NOTE
Intervention en Libye : des interrogations stratégiques toujours plus pressantes
Note Par Michel Desardennes.
Le 11/04/2011
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Le conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne doit se réunir le mardi 12 avril pour traiter de la Libye. Le principe d'une intervention militaire occidentale est soutenu à juste titre par les Français et l'ensemble de la classe politique. Le rôle d'impulsion de la France a également été souligné. Toutefois, dans une note publiée le 22 mars dernier, Terra Nova avait pointé les incertitudes en matière d'objectifs et de stratégie de l'intervention française en Libye. Après deux semaines et demie de frappes de la coalition puis de l'OTAN, ces incertitudes n'ont pas été levées et deviennent critiques. Un débat sur les objectifs et le calendrier de l'intervention en Libye s'impose de manière pressante.

SYNTHÈSE

La participation de la France à l’intervention en Libye a été soutenue dans son principe par les Français et l’ensemble de la classe politique. A juste titre : face au risque d’un massacre à grande échelle de populations civiles, la communauté internationale se devait de réagir et de porter secours aux forces populaires du « printemps arabe » libyen. A cet égard, l’implication rapide de la France, tout comme sa capacité d’entraînement, ont été bienvenues.

 
Toutefois, dans une note publiée le 22 mars, au lendemain des premières frappes de la coalition, Terra Nova avait souligné les incertitudes concernant les objectifs et la stratégie de l’intervention française. Deux semaines après le début des frappes de la coalition puis de l’OTAN en Libye, il devient pressant de répondre à ces questions.
 
L’objectif de l’intervention est-il le « changement de régime », ainsi que l’a déclaré Barak Obama ? Si c’est le cas, notons qu’un tel objectif ne correspond pas à la résolution de l’ONU qui donne son cadre légal à l’intervention militaire, et qui la limite au secours humanitaire des populations civiles. Sa légitimité, aux yeux des gouvernements arabes, deviendrait ténue.
 
La stratégie de frappe aérienne est-elle suffisante pour aboutir au renversement de Kadhafi ? Ainsi que vient de l’affirmer le général Ham, commandant des forces américaines en Afrique, il est très peu probable que les rebelles prennent Tripoli : essentiellement constituée de civils non formés, sous-équipés, non coordonnés, la rébellion n’est guère capable de mener un combat militaire. S’agit-il dans ce cas de créer un rapport de forces suffisant pour pouvoir négocier le départ de Kadhafi et de ses fils ? Sinon, envisageons-nous d’armer et de former les rebelles, voire d’envoyer des troupes de l’OTAN au sol pour les épauler ? 
 
En cas de renversement de Kadhafi, la question de la transition démocratique se pose. L’échec de la construction de la démocratie dans les précédents afghan et irakien incite à la prudence. Au centre de ce questionnement, il y a la vraie nature du Comité de Transition National libyen (CNT). Le gouvernement français s’est empressé de le reconnaître comme l’instance politique légitime de représentation de la rébellion. Mais est-ce bien le cas ? Composé d’anciens membres de la junte de Kadhafi arrivés après le début du soulèvement, à forte composante ethnique, le CNT ne semble pas avoir une légitimité solide au sein de la population libyenne.
 
Face à ces incertitudes, le risque grandissant est celui d’un enlisement. Le scénario le plus probable serait alors la partition de la Libye. La situation militaire y conduirait : la partie Est du pays contrôlée par les rebelles et protégée par l’ombrelle aérienne de l’OTAN, la partie Ouest toujours dominée par les troupes de Kadhafi, et que les rebelles ne parviennent pas à conquérir. Les divergences ethnico-linguistiques aussi : la Libye est coupée entre la Tripolitaine à l’Ouest et la Cyrénaïque à l’Est (la troisième province du Fezzan étant située en zone désertique très peu peuplée). Les choix politiques, enfin : l’envoi d’une mission militaire de l’Union européenne pour sécuriser l’aide humanitaire dans le seul Est de la Libye, et non dans l’ensemble du pays, constituerait un jalon supplémentaire. Allons-nous ainsi nous inscrire dans la perspective d’une partition de la Libye avec la création d’un Etat « client » à l’Est, sur le modèle du Sud Soudan, mettant ainsi en cause pour la seconde fois en un an l’un des principes structurants de l’ère post-coloniale et pilier de l’Union africaine, à savoir l’intangibilité des frontières ?
 
Il est désormais urgent qu’un débat sur les objectifs et sur le calendrier de l’intervention se tienne, y compris devant le Parlement, faute de quoi l’incompréhension et les désaccords vis-à-vis de cette politique interventionniste vont progresser.
 
 

NOTE

 
La Communauté internationale engagée en Libye semble ne pas avoir su éviter une nouvelle chausse trappe que des références historiques récentes auraient dû nous aider à éviter :
 
- l’exemple iraquien a montré qu’une action militaire ne pouvait être fondée sur des renseignements biaisés sur le potentiel militaire des deux parties et sur les rapports de forces politiques au sein des populations ;
 
- celui de l’Afghanistan aurait dû nous apprendre qu’il faut une connaissance fine et pragmatique des structures politiques complexes (combinaison d’intérêts tribaux, régionaux et personnels protéiformes) si l’on veut éviter l’enlisement ;
 
- au Kosovo enfin, nous avons vu que des frappes aériennes permettent certes de régler le problème militaire stricto sensu, mais qu’il faut ensuite un engagement lourd, coûteux et long pour soutenir un Etat dépendant dont les ambitions démocratiques et socio-économiques sont loin d’être matérialisées.
 
Ces expériences – notamment celle du Kosovo – ne doivent évidemment pas justifier par principe l’inaction face à la barbarie. Mais nous devons en tirer les leçons nécessaires pour être efficaces. Les premières semaines de l’opération libyenne montrent que si notre instrument militaire peut être (relativement) efficace, il ne peut être pleinement opérationnel que dans le cadre d’une stratégie politique claire et pertinente. C’est sur ce point que nous avons aujourd’hui des doutes, dans le silence assourdissant du pouvoir pour expliquer aux Français ce qui se passe et ce que nous voulons obtenir en Libye. 
 

1 – Deux semaines et demie de frappes inefficaces ?

Si l’on en croit le Pentagone, le potentiel militaire de Kadhafi détruit au cours des deux premières semaines serait à ce jour de 30%, ce qui équivaut à avouer que les partisans du Guide disposent toujours de 70% de ce potentiel, soit environ 10 fois plus de combattants, avec une puissance de feu 20 fois supérieure à celle des rebelles. Ils font preuve d’une meilleure coordination tactique, d’une mobilité importante et d’un système de communications robuste. Les difficultés et les mouvements de retraite de la rébellion à Misrata, Ajdabia et Brega, malgré le soutien de la coalition, sont la cruelle illustration de cet écart bien réel.
 
Dans ce contexte, la baisse d’intensité des frappes de l’OTAN de la semaine dernière  - qui va s’accentuer par la mise en réserve de tous les appareils américains engagés – ne laisse rien présager de bon. Les forces de la rébellion, essentiellement constituées de civils mal formés, mal équipés, incapables de se coordonner, ne serviraient-elles que des objectifs médiatiques (cris de victoires sur fond de chars calcinés, tirs en l’air, convois de pick-up sur les routes etc.) ? Les forces qui au sein de la rébellion ont réellement une valeur combattive sont composées en majeure partie de déserteurs de l’armée libyenne et d’islamistes durs, dont la mission principale est de maintenir le moral parmi les combattants civils armés et de contrôler les populations des villes libérées. La tentation du CNT, réelle mais pas encore matérialisée, de recourir aux autorités religieuses locales pour faire du « liant social », peut poser un sérieux problème, tout vide risquant d’être occupé par les plus radicaux.
 
Il est donc permis aujourd’hui de douter de la convergence entre les intentions démocratiques affichées par la communauté internationale et celles du Conseil National de Transition dont les voies et moyens semblent s’en éloigner de jour en jour.
 
Les conséquences politiques potentiellement désastreuses de la prise de commandement de l’opération par l’OTAN étaient pressenties par la diplomatie française. Elles risquent malheureusement de devenir réalité. La subordination de l’action militaire à une institution dont le bilan en matière d’opérations extérieures est négatif, en particulier en Afghanistan, est une erreur. Comme Terra Nova l’avait souligné il y a deux semaines, l’Alliance atlantique n’est pas le bon instrument politico-militaire pour conduire des opérations extérieures hors de la sphère occidentale.
 
Il a certes été difficile de résister au lobbying intense de certains pays membres de la coalition (Norvège, Danemark, Belgique, Italie…) pour que l’opération libyenne passe sous commandement otanien. Ceux-ci ont fait valoir des raisons opérationnelles (ces pays n’ont pas les capacités de projection de force nécessaires pour une telle opération et dépendent totalement des infrastructures de l’OTAN). Mais on ne doit pas sous-estimer les motivations politiques avouées (ne pas s’engager trop visiblement à titre national) ou non (conserver une indépendance de façade pour les opinions publiques). Ces dernières nous renvoient à nos propres comportements. Il s’agit pour ces pays de contrôler la France. Le comportement du chef de l’Etat français, perçu comme un partenaire peu fiable et peu collectif, irrite nos partenaires. L’action du ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé, ne suffit pas à le contrebalancer. 
 

2 - La grande Inconnue : le Comité de Transition National

Le Conseil National de Transition a été formé trois semaines après le début de la contestation populaire, partie de Ben Ghazi et qui s’est rapidement étendue à l’ensemble du pays. Est-ce une tentative d’une partie de l’élite de pouvoir libyen de récupérer et canaliser cette contestation ? Sans aucun doute. La reconnaissance hâtive du CNT par la France, qui a envoyé auprès de lui le 30 mars un diplomate de liaison, résultat d’une diplomatie de perron, a eu pour effet pervers d’occulter la dimension populaire de la rébellion portée par la jeunesse et une grande partie de la classe moyenne libyenne. Il n’est pas sûr que les objectifs du CNT correspondent à ceux des initiateurs du mouvement. Car ni la composition, ni les orientations politiques du Comité de Transition Nationale (CNT) ne sont aujourd’hui claires.
 
Composé de 31 membres, présidé par Moustafa Mohamed Aboud Al Djeleil, ancien ministre de la Justice de Kadhafi de 2007 à 2011, le CNT est organisé à la fois par portefeuilles fonctionnels et géographiques (chaque « ville » y possède cinq représentants). Le véritable organe décisionnaire est un sous-comité de crise, beaucoup moins médiatisé. Il est présidé par « l’intellectuel » Mahmoud Djebril (économiste formé au Caire et aux Etats-Unis qui a dirigé depuis 2007 le « National Economic Development Board » institué par Kadhafi pour procéder à la réforme et la libéralisation de l’économie libyenne). Le responsable des opérations militaire est Omar Hariri (un officier supérieur qui a participé aux côté du Guide libyen au coup d’état de 1969). Ali Al Issawi, ancien Ambassadeur de Libye en Inde, est en charge des relations internationales. Ces trois personnages, tout comme le Président du CNT, ont rejoint l’insurrection après qu’elle a été lancée.
 
C’est ce triumvirat très occidentalisé qui aujourd’hui prend toutes les décisions en liaison constante avec la coalition – et non pas l’OTAN. Il faut s’interroger sur sa représentativité et sa légitimité au sein de l’ensemble de la rébellion et de la population libyennes.
 
Selon des sources diplomatiques occidentales, le CNT ne serait légitime qu’aux yeux de moins de la moitié de la population libyenne, compte-tenu des alliances actuelles, structures ethnolinguistiques aidant.
 
L’incapacité du CNT et de l’OTAN à reprendre l’initiative militaire avec succès, si elle se confirme, ne laissera d’autre porte de sortie qu’une négociation entre les deux parties. La définition des modalités de cette négociation sera ardue (notamment au sujet du départ éventuel du Colonel Kadhafi ou de ses fils). Il faut du moins qu’elle soit conduite, du côté de la rébellion, par une équipe apte à proposer une réelle transition démocratique en Libye et un processus de réconciliation nationale. Cela doit se préparer dès maintenant.  
 

3 – Les difficultés du processus de décision politique des alliés et les absences de l’Europe

Du fait établi que les frappes n’ont que peu réduit le potentiel des forces pro-Kadhafi, on peut déduire aujourd’hui que les opérations de la coalition puis de l’OTAN ont été planifiées sur des bases partiellement erronées.
 
Dans l’euphorie du printemps arabe, pressés aussi par la volonté d’effacer leurs compromissions passées en se rachetant face à un régime unanimement honni, les décideurs politiques occidentaux n’ont cherché à recueillir auprès de leurs services de renseignement et de leurs états-majors que ce qui permettait de justifier leur politique – évincer Kadhafi. On s’est peu soucié de savoir ce qu’était dans les faits le CNT, présenté immédiatement comme incarnant un soulèvement démocratique.
 
Quand a-t-on réfléchi à la légitimité du CNT au sein des populations hors Cyrénaïque ? à son inclusion dans les systèmes de pouvoirs informels (tribus, régions, loyautés personnelles) ? aux moyens les plus efficaces de soutenir la rébellion en amont ? au moment opportun pour la soutenir ? Toute cette improvisation se ressent dans la phase initiale de définition des buts de guerre, d’évaluation et de planification des voies et moyens autorisant leur obtention, et de détermination du contexte institutionnel et politique. La politisation du renseignement – n’exposer que ce qui corrobore les intentions politiques en écartant toute compréhension exhaustive d’une situation susceptible de nourrir un large débat – est à la source de bien des débâcles. La guerre du Vietnam et la seconde guerre d’Irak sont là pour nous le rappeler.
 
Plombée par ses bavures en Afghanistan, l’Alliance atlantique dispose d’une marge d’erreur négligeable dans le ciblage et le traitement des cibles sur le théâtre libyen. Les deux incidents de tirs fratricides de ces sept derniers jours ont provoqué un concert de protestations et des condamnations fermes au plus haut niveau militaire de la rébellion. Assisterait-on à l’effondrement de la crédibilité de l’OTAN, déjà très affaiblie dans le monde arabo-musulman ?
 
Plus inquiétant encore dans ce contexte sont les décisions de l’Union européenne. Paralysée et dépassée politiquement dans la première phase du conflit, elle court désormais derrière une légitimité politique une nouvelle fois écornée. Elle est ainsi en train de mettre la dernière main à une mission militaire dans le cadre de la Politique de Sécurité et de Défense Commune pour assurer de bonnes conditions sécuritaires pour permettre l’aide humanitaire. L’opération pourrait être engagée sous demande de l’OCHA (Bureau de Coordination pour les Affaires Humanitaires de l’ONU). Sa localisation est incertaine : dans l’Est de la Libye ou dans l’ensemble du pays ? Allons-nous nous inscrire ainsi dans la perspective d’une partition de la Libye, avec la création d’un Etat client à l’Est sur le modèle du Kosovo ou du Sud Soudan (ce qui s’avérera coûteux, inefficace et avec un impact nul pour les populations) ? Allons-nous risquer de mettre ainsi en cause pour la seconde fois en un an un des principes phares inhérent au processus de décolonisation et pilier de l’Union africaine, à savoir l’intangibilité des frontières ? Enfoncés dans le bourbier afghan, où la faillite des Equipes de Reconstruction Provinciales de l’OTAN (dont le rôle est officiellement la « livraison » de l’aide humanitaire et le soutien au développement en assurant de « bonnes » conditions sécuritaires) est patente, allons nous une nouvelle fois tenter ce mélange militaire/humanitaire ? Pouvons-nous garantir que la présence de l’UE sur le terrain ne va pas conduire à court terme à un rejet d’une partie des populations libyennes qui n’y verront qu’une forme occupation militaire ? La rébellion a d’ores et déjà manifesté son opposition à une telle mission. 
 

Conclusion

Le Général Ham, commandant de l’Africom (commandement des forces américaines en Afrique), auditionné en fin de semaine dernière par le Sénat américain, a déclaré très faible la probabilité que les rebelles prennent Tripoli et déposent le Colonel Kadhafi. Cela renforce le sentiment que la France s’est engagée en Libye sans objectifs clairs et crédibles, du moins à court terme, mise devant l’obligation de réagir à un risque de massacre de populations civiles. La stratégie de la guerre aérienne montre, une nouvelle fois, ses limites. Avant de décider d’une nouvelle stratégie, il serait plus que temps de procéder aux analyses qui s’imposent et de tenir le langage de la vérité au peuple français. Que souhaitons-nous faire en Libye ? au profit de qui ? avec quels moyens ? pour combien de temps ? Ce débat s’impose d’urgence, y compris devant le Parlement.

 

 

Commentaires
Par Michel Desardennes Le 20/07/2011
-106

Pour revenir sur cette intervention mal ficelé, il semblerait que les critiques qui émergent outre atlantique soit du même bois que celle formulée par Terra Nova.
http://www.foreignaffairs.com/plus-collection-5
Bien à vous tous

Par Miche Le 12/06/2011
-117

Et pour faire un rapide follow-up: la question de la nature du CNT se pose de manière plus en plus aiguë - control total des populations, les initiatives genre la WEB TV (que nous avons bcp vue dans les média en Avril): fermée. Bref, nos amis de la cyrénaïque se comportent comme le Guide... Ca commence a grincer sérieusement de partout: pourquoi donnerait-on de l'argent à des gens que le connaissont, comme aurait dit Frédéric Dard - no des lèvres ni des dents???
Terra Nova a eu du nez à ce sujet.

Par Michel Desardennes Le 09/06/2011
-12

Ce qui était en filigrane dans la note était le fait que le conflit libyen, parti d'une rébellion populaire dans l'Est, risquait d'escalader en guerre civile - ce que reconnaissent (enfin) aujourd'hui les pays de la coalition et l'OTAN...

Par Michel Desardennes Le 10/05/2011
-31

Merci à tous pour tous ces commentaires particulièrement instructifs.
Il me semble que nous devons distinguer deux choses:
1 - les frappes aériennes qui ont permis d'éviter des massacres étaient pleinement justifiées
2-la reconnaissance unilatérale et hâtive du CNT par la France à affaibli la légitilité politique non seulement de l'intervention, mais également de la rébellion.

Enfin, une variable qui n'a que peu été discutée, pour des raisons politiques: quels sont les pays dans la régions qui apportent un soutien militaire à Kadhafi? Quelle forme prend se soutient: "location" de mercenaires, mise disposition de pilotes, livraisons de munitions, conseil militaires?

Par Michel Desardennes Le 10/05/2011
-27

Merci à tous pour tous ces commentaires particulièrement instructifs.
Il me semble que nous devons distinguer deux choses:
1 - les frappes aériennes qui ont permis d'éviter des massacres étaient pleinement justifiées
2-la reconnaissance unilatérale et hâtive du CNT par la France à affaibli la légitilité politique non seulement de l'intervention, mais également de la rébellion.

Enfin, une variable qui n'a que peu été discutée, pour des raisons politiques: quels sont les pays dans la régions qui apportent un soutien militaire à Kadhafi? Quelle forme prend se soutient: "location" de mercenaires, mise disposition de pilotes, livraisons de munitions, conseil militaires?

Par Michel Desardennes Le 10/05/2011
-42

Merci à tous pour tous ces commentaires particulièrement instructifs.
Il me semble que nous devons distinguer deux choses:
1 - les frappes aériennes qui ont permis d'éviter des massacres étaient pleinement justifiées
2-la reconnaissance unilatérale et hâtive du CNT par la France à affaibli la légitilité politique non seulement de l'intervention, mais également de la rébellion.

Enfin, une variable qui n'a que peu été discutée, pour des raisons politiques: quels sont les pays dans la régions qui apportent un soutien militaire à Kadhafi? Quelle forme prend se soutient: "location" de mercenaires, mise disposition de pilotes, livraisons de munitions, conseil militaires?

Par luma Le 22/04/2011
0

Nous l’avions souligné dès le démarrage des frappes aériennes dans ces colonnes, il y a un mois, le véritable objectif de Paris et des grandes puissances n’est ni la démocratie ni la protection des populations civiles mais le régime de Tripoli. Les trois principaux chefs de guerre de l’Otan, le président français, celui des États-Unis et le premier ministre britannique, ne le cachent plus. Dans la lettre commune rendue publique vendredi dernier ils martèlent : « Il est impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi. » Le tyran, il y a peu de temps encore rallié et reçu en grande pompe à Paris ou à Rome, offrait toutes les opportunités pour justifier l’aventure militaire. Le problème c’est que dans une guerre, seule l’augmentation du nombre de victimes au jour le jour est garantie. La célérité de la victoire, elle, n’est jamais acquise. D’autant qu’on a pu sous-évaluer les soutiens dont bénéficie toujours le despote affaibli au sein d’une partie de la population. D’où maintenant un risque d’enlisement de plus en plus avéré. « C’est long et compliqué et parce que c’est compliqué c’est long », a soupiré Gérard Longuet, le ministre français de la Défense, plein de profondeur d’esprit. Aux États-Unis, la presse s’inquiète de l’émergence d’un nouveau bourbier après la Somalie, l’Afghanistan, l’Irak… Une réaction qui tient sans doute compte de l’expérience de ces expéditions guerrières, présentées, elles aussi, initialement comme autant d’actions libératrices. Seule la véritable éminence grise de l’opération du nouveau redresseur de torts planétaire qu’est devenu Nicolas Sarkozy reste optimiste. De retour du terrain, le général Bernard Henri-Lévy assure que les armées du « bien » ne « sont pas aussi enlisées qu’on veut bien le croire » (1). À condition que l’Otan ne mollisse pas, prévient-il. Mars et ça repart! semblait s’écrier au même moment Axel Poniatowsky. Prêt à déployer toutes les foudres du dieu de la guerre, le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française réclame l’envoi de troupes spéciales de l’Otan au sol. Exit le tabou initial d’une intervention terrestre. Mais faut-il y regarder de trop près quand il y va du pétrole et des ambitions néocoloniales de Paris? Alain Juppé s’est bien prononcé hier contre une telle fuite en avant. Mais jusqu’à quand ? Il n’est pourtant de vraie solution que négociée, continue d’affirmer l’Union africaine, Afrique du Sud en tête, dessinant, là, la seule voie fréquentable, celle de la raison.

Par senusi Le 22/04/2011
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Mohammed el-Senoussi, le prince héritier de Libye en exil, a promis mercredi de "tout faire" pour aider à la création d'un Etat démocratique, se disant prêt à servir le peuple libyen, et plaidant pour un retour au moins transitoire à la monarchie constitutionnelle.

"C'est au peuple libyen de décider s'il veut s'engager sur la voie d'une monarchie constitutionnelle ou d'une république", a-t-il déclaré lors d'une audition au Parlement européen à Bruxelles.

La Constitution libyenne de 1951 et amendée en 1963 -- qui établissait une monarchie constitutionnelle et désignait comme roi le grand oncle de M. el-Senoussi, Mohammed Idris al Mahdi el-Senoussi, et à ses héritiers -- "pourrait --modernisée de manière adéquate-- constituer la base d'une nouvelle Libye", a-t-il estimé.

Même si elle n'a pas été en vigueur depuis 42 ans, "il n'y a pas de fondement plus solide que la Constitution disponible pour la transition politique en Libye, pas plus qu'il n'est vraisemblable que toute autre puisse être décidée à court terme".

"Mon rôle est clair. Que le peuple veuille ou non une monarchie constitutionnelle, je vais faire tout mon possible pour aider à la création d'un Etat démocratique pour les Libyens, fondé sur un parlement représentatif choisi lors d'élections libres et équitables".

Concernant le Conseil national de transition, l'organe de la rébellion, M. El-Sanoussi a estimé qu'il avait "de bonnes relations avec lui" et qu'il le soutenait à l'instar de "tout groupe ou organisation travaillant dans l'intérêt du peuple".

Mais "il n'est que transitoire", a jugé le prince héritier. A la chute du dirigeant actuel Mouammar Kadhafi, le CNT va "inévitablement" quitter Benghazi pour rejoindre Tripoli et devra "céder la place à un nouveau conseil fait de représentants de toute la Libye, afin de permettre la tenue d'un référendum pour choisir la forme de gouvernement désirée" par le peuple, selon lui.

Mohammed el-Senoussi, 48 ans, est le petit neveu du roi pro-britannique Idriss 1er, chassé par Mouammar Kadhafi à l'issue d'un coup d'état en 1969. L'actuel dirigeant libyen a assigné à résidence son père à peine désigné prince héritier, avec son épouse et leurs huit enfants, alors que le petit Mohammed était âgé de 7 ans. En 1988, son père a émigré avec sa famille à Londres, où il est décédé en 1992.

Il était invité mercredi à Bruxelles à l'iniative du groupe ECR (Conservateurs et réformateurs européens.

Par finru Le 22/04/2011
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A l'annonce de l'intervention militaire des Occidentaux en Libye, certains observateurs français - Jean-Christophe Ruffin, Jean-Yves Moisseron - ont exprimé dans les colonnes du Monde leur scepticisme sur le bien fondé d'une telle entreprise, et ont appelé de leurs vœux l'intensification des interventions diplomatiques. Ces appels prennent aujourd'hui toute leur signification, tant l'enlisement qu'ils préconisaient semble se vérifier. A la guerre contre la Libye est venue s'ajouter l'intervention en Côte d'Ivoire, dans laquelle la France joue un rôle primordial, fût-ce sous mandat onusien. Malgré l'appui occidental, les insurgés libyens, comme les forces d'Alassane Ouattara, semblent "décrocher", alors que les frappes militaires ont montré leurs limites. "Il n'est pas envisageable de détruire un à un tous les chars de l'armée libyenne", remarque-t-on à l'état major des armées à Paris. Visiblement, l'évacuation humiliante de Gbagbo de son bunker ne présage pas la fin des conflits. Par ailleurs, la France et le Royaume-Uni sont confrontés à de sérieux problèmes de moyens et à des opinions nationales et internationales prêtes à se retourner contre les interventions.
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On peut en effet se demander si la décision d'intervention, prise sous l'emprise d'une émotion justifiée par la violence des conflits et la perte des vies humaines, était la seule alternative possible. A regarder de plus près, et à la lumière des effets souvent pervers des interventions occidentales de par le monde, on peut émettre des doutes sur la lucidité d'une telle décision.

Le premier doute concerne le bien fondé du diagnostic sur la nature des conflits en Libye et en Côte d'Ivoire, et sur l'efficacité d'une intervention militaire extérieure. La projection est humaine et on du mal à comprendre de l'extérieur le vécu des populations en conflit. Ce qui paraît légitime ou intolérable en Occident, a une toute autre signification pour les populations concernées. On peut considérer ici que les élections sont le seul moyen pour accéder au pouvoir d'Etat, mais on remarque que Gbagbo et ses adeptes ne l'entendent pas de la même oreille. On peut désapprouver les conflits guerriers, mais ceux-ci sont ailleurs le moyen courant pour résoudre les divergences. On peut être horrifié par les atrocités de Kadhafi ou de Gbagbo (encore que ce désamour récent respire davantage l'opportunisme qu'une vision politique claire) mais que sait-on des motivations des adeptes d'Alassane Ouattara ou des insurgés libyens ? On peut observer que les premiers ont commis des exactions contre les pro-Gbagbo, comme ces derniers l'ont fait pour le camp adverse. Les deux parties sont armées et les pillages ne viennent pas d'un seul camp. Il est aussi difficile de savoir la signification de l'insurrection en Libye qui, comme la Côte d'Ivoire, est structurée par des groupes tribaux, hostiles les uns aux autres et habités par la suspicion des uns à l'égard des autres. Il n'est pas sans intérêt de savoir que Abdel Fattah Younis, chef actuel des forces rebelles, a fait pendant longtemps partie du régime de Kadhafi et a pris la tête de la rébellion sous la pression de sa tribu. Que les insurgés soupçonnent l'infiltration de leurs rangs par des adeptes de Kadhafi, est aussi significatif de leur état d'esprit.

Le deuxième doute concerne la légitimité d'une telle intervention aux yeux des populations concernées. Une partie l'a sans doute souhaitée et on va y revenir. Il y a cependant une autre partie, qui y est opposée et reste fidèle aux chefs contestés. Pour cette partie, les interventions militaires sont la preuve renouvelée d'un Occident de "deux poids et deux mesures". A leurs yeux, le principe occidental de souveraineté est réservé à l'Occident et à ses pairs. Qui, en effet, aurait eu l'idée de déclarer la guerre à la Chine pour non respect des droits de l'homme et exactions contre les populations ? Pour cette partie là un Kadhafi ou un Gbagbo martyrs viendront s'ajouter à une liste longue et entretenir les ressentiments à l'égard des sauveurs autoproclamés.

Le troisième doute a affaire à la partie de la population qui a appelé l'intervention de ses vœux. En réalité, elle est la plus redoutable. L'appel à l'aide étrangère est en soi un aveu d'impuissance, même s'il est justifié par l'inégalité des rapports de force. Or, le sauveur extérieur ne saura jamais, il n'a jamais su, répondre aux attentes de ceux qui le convoquent. Car les attentes sont illimitées et complexes. On veut plus que la "protection des populations civiles" en Libye. Les accusations contre l'OTAN se multiplient. "Si elle le voulait elle aurait pu briser le blocus depuis plusieurs jours", clame Abdel Fattah Younis. Le libérateur d'hier est aujourd'hui désapprouvé et les premières manifestations contre l'OTAN et les Français sont le prélude des frustrations à venir et d'un anti-occidentalisme croissant.

On peut aussi penser que, même si la rébellion gagne, elle ne sera pas vécue comme une victoire des forces sociales locales. Dans des pays où l'étranger est considéré comme un ennemi (Monsieur Ouattara en sait quelque chose) cette victoire aura un goût amer, elle ne sera pas légitime, aux yeux mêmes de ceux qui en auront profité.

Les insurrections dans le monde arabe et les conflits en Côte d'Ivoire peuvent présager des changements significatifs, mais leur issue n'est pas écrite d'avance. La "transition démocratique" n'est pas la seule alternative. L'histoire est ouverte et tout dépendra des projets et des rapports de force internes. L'Europe devrait se garder de se positionner encore une fois comme donneur de leçons et de modèles tous faits. Outre que ses modèles ne sont pas une panacée universelle, la crise morale, politique, économique et sociale qu'elle traverse appelle à la prudence et à l'humilité. Au mieux, on pourrait sortir de la logique de l'aide, comme le suggère aussi Hubert Védrine, et essayer de gérer avec les pays méditerranéens et africains une cogestion des problèmes communs.

Par refugier Le 21/04/2011
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Un avion militaire du Qatar avec à son bord 49 blessés venant de Libye a atterri aujourd'hui à Athènes où ils seront soignés, a-t-on appris de sources aéroportuaires. Les blessés apparemment porteurs de passeports libyens ont été transportés dans une clinique privée d'Athènes, a-t-on précisé de même source.

L'aéroport de la capitale grecque n'a pas pu fournir d'autres détails et les ministères grecs des Affaires étrangères et de la Défense n'ont pas voulu commenter cette information.

Auparavant, cinq blessés de Libye et 40 autres personnes avaient été emmenés en avril par un avion qatari sur l'île grecque de Crète, où se trouve une base militaire utilisé par six avions de l'armée du Qatar, qui participent aux bombardements contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi en Libye.

Membre de l'Otan, la Grèce a mis à disposition de l'Alliance la base de Souda sur l'île de Crète et d'autres installations militaires pour les opérations au-dessus de la Libye.

Par conseilers Le 21/04/2011
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Les insurgés demandaient des troupes au sol, ils auront des conseillers militaires. Après une visite à Paris du président du Conseil de transition libyen (CNT), Moustapha Abdelhjalil, La France - à l’instar du Royaume-Uni et de l’Italie - a décidé d’envoyer "un petit nombre d'officiers de liaison" auprès de la rébellion.

Le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, a annoncé qu’"un peu moins de dix" conseillers militaires seront envoyés aux côtés du CNT pour "effectuer une mission de liaison afin d'organiser la protection des populations civiles". Paris insiste : il ne s’agit pas d’une intervention de troupes au sol, qui serait contraire à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. "Je suis tout a fait hostile à cette éventualité", a souligné le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

"On n’en est pas au niveau de l’intervention terrestre, mais le gouvernement joue sur les ambiguÏtés de la résolution. À mon sens, on est à la toute limite du texte", estime Pierre Verluise, chercheur en géopolitique et directeur du site internet diploweb. "Mais le fait que le gouvernement annonce l’envoi d’éléments de forces françaises est le signe qu’il assume de passer à une autre phase dans le conflit. C’est une logique de fuite en avant. Il n’y a plus qu’une porte de sortie : la victoire", explique le chercheur à FRANCE 24.

Le conflit s’enlise

En un mois d’opérations militaires de la coalition, la confiance du gouvernement français a fondu comme neige au soleil. Au début des frappes le 20 mars, il évoquait fréquemment le "succès des frappes aériennes". Dimanche dernier, le ministre français de la Défense Gérard Longuet adoptait un ton radicalement différent dans les colonnes du Parisien en estimant qu’il y avait "un certain risque que le conflit en Libye puisse durer", invoquant le fait que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi "n’est pas totalement prévisible". "[…] C’est compliqué. Et parce que c’est compliqué, c’est long", avait-il ajouté.

Pour Pierre Verluise, l’envoi d’officiers est l’illustration des difficultés rencontrées sur le terrain. "La guerre est un métier qui nécessite la mise en œuvre de techniques particulières, rappelle-t-il. On s’aperçoit maintenant que les insurgés sont des amateurs. Ils sont pleins de bonne volonté, ils sont courageux, mais ils ne parviennent pas à tenir face à des militaires professionnels, entraînés."

Bien que le ministre italien de la Défense, Ignacio La Russa ait insisté sur la nécessité d’entraîner les rebelles, les officiers envoyés par la France n’auront officiellement aucune mission d’entrainement ni même de formation théorique des insurgés. "On peut imaginer que leur mission sera de collecter des informations et d’assurer une coordination entre les rebelles et les forces de la coalition, pour empêcher les bavures", estime Pierre Verluise. Un peu circonspect sur les déclarations du gouvernement français, le chercheur conclut "le nombre officiel de militaires envoyés par la France en libye est à manipuler avec des pincettes. Nous verrons dans 60 ans, à l’ouverture des archives, ce qu’il en est réellement".

Nécessité humanitaire

Mercredi, Moustapha Abdelhjalil, président du Conseil de transition libyen, s’est déplacé à Paris mardi pour plaider en faveur d’une intensification des frappes, notamment à Misrata où, selon lui, "la situation est très grave". La veille, l’un des chefs des insurgés à Misrata, Nouri Abdallah Abdoullati, avait demandé l’envoi de soldats français et britanniques sur la base de "principes humanitaires". "Il s’agit d’une situation de vie ou de mort", a-t-il assuré.

La ville de Misrata, située à 200 kilomètre de la capitale Tripoli, est le théâtre d’intenses combats entre les rebelles et les forces du colonel Kadhafi. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. "Quatre-vingt pour cent des morts sont des civils", a indiqué au début de la semaine le docteur Khaled Abou Falgha, de Médecins sans frontières. Parmi les victimes de Misrata se trouvent plusieurs dizaines d’enfants, selon des chiffres communiqués par l’Unicef. Mardi dans l’après-midi, deux photographes occidentaux ont également trouvé la mort après avoir été visés par des tirs de mortier. Depuis le début du conflit dans le pays, 10 000 personnes seraient mortes et 45 000 autres blessées, selon le Conseil national de transition. Les combats ont en outre provoqué l’exode de dizaines de milliers de personnes.

Par journalistes Le 21/04/2011
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Le régime du colonel Mouammar Kadhafi a affirmé jeudi être "très triste" après la mort la veille de deux journalistes britannique et américain victimes d'un tir de mortier dans la ville libyenne assiégée de Misrata, tout en affirmant que son armée n'était pas responsable.

"Nous sommes très tristes pour la perte de toute vie humaine, même du côté des rebelles. Nous sommes vraiment tristes pour la perte de ces deux vies", a déclaré le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, qui a souhaité un prompt rétablissement aux deux autres journalistes blessés.

Tim Hetherington, collaborateur britannique du magazine Vanity Fair, et l'Américain Chris Hondros, de l'agence Getty, tous deux âgés de 41 ans, ont été tués mercredi par un tir de mortier à Misrata, ville rebelle assiégée depuis des semaines par les forces gouvernementales. Deux autres journalistes ont été blessés lors de cet incident.

"Ce n'est pas la responsabilité de notre armée. Nous demandons à tous les journalistes de ne pas faire confiance à ces rebelles et de ne pas se rendre de leur côté. S'ils veulent faire des reportages, ils peuvent demander un visa pour entrer légalement" dans le pays, a déclaré M. Ibrahim.

Il a rappelé que la Libye était en "temps de guerre" et qu'il y avait des "risques pour la sécurité" des journalistes. L'accès aux zones de conflit "ne peut pas être libre et total", a-t-il dit.

M. Ibrahim a relevé que Misrata, ville rebelle située à 200 km à l'est de Tripoli, était "une zone dangereuse".

"Les rebelles ne sont pas entraînés pour protéger les journalistes", a-t-il encore dit.

Les corps de Tim Hetherington et de Chris Hondros devaient arriver dans la soirée à Benghazi, bastion de la rébellion, après avoir été embarqués à bord d'un bateau de l'Organisation internationale pour les migrations, a-t-on appris auprès de cette organisation.

Ils devaient être pris en charge par des représentants britannique et américain à Benghazi en vue de leur rapatriement.

Le bateau ramène également le corps d'un médecin ukrainien tué mercredi dans un autre tir de mortier à Misrata, selon cette source.

La voie maritime est la seule reliant la ville rebelle assiégée au reste du monde.

Par ilari Le 21/04/2011
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La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a dénoncé jeudi les attaques menées par les forces gouvernementales en Libye, particulièrement à Misrata, dans l'ouest du pays, et n'a pas exclu qu'elles aient utilisé des bombes à sous-munitions contre la population civile.

"Les soldats du colonel Kadhafi poursuivent leurs attaques sauvages, notamment dans le cadre du siège de Misrata. Selon certaines informations, les forces de Kadhafi pourraient même avoir fait usage de bombes à sous-munitions contre la population", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse après avoir reçu à Washington le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Uri Rosenthal. "A Misrata, se déroule une bataille urbaine très brutale qui illustre ce dont est capable le régime de Kadhafi, qui s'en prend directement aux civils", a-t-elle ajouté.

Par piege Le 21/04/2011
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Alors que les combats se poursuivent entre insurgés et partisans de Mouammar Kadhafi, la mission de l'Otan en Libye menace de sortir du strict cadre de la protection des populations civiles fixé par le mandat des Nations unies.

La mise en place d'une zone d'exclusion aérienne n'a pas permis aux rebelles de prendre l'avantage sur les troupes kadhafistes au sol comme l'espéraient les alliés quand ils ont fait adopter la résolution 1973.

Signe de ce risque d'enlisement, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie ont annoncé cette semaine l'envoi d'officiers de liaison chargés d'aider les rebelles dans les tâches d'administration et de logistique.

Si Paris a promis une intensification des opérations aériennes, les Occidentaux assurent qu'il n'est pas question d'engager des forces terrestres ou que les conseillers techniques dépêchés sur place participent aux combats.

Le piège des conflits en Irak et en Afghanistan et le souvenir du Viêtnam ont servi de leçons aux alliés qui ne souhaitent pas se laisser entraîner dans une guerre dans laquelle ils ont beaucoup à perdre.

La raison de cette prudence repose également sur des motifs électoraux, les populations occidentales se montrant hostiles à une participation à des conflits onéreux dans une période de rigueur budgétaire.

"Je pense qu'il existe un réel danger à envoyer des conseillers sur le terrain. La prochaine étape va logiquement être de conseiller les rebelles sur les techniques de combat, puis ensuite de leur fournir des armes et de les entraîner afin qu'ils puissent les utiliser", note le général Patrick Cordingley, ancien commandant des forces alliées lors de la première guerre du Golfe en 1991.

"Vous vous retrouvez alors avec une guerre civile à grande échelle sur les bras. Le danger vient du temps que tout cela prend. Entraîner des armées étrangères prend beaucoup de temps comme cela a été démontré en Afghanistan", explique Cordingley.

La résolution de l'Onu autorise le recours à "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils mais elle exclut "toute forme d'occupation par des forces étrangères".

Pour Paul Rogers, professeur à l'Université de Bradford, l'envoi d'officiers de liaison pose un problème légal. "Cela entre de justesse dans le cadre du mandat de l'Onu. On est vraiment à la limite", estime-t-il.

Des bâtiments de la marine britannique transportant des soldats font route vers Chypre pour y suivre un entraînement et l'Union européenne a élaboré un projet qui pourrait aboutir à l'envoi de troupes à Misrata afin de garantir l'acheminement de l'aide aux populations de la ville assiégée.

D'une certaine manière, les Occidentaux se trouvent déjà piégés, d'une part par la résistance acharnée de Mouammar Kadhafi et d'autre part par la déclaration commune des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne sur le départ du dirigeant libyen.

Cette prise de position opère un glissement de la mission de protection des populations vers l'exigence d'un changement de régime.

"Le régime (de Kadhafi) se montre plus résistant que prévu, il fait preuve de capacités d'adaptation. Si l'Otan cherche à mettre fin à ce régime pour des raisons de protection humanitaire, elle va devoir prendre plus de risques", estime Rogers.

La mise à bas du pouvoir de Kadhafi exige plus que de simples raids aériens qui ont montré les limites de leur efficacité dans la protection des civils. Ces opérations n'ont pas fait cesser le pilonnage de Misrata assiégée par l'artillerie kadhafiste.

"Les pays européens qui mènent la lutte en Libye doivent faire face au constat que les troupes qu'ils ont mobilisées contre la Libye ne sont pas compatibles avec l'objectif qu'ils veulent atteindre", juge la société Stratfor spécialisée dans le renseignement.

Les gouvernements tentent de jouer sur la distinction entre ce que l'Otan accomplit en tant qu'entité collective et ce que chacun fait au travers d'initiatives individuelles.

L'Alliance atlantique n'a pas prévu de procéder à un déploiement de troupes terrestres en Libye et une telle option devrait être approuvée par l'ensemble des 28 Etats alliés. Mais cela n'empêche pas chaque membre de prendre l'initiative de s'impliquer plus avant en dehors de l'opération commune.

Pour l'instant, le risque politique pour les gouvernements occidentaux demeure limité, aucune victime n'ayant été enregistrée parmi les troupes engagées. Mais ce risque va inévitablement s'accroître avec l'augmentation du nombre de personnels présents alors qu'aucune stratégie claire de sortie du conflit ne se dessine.

Par rebel Le 21/04/2011
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Les insurgés ont réussi à pendre le contrôle d'une zone frontalière avec la Tunisie.

Après plusieurs semaines de recul militaire, l’insurrection libyenne connaît une certaine éclaircie. Les forces rebelles ont pris jeudi le contrôle d’un poste-frontière avec la Tunisie. Cette avancée symbolique est intervenue sur un front reculé où la résistance combat l’armée gouvernementale.

Cette information de l’agence tunisienne Tap relaie les témoignages d’habitants de la ville frontalière de Dhiba à 250 km au sud-ouest de Tripoli. Selon ces sources, plusieurs dizaines de soldats gouvernementaux libyens se sont rendus à l'armée tunisienne, car ils ne voulaient pas être faits prisonniers par les insurgés. Les autorités tunisiennes n'ont fait aucune déclaration à ce sujet.

Ainsi, plusieurs milliers de réfugiés s’étaient rapatriés vers Dhiba alors que de violents affrontements se déroulaient. L'agence de presse tunisienne Tap, rapporte que treize officiers et soldats libyens, dont un général, se sont rendus à l'armée tunisienne à la suite d'affrontements avec des insurgés libyens.
L’enracinement de Kadhafi

Dans cette région dite des Montagnes de l’ouest, les combats ont été peu couverts par les médias. En marge de cette percée, la ville rebelle de Nalout a été visée par les obus et roquettes de l’armée loyaliste. Des réfugiés arrivés la semaine dernière en Tunisie des Montagnes de l'Ouest disent que les forces gouvernementales ont bombardé des habitations, empoisonné des puits et menacé de violer des femmes. Malgré le démenti de Tripoli, des obus de mortier ont atterri mardi du côté tunisien de la frontière, selon le ministère tunisien de la Défense.

L’évolution de la cartographie militaire en Libye inquiète les experts internationaux. Plusieurs responsables américains et européens estiment jeudi que Mouammar Kadhafi n’a désormais plus à craindre une défaite face aux rebelles. Ils insistent sur la mainmise renforcée de Tripoli sur le centre et l’ouest du pays. "Les proches de Kadhafi sont plutôt confiants. Une partition de facto (de la Libye), pour une longue période," est l'issue la plus probable du conflit, résume une source au sein des services de sécurité en Europe. Depuis le début de l’intervention aérienne, les responsables alliés ont souvent mis en doute la capacité de l’insurrection à renverser le guide libyen.
Evacuation à Misrata

Cité symbole de la rébellion, Misrata a été marquée mercredi par la mort de deux photoreporters américains. Tim Hetherington, coauteur d’un documentaire nominé aux Oscars l’an dernier, et Chris Hondros, de l’agence Getty, ont été touchés par des tirs de mortier. Cette attaque est survenue sur Tripoli Street, la plus grande artère de la ville assiégée.

Le site Parismatch.com a publié une vidéo tournée par l’envoyé spécial en Libye, Alfred de Montesquiou :

L’organisation internationale pour les migrations (OIM) s’apprête à assurer une opération d’évacuation de migrants bloqués dans "l’étau" de Misrata. Depuis Benghazi, ce navire doit permettre d’exfiltrer près de 1000 travailleurs étrangers.

Par refugiers Le 19/04/2011
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Assis en petits groupes sur une dune de Faya-Largeau, dans le nord du Tchad, dans une chaleur écrasante, plus de 2.000 Tchadiens ayant fui le conflit en Libye, tentent de se protéger du soleil sous des abris de fortune, couvertures et matelas.

"Nous n'avons rien reçu comme aide de la part des autorités depuis cinq jours que nous sommes là, nous n'avons pas de quoi manger, nous avons faim", affirme Moussa Adji, 66 ans, qui était vendeur ambulant à Tripoli.

Chaque jour, une dizaine de camions transportant des Tchadiens qui vivaient en Libye, hier considérée comme un eldorado avec son pétrole, arrivent dans cette ville de 38.000 habitants, à 1.000 km de la capitale N'Djamena et à plus de 400 km des montagnes arides de la frontière libyenne, estime l'Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale).

"J'ai mis sept jours sur la route avant d'arriver à Faya", raconte Hamdan Yaya, qui était vendeur de légumes à Benghazi depuis sept ans.

"Soudain nous sommes devenus indésirables, dès le déclenchement de la crise. La population libyenne commençait à nous menacer de mort et il fallait partir pour sauver sa peau. Je suis parti en laissant tout derrière moi, même mes économies faites depuis quelques années", ajoute-t-il.

Le 3 avril, le gouvernement tchadien avait dénoncé des "exactions" contre la communauté tchadienne. D'après N'Djamena qui entretenait de bonnes relations avec le régime de Mouammar Kadhafi, la communauté est accusée, notamment en zone contrôlée par la rébellion, de fournir des mercenaires au gouvernement libyen.

"Nous avons fui la guerre pensant être à l'abri chez nous, mais nous nous considérons comme des étrangers puisque personne ne s'occupe de nous", se lamente Hadjé Kadidja, mère de trois enfants. "Je suis obligée de vendre mes bijoux pour nourrir les enfants, en attendant de retrouver ma famille", dit-elle.

En marge des réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, le ministre tchadien des Finances Ngata Ngoulou a estimé samedi à Washington qu'environ 400.000 Tchadiens "pourraient revenir".

Pour éviter la formation de camps de réfugiés, l'OIM évacue les migrants "vers leurs régions respectives, en accordant la priorité aux personnes vulnérables qui doivent être transportées en avion", explique Khassim Sufi, chef de mission de l'OIM à N'Djamena.

"Nous sommes très inquiets de l'afflux de nos compatriotes qui viennent de Libye quand on sait que la région de Faya Largeau est une région très difficile (...) qui n'a pas d'infrastructures adéquates pour les accueillir", confie le gouverneur de Faya, Ramadane Erdebou.

Et, poursuit-il, "depuis la crise libyenne, nous rencontrons des difficultés d'approvisionnement de la Libye. Rien ne vient de ce pays. Cette situation a provoqué déjà une pénurie de rations alimentaires, le carburant se fait rare et les prix ont flambé sur le marché. Même les autochtones commencent à se plaindre".

Par Benghaz Le 19/04/2011
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Le secrétaire d'État chargé du Développement international, Andrew Mitchell, qui s'est entretenu lundi à New York avec des responsables des Nations unies, a également promis des fonds pour l'aide médicale d'urgence au profit des civils dans l'ouest de la Libye.

M. Mitchell a précisé que le financement britannique aiderait le travail de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a déjà commencé à évacuer de Misrata des ressortissants étrangers, transportés par bateau vers Benghazi, le fief de l'opposition à Mouammar Kadhafi.

Quelque 870 travailleurs étrangers et une centaine de Libyens étaient à bord du navire affrété «Ionian Spirit», qui a quitté tôt lundi Misrata, ville en partie aux mains des rebelles mais assiégée par les forces de Kadhafi.

Parmi ces étrangers évacués, figuraient 650 Ghanéens et un petit nombre de Philippins et d'Ukrainiens. Des femmes et des enfants, et 23 personnes souffrant de blessures dues aux combats étaient également à bord, selon l'OIM.

«Des milliers de travailleurs étrangers ont réussi à atteindre le port» mais sont en danger à cause des combats et n'ont pas de moyen de s'échapper, précise M. Mitchell dans un communiqué. «Ces évacuations les mettront à l'abri et aideront à réduire la demande à Misrata sur des réserves très limitées de nourriture, d'eau et de fournitures médicales.»

Par Nasir Le 19/04/2011
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Nasir habitait juste derrière le marché principal de Misrata. C’est son quartier d’enfance, avec ses odeurs de poisson frais, de légumes et de fruits. Un souvenir aujourd’hui lointain. Pour le chef rebelle, le vegetable market est une position militaire. Ce marché est devenu la première ligne des combats sur l’avenue de Tripoli qui mène au centre-ville. Ses grandes halles sont occupées par les forces de Kadhafi, et les deux immeubles autour, défoncés par les tirs d’obus, servent de poste de tir aux soldats libyens. "Misrata, ce n’est pas comme le front vers Benghazi. Ici, ce n’est pas le désert, où on voit tout autour à plusieurs kilomètres à la ronde. C’est une guerre de rue, avec des ennemis partout", déclare Nisar, que seuls une rue et une maison séparent de l’armée.
Les snipers sont la hantise des rebelles

Nisar Noor interpelle Abu Qaseem, son beau-frère, carrure de videur et casquette blanche vissée sur la tête. Avec un troisième "shabab", ils doivent partir en reconnaissance pour déloger ce qu’ils appellent un sniper. Les tireurs embusqués sont la hantise des rebelles de Misrata. "Au début, il y a eu plein de morts à cause d’eux, maintenant, on sait où ils sont", explique Nasir Noor.

A travers un dédale de maisons en ruines, les trois hommes courent, s’arrêtent brusquement, frôlent les murs grêlés de traces de balles, traversent ce qui devait abriter autrefois des jardins ombragés. Tout autour, les rafales de kalachnikov claquent.

Par srata Le 19/04/2011
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Les évaluations sont nombreuses et très différentes, mais il est probable que plusieurs milliers de personnes aient été tuées dans les combats et la répression menée par le régime du colonel Kadhafi. Avant même le début des frappes, un témoin cité par Reuters avait estimé le 22 février à 2000 le nombre de victimes pour la seule ville de Benghazi, fief de l'opposition libyenne. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait jugé le 23 février «crédibles» des estimations évaluant le bilan de la répression à un millier de morts. Deux jours après le début des frappes de la coalition, le 20 mars, un porte-parole des insurgés déclarait à la chaîne de télévision Al Jazeera que le nombre des «morts et martyrs [dépassait] les 8000».

Quelques jours après, le 31 mars, le Foreign office britannique estimait pour sa part le bilan à au moins 1000 morts, selon Reuters. Lundi, un médecin opérant à Misrata, qui connaît d’intenses combats depuis le début de la crise, confiait au «Los Angeles Times» que dans cette seule ville, 1000 personnes avaient été tuées et 3000 blessées en deux mois. De son côté, l’Unicef jugeait récemment qu’au moins 20 enfants avaient été tués à Misrata, dont la plupart en moins d’un mois.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé il y a quelques jours des «attaques indiscriminées à la roquette et au mortier» contre des civils. A Misrata, notamment, les forces de Kadhafi ont utilisé des véhicules lance-roquette Grad et, depuis peu, des bombes à sous-munition, ce que dénonce également HRW.
Les victimes des insurgés: plusieurs centaines

Les combattants insurgés, avant même l’intervention de la coalition, ont tué plusieurs centaines de soldats libyens et de partisans de Mouammar Kadhafi. En février, le «Guardian» évoquait l’exécution de mercenaires et de conspirateurs, dont une cinquantaine auraient été tués à Beda, à l’est de Benghazi.

Le régime a de son côté admis que la prise de Benghazi par les insurgés a coûté la vie à 111 de ses soldats, rapportait en février le «Financial Times». Depuis le début des frappes, les coups portés aux forces loyalistes par les opposants sont difficiles à évaluer. A Misrata, l’acharnement des combats urbains menés par l’opposition a certainement fait des dizaines de morts chez les fidèles du colonel Kadhafi.

Par Anonyme Le 19/04/2011
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Les Nations unies ont fait savoir ce lundi qu'elles souhaitaient envoyer une équipe humanitaire dans la ville libyenne de Misrata, qui selon l'insurrection est assiégée et bombardée par les forces kadhafistes. «Ce que nous demandons, c'est qu'une mission de l'Onu aie accès à Misrata afin qu'elle puisse évaluer la situation et les besoins là-bas», a déclaré à New York Farhan Haq, porte-parole de l'Onu.

Ses propos rejoignent ceux de Valerie Amos, secrétaire générale adjointe de l'Onu aux affaires humanitaires qui, présente à Benghazi, aux mains des insurgés, s'est déclarée extrêmement préoccupée par la situation à Misrata. «J'espère beaucoup que la situation sécuritaire nous permettra d'aller à Misrata. Personne n'a la mesure de ce qui s'y passe», a-t-elle dit.
Accord sur la présence d'humanitaires

A Budapest, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a déclaré que le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi avait accepté une présence humanitaire à Tripoli. Farhan Haq a dit que cela comportait un accord sur l'entrée de personnel humanitaire international et d'équipements utilisés par ce personnel.

«Le gouvernement libyen a dit qu'il assurerait l'accès sans entrave en Libye par la frontière tunisienne, jusqu'à Tripoli, et il a dit qu'il assurerait un sauf-conduit aux travailleurs humanitaires pour aller dans les zones sous contrôle du gouvernement libyen», a déclaré Farhan Haq. Jusqu'ici, la Libye n'a pas promis de cessez-le-feu pour donner aux humanitaires la possibilité de travailler, mais Haq a souligné que l'Onu continuait d'en réclamer un.

Par bertgil Le 18/04/2011
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Lorsque vous écrivez que les français étaient d'accord d'aller aider les insurgés de Benghasi, je n'en suis pas si sûr que vous;
Que l'umps se soit ralier à Sarkosy dans cette affaire me parrait évident.Nostalgiques de la colonisation il souhaitaient montrer de quel bois ils se chauffaient à ces arabes qui avaient en 1954 oser se soulever contre la France;Revaanche dérisoire.
Qui sont ces insurgés.Des anciens sbires de Kadhafi qui souhaitent se refaire une virginité et quelques autres.Ces insurgés n'ont pas réussis à entrainer l'ensemble de la libye derriere eux.Je pense que certains d'entre eux sont des retournés des services occidentaux.
Des mensonges ont été utilisés pour déclencher cette guerre, comme les guerre précédentes, IRAK, Serbie etc..Lorsque l'on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage.
Il semblerait que le but caché de cette guerre soit le démembrement de la Libye, et peut étre le pétrole.
Je persiste à penser que nous n'avions pas à mettre nos pas dans cette guerre.C'est aux Libyens de régler leurs problémes.
On peut s'interroger sur l'abstention de la russie et de la Chine, mais également Du Brésil, de l'Inde et surtout de l'Allemagne.
L'Allemagne,a voulu envoyer un signal fort de desaccord aux EU, à la France et àLa GrandeBretagne.

Par TAMHID Le 18/04/2011
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Ce qui est effrayant et terrorisants à lire aussi bien les "pour" que les "contre" interventionnistes en occident, c'est la désinvolture et "lucidité" avec lesquels l'on "envisage" les pourrissements, partitions et désintégrations de pays et de peuples entiers. En fermant les yeux, on se penserait facilement dans un laboratoire où les conséquences n'inquiètent jamais trop puisque le prix des "souris" est bien pris en compte dans le "grant « . Citoyen de l'un de ces pays, en entendant ces "calcualtions", je ressens dans l'échine, une froideur mille fois plus intense que l'idée d'une voiture piégée sur mon chemin.

Par MAX Claire Le 16/04/2011
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Bonjour, je suppose que les insurgés des villes de l'Est imaginaient que la Tripolitaine se soulèverait aussi. S'ils avaient su qu'ils se retrouveraient isolés sous le tir des avions et des chars de Kadhafi, ils se seraient peut-être abstenus... , ils ont sans doute pensé que le moment était venu, ils ont fait une erreur d'appréciation, fallait-t-il les laisser se faire massacrer?
Pourquoi Tripoli n'a pas suivi? Je ne sais pas.
Si personne n'était intervenu, on aurait entendu un concert de lamentations et de critiques.
C'est la première des raisons qui explique l'assentiment de la majorité des Français, je crois.
Ne pas assister à un carnage sans rien faire.
Le CNT est-il plus ou moins crédible que les actuels dirigeants de l'Égypte ou de la Tunisie??
La route est longue avant que ces pays ressemblent à la démocratie dont rêve les populations du monde arabe. Ce que beaucoup de Français espèrent, c'est que plus il y aura de démocraties dans le monde arabe, moins les Islamistes auront du grain à moudre. C'est la 2e raison du soutien à l'intervention, et la 3e, non avouée, pour d'autres Français, c'est que la démocratie aille de pair avec le développement économique et que les mouvements migratoires cessent.
Je n'ai pas vu de sondage sur les raisons du soutien à l'intervention, je dis çà au doigt mouillé!
Il est possible que l'on aille vers une partition de la Libye, car je ne vois pas comment des insurgés aussi peu armés et entraînés peuvent gagner cette guerre.

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