’analyse et de propositions d’atténuation des gènes occasionnés.
Le principe de consultation et d’association est un principe partagé mais les modalités doivent en être affinées car il faut rappeler que le pouvoir démocratique est détenu par les élus.

Bruno FOURNY
Langon Gironde
hrBhr

Par J BERTRAND Le 17/05/2011
-6

Excellent travail, de très bonnes idées, bravo.
2 petits bémols :
- l'option 1 de la proposition n°12 qui consisterait à aligner les périmètres des nouveaux "cantons" sur ceux des intercommunalités est probablement inconstitutionnelle car il y a trop de disparités de taille entre les intercommunalités d'un même département : on aurait des conseillers départementaux élus par 10 000 citoyens et d'autres par 50 000... Par contre l'option 2 (scrutin de liste) permettrait enfin l'arrivée des femmes dans les CG...).

- pour la proposition n°5 (droit à l'expérimentation), la disparité des territoires est, à juste titre, mise en avant mais cette disparité est oubliée dès qu'il s'agit d'imposer un seuil minimal pour les intercommunalités : 10 000 habitants minimum pour tout le monde quel que soit l'endroit... (proposition 6). Or il est des territoires ruraux où ce seuil est une connerie "d'experts parisiens" (pour reprendre votre expression de la page 15)...

1 regret : 1 million d'agents territoriaux et une seule proposition (assez banale d'ailleurs). Comme d'habitude (ce fut le cas lors des débats parlementaires pour la loi de décembre 2010), les territoriaux sont vus comme, au mieux, des meubles qu'on déplace au gré des réformes sans leur demander leur avis, au pire, des boulets qui coûtent cher...

Par Vive la Bretagne Le 17/05/2011
-12

La reconaissance des langues régionales serait bienvenue.

Par Paultre Le 16/05/2011
0

Je ne vois rien sur les Cours des Comptes Régionales et sur le contrôle des abus venant des castes, des clans locaux,... Voir PACA ou d'autres Régions, ou décentralisation ne rime pas forcément avec justice et efficacité.

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