Terra Nova s'engage "pour une primaire à la française"
Communiqués - Terra Nova - 26 Août 2008Terra Nova publie "Pour une primaire à la française", essai rédigé par Olivier Duhamel et Olivier Ferrand. Il fait suite aux conclusions du groupe de travail qui a réfléchi sur ce sujet depuis six mois. A l'occasion de la sortie du livre, Terra Nova publie un communiqué.
La question du mode de sélection des candidats à la direction du pays se pose dans toutes les grandes démocraties occidentales. Elle se pose en France avec une acuité particulière : aucune procédure institutionnelle n’est en effet stabilisée, ni à droite ni à gauche.
La crise actuelle de la gauche française est avant tout une crise de leadership. Contrairement à la droite, aucun leader « naturel » ne s’est imposé et les institutions actuelles du parti socialiste ne permettent pas de choisir entre les compétiteurs. Il est vital pour le parti socialiste de mettre en place une procédure de sélection efficace et pérenne.
Faut-il, dans ce contexte, introduire en France un système de primaire ? Et si oui, selon quelles modalités ? Tel est l’objet du rapport de Terra Nova, « pour une primaire à la française ». Signé par Olivier Duhamel et Olivier Ferrand, le rapport, dans une analyse inédite, tire les leçons des antécédents français, notamment de la primaire socialiste de 2006, et réalise pour la première fois l’étude comparée des exemples étrangers (Etats-Unis, Italie, Royaume Uni, Grèce…)
Au terme de ce rapport :
- Terra Nova s’engage pour un système de « primaire à la française ». Une primaire consiste à faire dépendre le choix du leader au suffrage universel direct de la « base ». Une telle procédure répond bien à l’objectif d’assurer une désignation systématique du candidat à la direction du pays (non dépendante d’un leader naturel). Elle introduit une modernité démocratique au sein du parti. Elle est adaptée au régime présidentialiste français.
- Terra Nova souligne la nécessité d’une codification à froid. Les déficiences de la primaire socialiste de 2006 s’expliquent en effet par une négociation à chaud, obéissant aux considérations tactiques des protagonistes. Cette codification sera de la responsabilité de la direction issue du congrès de Reims.
- Terra Nova théorise deux modèles. D’une part, la « primaire PS de type présidentiel » pour désigner en fin de cycle le candidat à la présidentielle : issue de l’exemple américain, prolongement « professionnalisé » de l’expérience de 2006, elle constitue le modèle le plus adapté à la vie politique nationale mais il nécessite des réformes profondes du fonctionnement du parti, amené à fonctionner « sans tête » pendant la durée de la mandature. D’autre part, « la primaire PS de type parlementaire » pour désigner dès le début du cycle le leader de l’opposition (candidat naturel, saut accident, à la présidentielle à venir) : issu de l’exemple britannique, il s’agit d’un modèle plus en phase avec le fonctionnement du parti socialiste mais moins adapté au régime présidentialiste français.
La question de la primaire, et ses conséquences sur le fonctionnement du parti, constitueront le grand enjeu du prochain congrès socialiste de Reims – et la réforme fondamentale à mettre en œuvre à sa suite. C’est une condition du succès de la gauche en 2012 et, au-delà, une responsabilité historique pour notre vie politique démocratique.
Pour en savoir plus :
- Télécharger l'essai « pour une primaire à la française »
- Télécharger la synthèse du rapport
- Voir le groupe de travail « projet primaire »




