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Football

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Convoqués après le psychodrame collectif de Knysna, les états généraux du football ont accouché de propositions cosmétiques. Le statu quo règne à la Fédération française de football : l’assemblée générale de décembre a maintenu son président intérimaire, Fernand Duchaussoy, alors que les éléments dynamiques (Jacques Lambert, Lilian Thuram…) quittent le giron fédéral.

 

Les réformes sont pourtant nécessaires. Le football-business est désormais dominant et relève du marché, des acteurs économiques privés. Mais son modèle économique est au bord du gouffre : il a besoin d’une régulation économique urgente, avant tout à l’échelle européenne, mais aussi au niveau national, s’il veut éviter une crise systémique majeure. Le football n’est pas qu’une activité économique. Il a aussi un rôle majeur dans la société – éducatif, sanitaire, social. Le football est, en fait comme en droit, un service public, à travers ses pratiques amateurs mais aussi à travers le football professionnel, l’exemplarité de ses stars, la capacité d’incarnation de l’équipe de France. Or ce service public est en friche : il est grand temps que le politique s’y réinvestisse. Pour qu’une politique publique du football puisse être mise en œuvre, il faut une gouvernance efficace. La gouvernance du football est aujourd’hui gravement dysfonctionnelle, comme l’a montré la débâcle de Knysna : une réforme profonde est nécessaire.

Président

Patrick Mignon

Responsable du Laboratoire de sociologie du sport de l’INSEP

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