NOTE
La laïcité républicaine au secours des mosquées Le 05/04/2011
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Après le débat sur l’identité nationale, transformé en panel islamophobe, l’UMP récidive aujourd’hui avec un nouveau « débat sur la laïcité ». Nul doute qu’il aboutira aux mêmes dérapages nauséabonds contre l’islam. La capacité de la laïcité républicaine à permettre l’épanouissement de l’islam de France, numériquement deuxième religion pratiquée dans notre pays, méritait pourtant des échanges constructifs. Dans cette note, François Loisy, Samuel Pommeret et Loïc Roche montrent que le cadre juridique de la loi de 1905 autorise et facilite activement la construction et l’entretien des mosquées. Un seul élément pose problème : le financement direct de la construction des édifices, laissée à la charge des associations cultuelles. Pour assurer le nécessaire rattrapage du culte musulman, certains proposent la suspension provisoire de la loi de 1905 mais des « accommodements raisonnables » permettent de contourner la loi sans la remettre en cause.
 

SYNTHÈSE

 
Fort d’une communauté de près de six millions de musulmans, l’islam est la deuxième religion pratiquée en France après le culte catholique. Entre tous les aspects qui structurent la pratique de l’islam, la question des édifices du culte est extrêmement importante. La mosquée et ses minarets cristallisent toutes les défiances, les craintes et les rejets : le culte musulman semble se poser en défi pour la loi de 1905 et la laïcité.
 
Est-ce vrai ?
 
Premier élément de réponse : la laïcité française ne s’oppose en aucun cas à la pratique du culte musulman sur notre territoire.
 
La loi du 9 décembre 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, avec les jurisprudences qui l’ont précisées, n’est pas une loi anti-religieuse. C’est une loi de compromis, qui vise à la normalisation des cultes. La loi de 1905 « assure la liberté de conscience » : il s’agit d’une liberté individuelle, un droit de l’homme reconnu par la République. Pour permettre l’exercice effectif de cette liberté, la loi de 1905 « garantit le libre exercice des cultes » et le place au rang de liberté publique fondamentale (au même titre que la liberté de la presse, des syndicats et des associations), ce qui implique une visibilité publique des cultes.
 
La laïcité à la française, telle qu’inscrite dans notre droit, est donc une construction libérale, qui vise à faciliter le déploiement harmonieux du culte musulman. Certains élus invoquent la loi de 1905 pour refuser l’accès à une salle municipale pouvant servir de lieu de culte, alors qu’elle garantit le contraire. D’autres l’invoquent pour empêcher la délivrance d’un permis de construire pour la construction d’un édifice du culte, alors que là encore elle n’impose aucune contrainte spécifique autre que le droit de l’urbanisme. Le problème n’est donc pas de « permettre légalement », ce que fait la loi de 1905, mais de « laisser construire » : il est illégal en France d’entraver l’exercice du culte musulman - les élus doivent respecter la loi.
 
Deuxième élément de réponse : non seulement la loi de 1905 permet en droit la construction des édifices du culte musulman, mais elle la facilite en pratique.
 
La loi de 1905 et sa jurisprudence prévoient une batterie de mesures en ce sens :
 
- La mise à disposition des terrains. Rien n’empêche une municipalité de signer un bail avec une association cultuelle. Mieux, elle peut mettre à sa disposition un terrain pour une longue durée (jusqu’à 99 ans), en vue de la construction d’une mosquée, dans le cadre d’un bail emphytéotique administratif. Le loyer peut être « modique », selon la jurisprudence du Conseil d’Etat, ce qui revient à subventionner partiellement la construction.
 
- Les aides financières indirectes. La loi de 1905 donne des avantages fiscaux aux associations cultuelles : déductibilité des dons des personnes physiques ou morales (ce qui revient à faire cofinancer le « denier du culte » par l’Etat à hauteur de respectivement 66% et 60%) ; exonération de la taxe foncière et de la taxe d’habitation pour les édifices du culte. La loi de 1905 permet également aux municipalités et aux départements de garantir un emprunt contracté par une association cultuelle en vue de la construction d’un édifice.
 
- Le financement de l’entretien et de la conservation des édifices. On entend parfois que l’Etat couvrirait intégralement ce financement pour les seuls édifices qui sont la propriété de l’Etat (les édifices catholiques uniquement), alors qu’il serait à la charge des associations cultuelles pour les édifices qui sont en leur propriété (les édifices musulmans). En effet, la loi de 1905 pose le principe que les associations cultuelles ne peuvent, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions publiques. Cette vision est pourtant erronée. Dès le début, la loi de 1905 a posé une exception : l’entretien et la conservation des édifices de culte privés est à la charge de l’Etat s’il s’agit de monuments classés. Surtout, une loi de 1942 étend l’exception à toutes les sommes allouées pour réparations, que les monuments soient classés ou non. Les édifices du culte musulman bénéficient donc, une fois construits, du même régime favorable que les édifices catholiques.
 
Dernier élément de réponse : le nécessaire rattrapage dans la construction des édifices du culte musulman peut se faire à droit constant, dans le cadre de la loi de 1905.
 
Le rattrapage est une nécessité. On compte à ce jour moins de 2 000 édifices de culte musulman, à comparer aux 39 000 églises pour le culte catholique : vingt fois moins, alors que les musulmans ne sont que six fois moins nombreux que les catholiques. A peine une dizaine de ces lieux de culte sont des grandes mosquées (l’équivalent des cathédrales). La majorité des autres lieux se partagent entre pavillons et lieux très modestes : salles, hangars, foyers SONACOTRA, garages – voire, dans quelques cas très isolés, la rue… Le rattrapage se justifie donc au nom de l’équité, mais aussi pour éradiquer les lieux de culte indignes et sortir une fois pour toutes de « l’islam des caves ».
 
Si la loi de 1905 facilite le financement des lieux de culte, elle interdit malgré tout l’essentiel, c’est-à-dire toute subvention publique pour le financement direct de l’édifice. C’est une différence fondamentale avec les édifices du culte catholiques, préexistants pour la plupart à la loi de 1905 : ils n’ont donc pas eu à subir cette interdiction.
 
Le problème se pose notamment pour la construction des grandes mosquées. On voit mal la contribution des fidèles constituer un apport suffisant. Le risque est donc, en l’absence de financement public, de voir se développer le financement par des pays étrangers.
 
Faut-il dans ces conditions, comme le propose notamment Alain Minc, suspendre temporairement la loi de 1905 et appliquer, le temps du rattrapage, un régime de type concordataire (avec financement public) à la construction de mosquées ? Cette option ne serait pas scandaleuse. C’est selon ces modalités que la Grande Mosquée de Strasbourg a été construite, cofinancée à hauteur de 26% par les collectivités locales. Terra Nova ne privilégie toutefois pas cette option.
 
D’abord, le problème est réel mais il faut le nuancer. Les musulmans et leurs représentants (CFCM) n’expriment pas un besoin de mosquées-cathédrales : si la présence de lieux monumentaux à forte capacité d’accueil paraît nécessaire pour entériner la visibilité de l’islam en France, les besoins sont le plus souvent ceux de locaux de proximité, à capacité moindre, qui puissent convenir à la diversité de chaque communauté. On ne va pas prier à la Grande Mosquée de Paris dans le Vème arrondissement quand on habite le XXème… Pour des lieux de culte de petite ou moyenne taille, la contribution des fidèles, complétée par les ressources issues du commerce de la viande hallal, s’avère le plus souvent suffisante. Contrairement à une idée reçue, les contributions étrangères venant de pays musulmans (Arabie saoudite, pays du Golfe) sont en réalité marginales.
 
Ensuite, la suspension de la loi de 1905 paraît singulièrement inopportune dans le climat de tension islamophobe entretenu par le FN et l’UMP. On a vu de telles surenchères populistes lors de la construction de la Grande Mosquée de Strasbourg.
 
A l’inverse, une solution plus discrète existe, mais aussi efficace, qui permet le financement direct de la construction de mosquées sans modifier la loi de 1905, dans le cadre d’un « accommodement raisonnable » à la loi, selon la formule canadienne. Il s’agit de prévoir une fonction culturelle au sein de l’édifice de culte (un musée, une bibliothèque…) : la collectivité publique peut dès lors assurer un cofinancement direct de l’édifice au titre de sa fonction culturelle (et à côté de sa fonction principale cultuelle). C’est typiquement selon cette modalité qu’a pu être construite en 1926 la Grande Mosquée de Paris, cofinancée au titre de la création en son sein de l’Institut musulman.
 
En assurant la liberté de conscience, la garantie du libre exercice des cultes et un vaste champ de possibilités juridiques et financières pour la construction d’édifices de culte appropriés, la loi de 1905 se révèle d’une grande plasticité et permet d’accueillir le culte musulman dans de bonnes conditions sur notre territoire. Encore faut-il que la loi de 1905 soit appliquée, et que l’esprit de la laïcité républicaine ne soit pas violé par ceux-là mêmes qui s’en veulent les thuriféraires.
 
 

NOTE

 
L’islam est la deuxième religion pratiquée en France après le culte catholique[1]. Parmi toutes les questions posées par les pratiques de cette religion, la question des édifices du culte est extrêmement importante : c’est la partie visible autour de laquelle se rassemble la communauté des croyants, le culte étant, comme dans toute religion, un des éléments clés de la pratique religieuse. La prière est le second pilier de l’islam[2]. Elle se pratique individuellement, mais une fois par semaine, le vendredi, la mosquée est le lieu d’exercice de la prière communautaire. Sa construction est l’occasion pour la communauté musulmane de dialoguer avec l’Etat et ses représentants, et constitue un exercice concret de la laïcité. L’enjeu est important : alors que pour les religions chrétiennes et, dans une moindre mesure, la religion juive, la loi de 1905 est venue consolider les lieux de culte existants, l’interdiction faite aux pouvoirs publics de ne subventionner aucune religion et donc de participer au financement direct de la construction de tout lieu de culte pénalise très directement l’islam. Certains, comme Alain Minc, en déduisent que la loi de 1905 devrait être temporairement suspendue pour permettre une forme de rattrapage par l’impôt[3].
 
Grâce aux institutions musulmanes, aux chercheurs, aux administrations et tout simplement aux pratiquants, peu de choses sont ignorées de la pratique de l’islam en France. Malgré tout, l’islam semble aujourd’hui cristalliser toutes les défiances, les craintes et les rejets, non seulement sous l’effet des discours des extrémistes mais aussi, et c’est là le plus inquiétant, des intellectuels, de certains politiques et de nombreux citoyens. Qu’il s’agisse de la tenue vestimentaire, de la nourriture hallal, et bien entendu de la construction des mosquées, de nombreuses affaires, complaisamment relayées par le Front national et l’actuel Président de la République, ainsi que par une bonne partie de sa majorité, semblent illustrer la vision d’un islam rétif à la loi de 1905, qui se camperait dans une intransigeance conquérante. Ce discours ouvertement ou subtilement islamophobe alimente des propos alarmistes sur la nécessité et l’urgence d’un « grand débat sur la laïcité » dont les intentions ne trompent personne : il s’agit clairement de faire des musulmans un bouc émissaire des difficultés du moment. L’islam seul poserait-il un défi à la loi de 1905 ? Ce culte serait-il en soi incompatible avec la laïcité ? Sans vouloir revenir sur les formes et les causes de cette islamophobie, cette note se limite à la question de la construction des mosquées. La loi de 1905 interdit-elle définitivement que se développe dans des lieux appropriés un culte musulman en France ? Les difficultés, juridiques et matérielles, qui se posent dans la construction d’édifices du culte musulman sont-elles généralisées et insurmontables ? Existe-t-il des barrières qui se dressent entre le désir de nos concitoyens de prier dans un lieu visible et digne, et la possibilité de le faire construire ?
 
Dans le cadre législatif actuel, construire un édifice religieux est un travail de longue haleine, dont, dans le cas d’une mosquée, les premiers responsables sont les communautés musulmanes des quartiers et des villes qui doivent prendre l’initiative de la construction de leur édifice du culte en lien avec l’Etat et les collectivités locales (maires, présidents de communautés de communes). L’Etat agit lui dans le cadre de la loi du 9 décembre 1905 et des nombreuses jurisprudences qui l’ont précisée. Comme c’est le cas avec les autres religions, la puissance publique est en rapport avec les organes représentatifs de ce culte, à savoir le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), qui traite également de sujets comme le statut des aumôniers dans les prisons et les armées, la formation des imams ou la mise en place de carrés musulmans dans les cimetières.
 
La construction de lieux de culte est encadrée par la loi du 9 décembre 1905 dite loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Celle-ci définit la liberté des cultes comme une liberté publique qui voit le jour en 1905 après la liberté de la presse (1881), des syndicats (1884) et des associations (1901). Elle est garantie par la République sous réserve, comme pour toutes les libertés, du respect de l’ordre public. Il est de la responsabilité de l’Etat et de ses représentants d’en assurer l’exercice. La loi et les jurisprudences sont, en réalité, très libérales et c’est bien ainsi.
 
Il convient dans ce contexte de rappeler le cadre législatif institué par la loi de 1905, à l’intention des politiques, des élus mais aussi des associations cultuelles qui souhaitent porter un projet d’édifice.
 
La présente note ne traite que des associations cultuelles telles que définies dans la loi de 1905 (celles de statut 1901 en sont exclues). Elle n’a pas vocation à répondre à toutes les interrogations que pose l’organisation du culte musulman et encore moins aux problématiques (marginales mais réelles) que sont les dérives radicales. Sa conclusion est toutefois claire et nette : la modification de la loi de 1905 n’est ni nécessaire, ni pertinente et les musulmans, s’ils parviennent à réunir les moyens pour construire des lieux de culte adéquats, peuvent s’insérer dans ce cadre juridique stable.
 
Un état des lieux peut être dressé :
 
A ce jour, on compte entre 1 500 et 2 000 édifices de culte, soit environ le même nombre qu’en Allemagne pour une population que l’on considère comme deux fois plus importante. A l’occasion de la création du CFCM en 2003, 1 700 lieux de culte[4] ont été recensés en vue d’établir la carte électorale de ce conseil[5]. Les observateurs[6] ont fait remarquer qu’à peine une dizaine sont de grandes mosquées, visibles, parfois ornées d’un minaret, situées dans des grandes villes ou des concentrations urbaines importantes (que Bernard Godard et Sylvie Taussig[7] appellent aussi « mosquées-cathédrales »). La  majorité des autres lieux, qui se partagent entre pavillons et autres lieux plus modestes (salles, hangars installés dans des sous-sols d’HLM, des foyers SONACOTRA ou encore des garages[8]) accréditent parfois l’idée que nous ne sommes pas sortis de « l’islam des caves ». Ces mêmes personnalités ajoutaient que le culte catholique comptait environ 39 000 églises : si « comparaison ne vaut pas raison », cette distorsion de moyens devait selon eux inciter à éradiquer les lieux de culte indignes afin qu’on sorte une fois pour toutes « des caves ».
 
Il faut toutefois nuancer cette appréciation en fonction des besoins exprimés par les musulmans eux-mêmes. Si l’on peut penser que la présence de lieux monumentaux à forte capacité d’accueil leur paraît nécessaire pour entériner la visibilité de l’Islam de France, les besoins sont le plus souvent ceux de locaux de capacité moindre mais de proximité, qui puissent convenir à la diversité de chaque communauté. Il reste que même de ce point de vue, les capacités d’accueil sont actuellement insuffisantes.
 
La question de la construction des mosquées se pose donc, et de ce fait celle de leur financement. On peut identifier trois sources de financement possibles selon les cas : la contribution des fidèles, le financement par des pays étrangers et enfin les financements publics.
 
Contrairement aux idées reçues, la contribution des fidèles est l’une des principales sources de financement des lieux de culte musulmans en France. La plupart du temps, surtout si elles sont complétées par les ressources issues du commerce de la viande hallal, ces ressources sont suffisantes pour l’acquisition et la construction des petits et moyens lieux de culte.
 
Les contributions étrangères venant de pays musulmans (Arabie saoudite, pays du Golfe, parfois même Libye), qui alimentent tant de fantasmes, sont en réalité aujourd’hui marginales. De nombreux musulmans refusent ce qu’ils redoutent comme une tutelle possible. Pour la même raison, ils sont réticents devant des aides publiques qui viseraient à enrégimenter l’islam et à le contrôler. En effet, si la loi interdit les aides directes à la construction, elle permet par de nombreux dispositifs de faire bénéficier les associations cultuelles d’aides indirectes. .
 
 

1 - CONSTRUIRE ET ENTRETENIR DES EDIFICES DU CULTE SANS MODIFIER LA LOI

 
La loi de 1905, si elle ne salarie et ne subventionne aucun culte, présente une série de dispositions pour permettre l’édification et l’entretien des édifices du culte que la jurisprudence a complétées au fil du temps. Ainsi, il existe la possibilité de conclure des baux entre associations cultuelles et collectivités locales ; des aménagements et des avantages fiscaux peuvent également être prévus de même que des dispositions pour l’entretien et la conservation des édifices.
 

1. 1 - La loi du 9 décembre 1905 et les jurisprudences ultérieures : une construction libérale[9]

La loi du 9 décembre 1905, dans son article 1er, « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes ». Emile Poulat, dans son ouvrage Scruter la loi de 1905, analyse les liens entre la liberté de conscience qui est une liberté individuelle, un droit de l’homme reconnu par la République, et la liberté de culte qui est une liberté collective et seconde fondée sur la précédente. Cet article fondateur décrit de façon concise la laïcité : d’abord une idée, ensuite une liberté publique, la liberté de conscience (assurée par la République), enfin un régime inscrit dans le droit garantissant le libre exercice des cultes (garanti par la République). Les quarante trois autres articles de la loi sont consacrés exclusivement au nouveau régime cultuel.
 
Le concordat de 1801 reconnaissait quatre cultes[10], les autres étaient soumis à autorisation. La loi de 1905 supprime cette distinction : désormais tous les cultes présents et à venir peuvent s’exercer librement. Précision importante : la République ne les reconnaît pas mais elle les connaît et garantit leur libre exercice[11].
 
La législation française sur l’édification des nouveaux édifices du culte est la même pour tous les cultes sans distinction. Pour le législateur, un culte est une totalité qui comprend des édifices, des ministres et un budget. Avant 1905, l’exercice des cultes était un service public : la loi supprime leur budget ainsi que les établissements publics en charge de leur gestion. Des associations de droit privé dites associations cultuelles ont progressivement remplacé les établissements publics. Celles constituées dans l’année qui suivait la loi pouvaient hériter des anciens établissements publics. La loi précise qu’elles se conforment « aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice » (Art.4), « elles ne pourront sous quelque forme que ce soit recevoir des subventions de l’Etat, des départements ou des communes. Ne sont pas considérées comme subvention les sommes allouées pour réparation aux monuments classés » (Art.19). Première dérogation qui sera suivie d’autres au principe de non subventionnement ! S’agit t-il d’une privatisation au sens où nous l’entendons actuellement ? La séparation n’est pas totale, car si les ministres du culte ne sont plus payés par l’Etat, ce dernier reste propriétaire des édifices du culte. Il en laisse l’usage gratuit aux associations cultuelles désormais en charge des cultes.
 
Dans son article 2, la loi dispose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Faut-il pour autant en conclure que l’Etat ou les collectivités locales ne sont pas impliqués dans la construction et l’entretien des édifices du culte ?[12] Plusieurs dispositifs, de nature très différente, constituent des facilités réelles pour ceux qui veulent pratiquer leur religion.
 

1.      2 - Des possibilités pour la construction d’édifices du culte[13]

 
Dans le champ d’application de la loi, les collectivités publiques ne peuvent pas subventionner directement la construction de nouveaux lieux de culte, quelle que soit la religion concernée. Des possibilités existent toutefois pour faciliter de telles réalisations.
 
Le bail de droit commun : rien n’empêche une municipalité de signer un bail avec une association ayant pour objectif (exclusif ou non) la pratique d’un culte. Pour éviter de se voir accuser de le subventionner, elle doit appliquer un loyer en relation avec les prix du marché et la qualité du lieu.
 
Le bail emphytéotique administratif (Code général des collectivités territoriales, art. L. 1311-2) repose sur la mise à disposition d’un terrain à une association cultuelle au moyen d’un bail emphytéotique administratif pour une longue durée (jusqu’à 99 ans) ;
 
Sur ce point, il faut noter que les associations cultuelles traditionnelles ont, dans les faits, bénéficié d’un loyer symbolique, ce qui est contesté parfois pour le culte musulman. Ainsi, suite à un recours devant le tribunal administratif, l’association « Mosquée de Marseille » s’est vue refuser l’attribution d’un terrain au prétexte que le loyer symbolique était une subvention déguisée. Un autre bail a été conclu pour le même terrain pour un loyer annuel de 24 000€ soit une évaluation 80 fois supérieure à l’évaluation initiale. Le Tribunal administratif de Marseille a reconnu la légalité de ce nouveau bail. Commentant cette décision, le Conseil d’Etat dans son rapport public 2004[14], Un siècle de laïcité, parle d’un prix modique et non plus symbolique.
 
Le montant de ce loyer dépend en dernier ressort de la municipalité. A l’issue du bail, soit il est reconduit, soit le terrain est rendu en l’état où il a été cédé, soit l’édifice est acquis au propriétaire du terrain. Le bail emphytéotique peut être attribué à toutes les associations cultuelles sans distinction.
 
La garantie d’emprunt prévue par les articles L. 2252-4 et L. 3231-5 du code général des collectivités territoriales est une troisième possibilité. Les communes et les départements peuvent garantir un emprunt contracté par une association cultuelle en vue de la construction d’un édifice du culte dans des agglomérations en voie de développement. L’Etat et les régions ne le peuvent pas.
 
De manière générale, « la construction et l’aménagement des lieux de culte ne sont soumis à aucune formalité ou autorisation autre que celles prévues d’une façon générale par le Code de l’urbanisme[15]». En ce sens, la question des minarets est une fausse question puisque le Code de l’urbanisme est la référence en la matière. On ne peut toutefois pas ignorer qu’il n’est pas indépendant des conceptions philosophiques, idéologiques et politiques qui organisent une société. Ainsi, la préparation d’un dossier par une association loi 1905 ne peut être seulement technique, mais doit bien prendre en compte toute la charge culturelle d’une telle construction. C’est en ce sens que l’on peut comprendre l’hostilité aux minarets de styles « anatoliens » dans la campagne alsacienne, même si le racisme ordinaire se cache parfois derrière le souhait de protéger une identité architecturale. Mais il faut aussi rappeler que Paris accueille au cœur du 5ème arrondissement la Grande Mosquée et son minaret depuis 1926.
 
Enfin, il est vrai que certains maires abusent de leurs pouvoirs en matière d’urbanisme (droit de préemption par exemple) pour ralentir, voire faire échouer, un projet d’édifice du culte musulman, en poursuivant des fins électoralistes. Dans ce cas, il est fondamental que les responsables associatifs, accompagnés des citoyens engagés dans la défense des droits de l’homme, se fassent entendre, y compris devant les tribunaux compétents.
 

1.      3 - Les avantages fiscaux pour les associations cultuelles

 
Dans la loi du 9 décembre 1905, le législateur, dans les articles 4 et 19, a défini les droits et devoirs des associations cultuelles qui succèdent aux établissements publics du culte. Elles bénéficient d’avantages fiscaux non négligeables qui furent pour certains accordés ultérieurement :
 
- La déductibilité de l’impôt sur le revenu des dons des personnes physiques ou morales affectés à une association cultuelle qui construit un édifice du culte (art. 4 de la loi du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat, modifié par l’article 138 de la loi du 12 mai 2009).
 
- L’exonération de la taxe foncière et de la taxe d’habitation pour les édifices du culte, qu’ils appartiennent à une personne publique ou à une association cultuelle.
 

1. 4 - Des dispositifs favorables pour l’entretien et la conservation des édifices du culte

 
La loi votée en 1905 laissait à la charge de l’affectataire tous les frais d’entretien et de conservation jusqu’en 1908, où une loi du 13 avril (Art. 5) toujours en vigueur dispose que « l’Etat, les départements, les communes et les établissements publics de coopération intercommunale pourront engager les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est reconnue par la présente loi ».
 
Il s’agit d’une simple faculté et non d’une obligation, mais cela revient au même dès lors que, en cas de défaut d’entretien, la responsabilité de la collectivité peut être engagée. La personne publique peut certes refuser de procéder à des travaux d’entretien, à ses risques. Dans ce cas, les fidèles peuvent apporter leur concours financier, avec l’accord de l’administration.
 
Lorsque l’édifice du culte appartient à une personne privée, il convient de distinguer deux situations :
 
- Le propriétaire n’est pas une association cultuelle : les chapelles de congrégation au premier chef, les chapelles de château etc. Il prend en charge l’entretien et la conservation de l’édifice.
 
- Le propriétaire est une association cultuelle : « une intervention publique est rendue possible par le dernier alinéa de la rédaction actuellement en vigueur de l'article 19 de la loi du 9 décembre 1905, qui prévoit que les associations cultuelles “ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'État, des départements et des communes”, mais dispose dans la phrase suivante que “ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées pour réparations aux édifices affectés au culte public, qu'ils soient ou non classés monuments historiques” ».  (Réponse de ministre de l’intérieur au député Ménard). Cette dernière précision vient d’une loi du 25 décembre 1942 qui n’a pas été remise en cause au sortir de la guerre. Emile Poulat commente cette disposition : « La loi votée en 1905 limitait l’exception aux “monuments classés” quel que soit leur titre de propriété. La loi de Vichy de 1942 généralise cette exception à l’ensemble des édifices affectés au culte toujours sans égard à leur titre de propriété, et même à leur date de construction » (Scruter la loi de 1905, p. 140).
 
Au total, comme le fait remarquer le Conseil d’Etat dans son rapport public de 2004, la différence entre les deux régimes (édifices, propriétés de la puissance publique, ou d’une association cultuelle) peut paraître ténue. Les textes sont clairs, mais le besoin se fait surtout sentir d’une enquête sur les pratiques relatives à l’entretien et à la conservation des édifices propriétés des associations cultuelles.
 
Le Conseil d’Etat circonscrit de façon précise le champ des travaux d’entretien et de conservation :
 
- Tout embellissement, tout agrandissement, tout achat de meuble sont interdits.
 
- Est admise la réfection partielle de l’immeuble voir sa reconstruction dés lors que son coût n’excède pas celui qui résulterait de la consolidation de l’édifice.
 
- Pour l’électricité et le chauffage, il convient de distinguer les frais initiaux d’installation qui peuvent être pris en charge par la commune au titre de la nécessaire conservation de l’édifice (humidité des murs, défaut d’éclairage, source d’accident, etc.) et les frais de fonctionnement (consommation d’électricité ou de fuel) qui incombent à l’occupant (association cultuelle, paroisse).
 
Lorsque la personne publique propriétaire d’édifices antérieurs à 1905 engage des dépenses à ce titre, les travaux sont entrepris sous son autorité et sa responsabilité ; il s’agit de travaux publics et le Code des marchés publics est applicable. Les travaux effectués dans des édifices postérieurs à 1905 et propriété d’une association cultuelle sont toujours effectués sous la responsabilité de la personne privée propriétaire.
 
 

2 - LA LOI DE 1905 : UNE LOI QUI CLARIFIE ET PROTEGE

 
On ne peut pas voir dans les dispositions de la loi de 1905 et dans les jurisprudences qui l’ont précisée une loi anti-religieuse, mais plutôt une loi de normalisation, de régularisation et de promotion de la liberté de culte. Ainsi, une municipalité peut, si elle le souhaite, aider à l’édification ou à l’instauration d’un édifice du culte. La loi de 1905 protège le droit de pratiquer son culte, quelle que soit la religion : on l’invoque pour refuser l’accès à une salle pouvant servir de lieu de culte, alors qu’elle garantit le contraire[16].
 
Loin de les interdire, la loi de 1905 permet donc la construction d’édifices du culte musulman. La difficulté réside dans le « laisser construire » et dans la mobilisation des moyens nécessaires. Pourtant, des projets sont régulièrement bloqués ou rejetés. Les raisons en sont multiples : méfiance, défiance ou ignorance des possibilités offertes par la loi de la part des autorités, mais aussi des associations qui proposent des projets mal « ficelés » et qui, face aux obstacles, ont tendance à renoncer à faire valoir leurs droits légitimes devant les juridictions compétentes. Les solutions aux problèmes constatés sur le terrain (qui peuvent engendrer de la frustration chez les musulmans, voire un réflexe de repli vers des structures n’offrant pas la même transparence du culte) ne sont donc pas à chercher dans la loi mais bien dans l’accompagnement de la démarche de projet auprès des autorités compétentes, des associations porteuses de projet mais aussi des citoyens.
 
La proposition consistant à modifier la loi de 1905, ou d’en suspendre l’application pendant quelques années, le temps d’un rattrapage, est donc une fausse bonne idée. Elle donnerait le sentiment que l’Etat rompt avec un siècle de laïcité et les musulmans seraient à nouveau la cible de critiques. La bonne connaissance du possible par les élus, par les associations et les pratiquants, ainsi que l’évaluation des pratiques sur l’ensemble du territoire sont à l’inverse les préalables pour que la laïcité, synonyme avant tout de liberté, puisse jouer en faveur de tous les cultes, et en particulier de l’Islam.
 
En fait les difficultés rencontrées par la construction de mosquées ne sont pas principalement d’ordre juridique, ni même financier. Elles se heurtent à deux types d’obstacles majeurs : d’une part, le problème peut devenir un enjeu des politiques locales, avec surenchère islamophobe comme cela a été le cas à Strasbourg où la municipalité de droite a fait campagne contre le projet porté par la précédente majorité de gauche et n’a eu de cesse, arrivée au pouvoir, de l’annuler. Dans d’autres cas, au contraire, on a pu observer le développement autour de projets de ce type d’un véritable clientélisme électoral avec pour enjeu un prétendu « vote musulman » et une volonté de mise sous tutelle de l’islam local.
 
La seconde difficulté réside souvent dans l’absence de formation juridique et administrative des associations cultuelles musulmanes, pour monter des dossiers et suivre des négociations longues et complexes. En outre, il n’y a en général aucune raison pour que localement des musulmans de diverses origines nationales et géographiques, voire de diverses sensibilités musulmanes, se regroupent pour faire des projets ensemble : l’islam n’a pas la cohésion hiérarchique du catholicisme et ressemble de ce point de vue beaucoup plus à l’éclatement des communautés et cultes protestants.
 
De ce point de vue, plutôt qu’une modification de la loi, procédure lourde qui risquerait de remettre en cause l’équilibre qu’elle a su instaurer, et qu’aucun acteur majeur ne réclame, il vaudrait mieux se concentrer sur trois points :
 
- Rappeler aux élus et en général aux responsables de l’autorité publique le sens de la loi de 1905 et de la laïcité. En particulier rappeler que la laïcité concerne au premier chef les institutions et ne dit rien des individus privés. En revanche, elle garantit le libre exercice des cultes comme une liberté fondamentale, ce qui implique une visibilité publique des cultes (même si ceux-ci sont tenus à distance de toute ingérence dans le droit public). Cela vaut aussi pour le culte musulman. Il est donc illégal d’entraver l’exercice du culte musulman.
 
- Expliquer la réalité des faits concernant l’islam de France et s’opposer aux tentatives de stigmatisation de l’islam, d’où qu’elles viennent. Il y a là une responsabilité politique majeure des dirigeants politiques de ce pays, et il ne semble pas qu’ils l’aient généralement comprise, préférant tenir des discours de stigmatisation et de division qui peuvent être lourds de conséquences.
 
- Aider les musulmans qui le souhaitent à s’orienter dans le maquis technique des dispositifs législatifs concernant l’exercice du culte, et d’une manière générale, favoriser l’exercice libre du culte musulman en recourant à des dispositifs analogues aux « accommodements raisonnables » des québécois comme certaines villes ont déjà commencé de le faire[17].
 
 

CONCLUSION

 
Loin du tableau catastrophiste souvent dressé, l’Islam, dans notre pays constitue une part légitime de la France contemporaine. La construction dans de bonnes conditions d’édifices du culte est la preuve de l’intégration normale du culte musulman dans notre pays.
 
Loin de « l’islam des caves » des années 1970 ou de « l’islam salafiste des cités » (un courant marginal qui appelle des réponses que la loi de 1905 ne peut pas fournir,  mais qui, instrumentalisé dans un discours fantasmagorique, est devenu un épouvantail anti-mosquées), le culte musulman devrait pouvoir se banaliser et offrir de plus en plus de structures de bonne qualité à ses pratiquants. Les enjeux autour des édifices du culte musulman aujourd’hui sont au nombre de trois : un enjeu philosophique, un enjeu géographique et un enjeu de représentativité institutionnelle et politique.
 
L’enjeu philosophique est aujourd’hui d’intégrer au mieux les édifices du culte à la vie de la cité dans la laïcité à la française. Pour cela, il faut d’abord considérer l’islam comme français, légitime et pratiqué dans le cadre de notre culture politique, qui passe par l’acceptation, la diffusion et le respect de la loi de 1905 par tous (institutions représentatives du culte, associations cultuelles usagères des édifices, collectivités territoriales, Etat et citoyens en général). A l’origine inconnu du champ de la loi, le culte musulman ne peut pas être discriminé à cause de son développement relativement récent[18] : au même titre que les autres cultes, il doit se plier aux mêmes devoirs en bénéficiant des mêmes droits, l’argument du rattrapage ne suffisant pas pour écarter un siècle d’histoire.
 
La question des édifices du culte est trop limitée à une réflexion sur la surface utile (par un ratio nombres de musulmans / m2) et à une comparaison stérile avec le nombre d’édifices catholiques. Cette méthode ignore trois variables majeures : le nombre réel de pratiquants fréquentant les mosquées et salles de prières, la ventilation géographique des pratiquants, et enfin le rapide, inexorable et réel mouvement de sécularisation des Français de confession musulmane. Aujourd’hui on estime que la masse des musulmans se divise en trois tiers : un tiers de pratiquants (vieillissant), un tiers de pratiquants occasionnels et un tiers de personnes se réclamant d’une attache culturelle[19]. Ensuite, les musulmans de demain seront encore plus mobiles selon les besoins professionnels et les parcours de vie, se dispersant sur le territoire. Enfin, la sécularisation des musulmans en France est déjà une réalité et s’accentuera dans un contexte de société laïque et post-moderne (même si de sensibles remontées de la pratique peuvent être ponctuellement constatées) : les mosquées seront sans aucun doute bien moins fréquentées à moyen terme, posant la question de l’entretien par les fidèles et de son coût.
 
L’enjeu politique se décline sur au moins deux plans. Tout d’abord, les édifices du culte sont l’unité de base du calcul de la représentativité électorale dans les élections du CFCM. Si la représentativité est faussée par des interventions discrétionnaires décidées par l’autorité politique de tutelle[20], il n’en reste pas moins que ces espaces sont les clefs du vote. Il est donc absolument nécessaire que s’exerce une vraie transparence sur ces lieux qui doivent correspondre au seul besoin local d’une communauté d’usagers (et dont la taille doit être adaptée), et non au désir de l’Etat de modeler à sa guise une représentation idéale qui serve sa vision politique. Deuxième enjeu politique, l’influence des pays étrangers sur leurs « communautés » résidentes, et les luttes que peuvent se livrer entre eux ces pays. A terme, c’est surement le mode de désignation du CFCM que les musulmans devront réformer pour arriver à un mode de scrutin par liste respectant la proportionnalité réelle, l’Etat se contentant de faire souscrire les candidats au préambule des statuts du CFCM[21]. C’est par cette exigence de transparence et d’indépendance vis-à-vis d’intérêts qui n’ont que peu à voir avec la pratique spirituelle que les croyants, généralement usagers des salles de proximité et des petites mosquées, et qui ont boudé les derniers scrutins, retrouveront l’envie de s’investir dans la vie institutionnelle du culte musulman français.
 
Dans une réflexion générale sur la laïcité, il convient également d’affirmer, avec Jean Boussinesq[22], que le concept de laïcité recouvre en France trois principes différents : des philosophies laïques (souvent opposées) ; une mentalité laïque qui est ce que la société croit savoir de la laïcité, et pour terminer les lois laïques et leurs jurisprudences qui fondent le droit français en la matière. C’est à la lumière de ces dernières que les rapports entre les religions et la République doivent s’épanouir. La laïcité française pourrait se définir comme une neutralité institutionnelle ou encore, comme l’appelle Paul Ricœur, « un agnosticisme institutionnel » : l’Etat ne pense pas la religion, il n’est ni religieux, ni athée ; il ne les nie pas, il ne les ignore pas.
 
En assurant la liberté de conscience, la garantie du libre exercice des cultes et un immense champ de possibilités pour la pratique du culte dans les édifices appropriés, la loi de 1905 se révèle encore d’une modernité absolue. L’intelligence de sa rédaction, l’esprit qui la traverse et la pertinence de son existence lui permettent d’intégrer de nouveaux cultes, de respecter les sensibilités culturelles et d’intégrer la diversité au cœur de la République. Pilier de la démocratie, elle doit être défendue contre les tentations extrémistes qui veulent l’instrumentaliser. Pour cela, il faut la comprendre, l’expliquer, la faire respecter afin qu’elle reste le legs majeur du combat pour nos libertés et une garantie de la paix civile.
 
 
 


[1] En France, on considère que les musulmans représentent une population allant de 5 à 6 millions de personnes selon le ministère de l’Intérieur, à environ 4 millions de personnes selon le Haut Conseil à l’Intégration dans son rapport  L’Islam dans la République (2000). L’étude « Trajectoires et Origines » réalisée par l'Institut national des études démographiques (INED) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en 2008-2009, fondée sur l’autodéclaration des enquêtés estime pour sa part le nombre de musulmans en France à 2,1 millions.
[2] Ce second pilier est précédé par la profession de foi et suivi par le jeûne du Ramadan, puis par l’aumône et le pèlerinage.
[3] Cette suggestion n’est pas neuve. Elle figurait déjà dans un rapport de 1980, où « le député Philippe Marchand prônait le financement public des mosquées au nom d’un rattrapage par rapport aux autres cultes. » in Bernard Godard et Sylvie Taussig, Les musulmans en France, Robert Laffont 2007, repris dans la coll. Pluriel, 2008, p. 110.
[4] On notera qu’il vaut mieux parler d’édifices du culte puisque la tradition islamique prévoit que, comme chez les chrétiens, l’on puisse officier en plein air en certaines occasions (c’est le musalla).
[5]Pour 2005, ce sont 1 221 mosquées et salles de prière et 5 232 délégués qui prirent part au vote, et 1 039 lieux de culte en 2008.
[6]Jean-Claude Herrgott, La construction des lieux de culte musulman, mai 2004, Conseil Régional du culte musulman d’Alsace. Page 7. http://www.islamlaicite.org/IMG/pdf/LDH_seminaire_nov_04_version_II.pdf
[7] Op. cit.
[8] La typologie officielle de ces édifices est celle proposée par les règlements électoraux déposés en annexe des statuts du CFCM et des CRCM. Ainsi, une salle de prière correspond à un lieu doté d’une surface utile de moins de 100 m2, les salles de prières et mosquées de 101 à 800 m2, une grande Mosquée de plus de 800 m2. Voir l’enquête du Journal Libération du 22 décembre 2010 (p.2) : « Une étude sur la superficie cultuelle musulmane rapporte que 300 000 mètres carrés sont actuellement disponibles dans l’Hexagone. Il en faudrait le double, selon le CFCM. Aujourd’hui, 150 projets seraient en cours de construction sur tout le territoire, ce qui constitue un « rattrapage indéniable » pour Moussaoui » (Mohammed Moussaoui est le président du CFCM).
[9]Dans ce chapitre ne seront pas abordés le statut des édifices du culte d’Alsace Moselle sous régime concordataire, celui de la Guyane française régi par l'ordonnance royale du 27 août 1828, et ceux des territoires d’outre mer suivants : Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Mayotte et Comores, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna dans lesquels s'appliquent les dispositions des « décrets Mandel » de 1939.
[10] Culte catholique, luthérien, réformé (Calvin), israélite. L’islam est alors exclu de cette réflexion.
[11] Il convient de souligner que la phrase « L’Etat ne reconnaît aucun culte » (Art. 1 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat) signifie que l’on passe d’un régime de culte reconnu à un régime de culte non reconnu, cela ne signifie pas que la République ignore les cultes.
[12] La réponse de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, à une question écrite du député Christian Ménard (Finistère) rappelle le cadre juridique dans lequel l’Etat peut intervenir pour la construction et l’entretien des édifices du culte : www.assemblee-nationale.fr/13ème législature 31 octobre 2007, Question n°4627 
[13]L’Alsace et la Lorraine, concordataires, sont exclues de ce régime, ce qui a rendu possible le financement de la Grande Mosquée de Strasbourg par le Conseil régional (8%), le Conseil général (8%) et la municipalité (10%).
[14] http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/044000121/index.shtml
[15] Note écrite du 14 février 2005, ministère de l’Intérieur.
[16] Par une décision n° 304053 du 30 mars 2007, rendue en urgence, le Conseil d’État statue sur le refus de location d’une salle municipale à une association cultuelle et souligne que «Le refus opposé à une association cultuelle de lui accorder la location d’une salle municipale […] porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion, qui est une liberté fondamentale, dès lors que la commune ne fait état d’aucune menace à l’ordre public, mais seulement de considérations générales relatives au caractère sectaire de l’association». La décision précise que «la crainte, purement éventuelle, que les salles municipales soient l’objet de sollicitations répétées pour des manifestations à but religieux ne saurait davantage justifier légalement le refus de la ville». Il n’y a que dans le cas de la cession gracieuse d’un espace qu’une municipalité peut veiller à ce que les critères de mixité, de non-segmentation sociale et de respect des conditions de libre accès à tous soient respectés. Cette attribution gracieuse est soumise aux règles du code de l’hygiène et ne doit pas donner lieu à des troubles de l’ordre public. Si elle devient habituelle ou récurrente, elle peut alors passer pour une subvention déguisée. Citée par Dounia Bouzar dans : Laïcité, mode d’emploi. Cadre légal et solutions pratiques : 42 études de cas, Librairie Eyrolles. 2010.
[17] Dans la commune de Tourcoing, « le maire défend une conception moderne de la laïcité », Le Monde du 25 mars 2011.
[18] Les mosquées sont loin d’être les édifices du culte les plus en croissance. En effet, ce sont les temples protestants - évangéliques qui se développent le plus : en 30 ans ce sont 1 000 lieux qui ont été ouverts.
[19] Selon La Croix du 17 janvier 2008, 39% des musulmans interrogés déclarent prier cinq fois par jour, la fréquentation des mosquées s’établissant à 23%.
[20] Dont la désignation d’un certain nombre de délégués supplémentaires à la seule mosquée de Paris et la nomination de membres du CA du CFCM en dehors du scrutin. Cette intervention du politique dans le religieux constitue une grave entorse au principe de séparation de l’Etat et des cultes.
[21] Il s’appuie sur les Principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France par lequel les groupements et associations de musulmans confirment solennellement leur attachement aux principes fondamentaux de la République française et notamment les articles 10 et 11 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, l'article 1er de la Constitution et les dispositions de la loi du 9 décembre 1905. Ils adhèrent également au principe rappelé par le préambule de la Constitution et défini par l'article 1er de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Cf. Le journal de la Consultation des musulmans de France, n°1, édité par le ministère de l'Intérieur, mars 2000.
[22] Jean Boussinesq, La laïcité française, éditions du Seuil, avril 1994.

 

Commentaires
Par Anonyme pauletienne Le 01/12/2011
-247

Vos propos sont riches de sens mais complètement en dehors de la réalité, comme beaucoup de messages évangéliques d'ailleurs. Rare sont les pays où cohabitent de manière harmonieuse des groupes ethniquement et culturellement différents (et j'incorpore la religion dans la culture). Kosovo, Bosnie, Soudan, Nigéria, Inde, Tchétchénie, Egypte, etc..., je m'arrête là car la liste est encore longue. Bref il n'y a qu'en France où, au nom ou grâce à la république, cette harmonie entre communautés serait possible. C'est de la folie, totalement utopique. Mais il est vrai que le contenu du discours dépend complètement de la position de celui qui le tient.

Par Mar Aurèle Le 09/10/2011
0

Fondamentalement athée, je crois en la supériorité de l’être humain qui, debout, scrute l'avenir les yeux grands ouverts ; s'affranchissant ainsi des œillères cognitives que sont les croyances religieuses.

Bonjour.

Un certain nombre d'entre vous trouvez cela probablement choquant, et c'est finalement votre droit tellement cette affirmation péremptoire est finalement subjective. Les codes de savoir vivre en société veulent que nous ne commencions pas par nous présenter à des inconnus en ces termes. Il ne viendrait à l'idée de personne de commencer une réunion de travail, un voyage en train ou en métro, une attente dans un file de bureau de poste.. , par ces considérations subjectives.

Mais finalement la femme voilée fait elle autre chose que de clamer à des inconnus, qui ne lui ont rien demandé, ses convictions les plus intimes ? Se comporte t'elle différemment de cet athée virtuel qui , en l'absence de tenue vestimentaire ostentatoire, clamerait ses convictions avant même de dire bonjour ?

Alors.. a vous les apôtres de la distinction communautaire (car l'appartenance ou non à une religion en est une), comment proposez vous de faire cohabiter des citoyens dont finalement les pensées intimes sont si radicalement opposées ?

Par mangezdudauphin Le 04/09/2011
-105

Vous commencez par écrire au début de votre article : "la laïcité républicaine [doit permettre] l'épanouissement de l'islam de France". Je me permet de vous rappeler que la laïcité n'a pas été créée pour l'"épanouissement" des religions, qu'elles soient musulmane ou catholique. Mais simplement pour organiser une coexistance pacifique entre laïcs et croyants, et surtout on le voit de nouveau aujourd'hui, entre croyants entre eux. Que les musulmans soient l'objet sous Sarkozy d'une stigmatisation parfaitement malhonnête et dégradante pour notre république, c'est un fait. Maintenant que cette provocation ne nous fasse pas tomber dans l'excès inverse, conduisant à se réjouir que de plus en plus de jeunes dans notre pays choisissent la religion (quelle qu'elle soit, il se trouve que c'est surtout l'islam) plutot que les lumières. N'oublions pas que l'islam et le catholicisme sont des universalismes : ce sont des monothéismes dogmatiques, textuellement (bibliquement ou coraniquement) PROSELYTES. En gros, si vous n'êtes pas comme eux, cela leur déplait, et cela leur déplaira TOUJOURS ; ils peuvent y mettre les formes aujourd'hui par souci du vivre ensemble et politesse, mais sur la durée, cela ne change rien, tout le monde le sait. Pour ma part, je considère que l'on a mis plusieurs siècles pour domestiquer le catholicisme sur notre territoire, ce n'est pas, aujourd'hui, pour recommencer avec l'islam. Pour la place de la femme, la reconnaissance de l'homosexualité, notamment, qui sont je le crois des thèmes chers à Terra Nova, nous ne pouvous souhaiter l'épanouissement des religions monothéistes, donc dogmatiques, sur notre sol. VOUS êtes tolérants, EUX (mulsulmans et catholiques) ne le sont pas, car, comme me le disait un catholique pratiquant : est-ce que Dieu était tolérant avec la femme adultère et l'homosexuel ? Il avait parfaitement raison, les choses sont parfaitement claires. Pas d'angélisme donc pour l'épanouissement des lieux de cultes en France, ce n'est pas, croyez-moi, un signe de bonne santé pour notre démocratie.

Par Anonyme Le 14/05/2011
64

Pourquoi surtout proposer aux autres de dévaloriser d'emblée votre idée? je trouve que celle du partage des églises existantes entre toutes les religions qui demandent un lieux est une très bonne idée, laïque , libérale, égalitaire et fraternelle...

Par stark Le 29/04/2011
28

Je me demande si le PS défendrait avec tant de véhémence le droit de culte pour les catholiques ?... Et pouquoi ce parti ne parle-t-il pas non plus des chrétiens persécutés à travers le monde ?... Je pense notamment à ceux réduits en esclavage en Afrique et dont on fait bien peu mention dans les médias. Les Droits de l'Homme doivent se défendre pour tous et il ne devrait pas y avoir deux poids deux mesures à ce sujet.

Par chner Le 19/04/2011
-68

- au Kosovo enfin, nous avons vu que des frappes aériennes permettent certes de régler le problème militaire stricto sensu, mais qu’il faut ensuite un engagement lourd, coûteux et long pour soutenir un Etat dépendant dont les ambitions démocratiques et socio-économiques sont loin d’être matérialisées.

Ces expériences – notamment celle du Kosovo – ne doivent évidemment pas justifier par principe l’inaction face à la barbarie. Mais nous devons en tirer les leçons nécessaires pour être efficaces. Les premières semaines de l’opération libyenne montrent que si notre instrument militaire peut être (relativement) efficace, il ne peut être pleinement opérationnel que dans le cadre d’une stratégie politique claire et pertinente. C’est sur ce point que nous avons aujourd’hui des doutes, dans le silence assourdissant du pouvoir pour expliquer aux Français ce qui se passe et ce que nous voulons obtenir en Libye.

Par MAX Claire Le 16/04/2011
-66

Je vais peut-être proposer des solutions idiotes, mais au point où en est le conflit,
faire simple, et simplet a peut-être des avantages...
-1- Je comprends que certains lieux de culte soient trop exigus pour l'ensemble des fidèles, pourquoi les prières du Vendredi ne peuvent pas se dérouler en plusieurs "séances", plutôt que de prier dans la rue? C'est le Coran qui l'interdit?
-2- L'Eglise Catholique dispose d'un patrimoine bâti désormais inversement proportionnel au nombre de ses fidèles, elle rencontre des difficultés financières qui l'amène à vendre à des promoteurs des bâtiments pour en faire des hôtels, des restaurants ou des logements de luxe.
Je trouve cela dommage, mais c'est la vie telle qu'elle va. Pourquoi ne louerait-elle pas
des chapelles ou d'autres bâtiments qu'elle n'utilise plus , aux musulmans, ou à d'autres religions? En tant que contribuable qui participe à l'entretien de tous ces bâtiments,
je ne trouverai pas choquant qu'ils soient utiles, sans remettre en cause la Loi de 1905,
ni provoquer une St Barthélémy que certains appellent de leur vœux...

Par Trembler Le 10/04/2011
-83

Bien qu’elle soit ouverte depuis plusieurs semaines, la mosquée de Tremblay, Seine-Saint-Denis, a été inaugurée le 28 mars 2011. Certains discutent de la place de l’islam en France, à Tremblay il n’y a pas de doute, il suffit de regarder l’édifice pour comprendre que l’Islam a toute sa place dans cette ville de 35.000 habitants. Cette nouvelle mosquée révèle une nouvelle fois de la fin de l’islam des caves, les musulmans de France réussissent peu à peu et bien sans mal à pratiquer leur culte librement et comme il se doit.

Pas de minaret, mais un dôme qui caractérise bien ce lieu de culte musulman. La mosquée de Tremblay c’est : 10 ans de patience, un bâtiment de 3 millions d’euros totalement financés par les pratiquants, 5 ans de construction et une surface de 1000 m² pour accueillir jusqu’à 2000 fidèles.

Union des Musulmans de Tremblay en France continue sa politique d’ouverture, elle a accueillit lors de cette journée de nombreuses personnalités, Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis Christian LAMBERT, le député maire de Tremblay-en-France Monsieur François ASENSI, le maire de Villepinte, Madame Nelly ROLAND.

France 3 île de France a couvert cet événement sous un angle bien rare dans les médias et qu’on aimerait voir plus souvent.

Par Vaillan Le 10/04/2011
19

Ancien ministre de l’Intérieur et des Cultes dans le gouvernement Jospin, le socialiste Daniel Vaillant est aujourd’hui député et maire du XVIIIe arrondissement de Paris. Voilà plus de dix ans qu’il est directement confronté au phénomène des « prières de rue » de musulmans. Pour cet ardent défenseur de la loi de 1905 qui régit les rapports entre l’Etat et les religions, l’islam en France manque de locaux. Des solutions doivent être trouvées, dit-il, avec pragmatisme mais sans transiger sur la laïcité.
France-Soir. Porte-parole du PS, Benoît Hamon vient de qualifier la situation dans le XVIIIe, votre arrondissement, d’« inacceptable »…
Daniel Vaillant. Benoît Hamon aurait mieux fait de m’appeler ! Je ne sais pas où il est élu, mais visiblement il fait du hors-sol !… Il ne sait pas de quoi il parle. Il y a malheureusement au PS beaucoup de gens qui ne connaissent rien à la laïcité.

F.-S. Que lui reprochez-vous exactement ?
D. V. De donner raison à Marine Le Pen (elle avait comparé ces prières à l’occupation allemande, NDLR) en laissant entendre qu’elle pose une vraie question. Comme si nous ne nous l’étions pas déjà posée, et depuis longtemps !… Simplement, moi, en élu de terrain, je suis un pragmatique. En attendant que l’on trouve des solutions, je préfère permettre aux musulmans de prier dans la rue plutôt que d’envoyer la police et de provoquer la castagne !

F.-S. Certains disent que si les gens prient dans la rue, ce n’est pas faute de mosquées, c’est par provocation. D’ailleurs une partie de ceux qui prient chez vous n’habiteraient pas le XVIIIe…
D. V. La plupart des fidèles viennent du XVIIIe, parfois du XIXe (où une mosquée rue de Tanger, qui regroupait 2.000 fidèles, a été détruite). Il y a aussi sûrement des gens de banlieue qui viennent faire leurs courses dans le XVIIIe et qui en profitent pour prier, parce qu’ils aiment le quartier ou l’imam. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il y a plus de place en banlieue. Des solutions doivent être trouvées là-bas également.

F.-S. Vous avez dit que vous préférez que les musulmans prient à ciel ouvert plutôt que dans des caves car, dehors, on sait au moins ce qui se dit. Craignez-vous des dérives intégristes ?
D. V. Rue Polonceau, non. Ce sont des frères africains plutôt modérés qui tiennent la mosquée.
Rue Myrha, le recteur est un homme à poigne, et c’est plus compliqué. En tout cas, c’est mieux que du temps, il y a dix ans, quand il y avait l’islam des caves et les babouches, qui attendaient en haut sur le trottoir.

F.-S. Le PS semble aujourd’hui partagé entre les ultra-laïcs et les partisans d’un multiculturalisme à l’anglo-saxonne, prêts à quelques entorses à la loi de 1905. Où vous situez-vous ?
D. V. Je me définis comme un athée laïc. Je suis un défenseur farouche de la loi de 1905 : en séparant la religion et l’Etat, elle garantit dans le même temps la liberté religieuse de tous. Je me méfie aussi bien de ceux qui « bouffent du curé » tous les matins que de la tendance « tout le monde, il est gentil ». Je préfère le juste milieu.
« En 2012 s’ouvrira chez moi un Institut des Cultures musulmanes »
F.-S. Pour vous, pas question donc de toiletter la loi de 1905 ?
D. V. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore ! Cette loi n’empêche pas les initiatives communes entre l’Etat et les religions. Les bases du Conseil français du culte musulman (CFCM), c’est moi, et pas Sarkozy, même s’il ne cesse d’en revendiquer la paternité !

F.-S. En attendant, vous proposez quoi pour les prières dans la rue à la Goutte-d’Or ?
D. V. On avance. Après de longues négociations, nous bâtissons un grand complexe qui verra le jour en 2012 et qui permettra aux musulmans croyants de prier. C’est bien la preuve que les mairies peuvent donner un coup de pouce sans trahir la loi de 1905. Nous participons à hauteur de 22 millions à la construction de cet Institut des cultures musulmanes. La partie culturelle de l’établissement (association loi 1901) revendra ensuite certains locaux à la partie « cultuelle », laquelle sera financée par des mécènes musulmans, à hauteur de 7 millions d’euros. Comme ça, ce sera chacun chez soi, dans le respect de la laïcité.

Par Triche Le 10/04/2011
-62

Obligés de tricher pour bâtir des mosquées

Alors qu'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) vient d'ouvrir une nouvelle salle de prière et que plusieurs communes d'Ile-de-France cherchent à faire de même, 20 Minutes se penche sur les « méthodes » utilisées. Dans la plupart des cas, le sujet est tabou. A Epinay, début avril, le maire Hervé Chevreau (MoDem) a inauguré un centre de 1 400 places, financé par ses soins pour 2 millions d'euros. Officiellement, il s'agit d'une salle polyvalente mise à disposition d'une association. La loi de 1905 sur la laïcité est donc respectée. En réalité, la structure sert de mosquée. « Oui, c'est une subvention déguisée, admet volontiers Hamid Bou shaki, président de l'association IMS (Intégration musulmane spinassienne). Mais on le fait déjà pour les synagogues. Pourquoi y aurait-il deux poids, deux mesures ? »

Autre exemple, dans le 18e. Après sept ans de réflexion, la mairie veut rendre des associations musulmanes propriétaires de leur mosquée. La Ville va donc investir 22 millions d'euros pour construire deux bâtiments, dont l'un comprendra deux salles de prière de 1 000 places chacune. Une fois la construction achevée, en 2013, la municipalité vendra les bâtiments aux associations, pour 6 millions d'euros. Ainsi, « Paris ne construit pas une mosquée mais un institut culturel sur l'islam, décrypte Daniel Vaillant, maire (PS) du 18e. Si l'association veut en faire une mosquée, pas de problème ! »

Seule énigme : comment ces associations peuvent-elles réunir une telle somme et d'où viendrait cet argent ? A Saint-Denis, Bobigny (Seine-Saint-Denis) ou rue de Tanger (19e), faute de subsides, les projets de mosquée sont au point mort. Dans le 18e, Daniel Vaillant promet que « la pompe est amorcée ». Mais en face, on avoue qu'aucun euro n'est encore collecté. « Ne parlons pas des choses qui fâchent, plaisante Oumar Niambaté, porte-parole de la mosquée Al Fath (18e). L'islam n'admet pas le crédit, mais Allah apporte toujours des solutions. Nous y arriverons grâce aux dons des fidèles et des Etats musulmans qui nous soutiennent. » Si l'astuce juridique du 18e a ses limites, elle permettra sans doute d'éviter la mésaventure montreuilloise. Saisie par l'extrême droite, la justice avait annulé, en 2007, un bail à un euro symbolique cédé par la mairie de Montreuil (93) à une association pour une mosquée considéré comme contraire à la loi de 1905. L'affaire est actuellement portée devant le Conseil d'Etat. En attendant, « les musulmans pratiquent l'islam des caves et des pieds d'immeuble. C'est inacceptable », déplore la mairie

Par Zuni Dove Le 08/04/2011
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La seule lueur d'espoir de paix sociale dans ce qui se dessine à grand pas comme une St Barthélemy du XXIe siècle, c'est le renforcement du concept laïc de séparation sans le moindre denier public, en un temps maintenant distant des premiers débats du XIXe siècle, un temps où les esprits plus éclairés peuvent enfin imaginer une Loi 1905 qui s'assume et prends son envol, sans les éléments ambigus de l'Art. 2.

Les associations, qu'elles soient culturelles, sportives ou cultuelles, doivent sortir de la spirale des subventions qui dévoient leur originelle vertu, et les transforment par inertie en véritables entreprises, avec salariés et placements financiers. Pour cela, une seule voix, ferme, responsable, celle d'une politique éclairée, impartiale, qui va contribuer à la nécessaire responsabilisation des individus citoyens, en les incitant à l'auto-financement, au travail collectif désintéressé, au vivre ensemble dans la vertu des buts, et non des moyens.

Ainsi nous devons nous éloigner du discours de ceux qui creusent les failles de tout texte pour en appauvrir le sens profond, de ces bien-penseurs de la jurisprudence française qui en arrivent à affirmer qu'en niant toute existence de l'Esprit des Lois, l'on peut tout faire, tout légaliser, tout avaliser.

Si nos ancêtres parmi les sages nous disent encore aujourd'hui qu'il faut toujours réserver le religieux à la sphère privé, écoutons les ! Si d'autres, s'habillant des mêmes attributs que ces figures de notre histoire philosophique, nous disent le contraire, écoutons, doutons et questionnons, mais de grâce, ne revenons pas en arrière, car si nous ne savons pas encore à quel point une ferme interdiction des deniers publics dans les affaires cultuelles va pouvoir libérer les énergies individuelles, nous savons par contre très bien le mal que peut faire l'interventionnisme public à toutes échelles sur notre ambition républicaine d'unité nationale basée sur nos valeurs universelles.

Les solutions pour les locaux et facilités matérielles n'ont pas à passer par quelque pirouette juridique ou administrative que ce soit. En France, les églises sont à tord encore considérés par le politique comme des lieux de cultes et non des bâtiments du patrimoine français ; elles doivent être louées. Partout dans le monde, des associations cultuelles utilisant des bâtiments publics paient un loyer à la hauteur de l'entretien des lieux ; les fidèles donnent généreusement entre 5 et 10 % de leurs revenus à leur églises, sans se plaindre d'un abandon de l'État-providence, sans demander à ceux qui ne partagent pas leurs activités de financer pour eux. Pourtant, qu'y a t il de plus normal que cette contribution ? Baptistes, catholiques, musulmans, juifs, ou bouddhistes, tous doivent assumer leur foi dans l'esprit, la lettre, et le lieu !

C'est à n'en point douter la seule issue consensuelle de ce débat, et le seul axe de paix sociale dans les temps à venir, qui ne s'annoncent pas très en faveur du confort financier auquel se projettent nombre de nos concitoyens...

Par Islam en France Le 06/04/2011
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Des pays européens, comme la France, régressent sur le plan démocratique. L’extrême droite déborde et les surenchères populistes sur le terrain de la xénophobie suscitent le racisme antimusulman. Le droit à la différence est nié sous couvert de défense de la laïcité instrumentalisée, devenue une idéologie sectaire: le laïcisme.

Alors que les autres cultes sont plutôt indépendants, autre reflet de la politique du deux poids, deux mesures, un discours tendancieux, néocolonial, depuis des années s’ingère et prétend concocter un «Islam de France». Soyons clairs: c’est une hérésie, un contresens et un enfermement. L’Islam est un. Il n’y a qu’un seul Islam, universel, valable en tout temps et tous lieux. Ce sont les rapports humains à la référence fondatrice qui sont multiples et évolutifs.
Sous prétexte de laïcisation et de modernisation, les ingérences indécentes et délibérées se font pressantes dans les affaires internes et sacrées du culte musulman. Pourtant, le respect de l’égalité des individus et la protection de la liberté de culte sont parmi les finalités de la laïcité. La tentation de faire du laïcisme l’équivalent séculier de la religion et une arme contre les musulmans est une absurdité choquante.
Cela est illustré avec la loi d’interdiction du port du voile à l’école et des procès récurrents contre la religion musulmane. Cette version de la laïcité n’adopte pas une position de neutralité et de respect de toutes les convictions. Elle discrimine sciemment la communauté musulmane. La Laïcité transformée en laïcisme devient un paravent pour banaliser l’agressivité d’un régime contre les musulmans.
Depuis longtemps, je tente de sonner l’alerte. Ma rencontre avec le pape Benoît XVI en 2006, s’inscrivait dans cet horizon. Il y a une année, dans un de mes articles, je posais la question: en Europe «Les années 1930 sont-elles devant nous?». Depuis, la menace se fait probante. Il n’y a encore ni pogroms, ni rafles, ni camp d’internement, mais l’emballement est plus que grave. Les prétendus débats sur l’Islam, subterfuges politiciens ignobles et électoralistes, qui agitent le chiffon rouge de «l’islamisation rampante» mèneront à des lendemains sombres.
Rappelons-nous les drames à la fin du XXe siècle à Srebrenica et à Sarajevo, au coeur de l’Europe. Des courants politiques, comme en France, nourris par le néocolonialisme, le sionisme, sur le terrain de l’extrême-droite, tentent de construire de manière odieuse leur base électorale contre le musulman. Tous les hommes de bonne volonté, avec la plus grande fermeté, doivent s’opposer à cette dérive monstrueuse qui érige l’islamophobie en politique officielle et suscite des fractures dangereuses.

* Discours délirants

La question de la diversité religieuse et culturelle est un défi pour les sociétés contemporaines. La manipulation en cours en Europe, notamment en France, du thème de l’Islam au sujet de la prétendue incompatibilité du troisième rameau monothéiste avec le système de valeurs modernes est un mensonge et une faute, pour faire diversion.
Pour masquer des échecs politiques, économiques, culturels, il est devenu banal de se déclarer islamophobe, porté par la propagande du bouc émissaire. C’est un prolongement de l’antisémitisme. Cette posture abjecte, nourrie par les préjugés et la désinformation, dérive vers le rejet de l’Islam, du droit à la différence et des principes démocratiques. La question de la laïcité ne concerne pas que les citoyens de confession musulmane ou les immigrés, mais toute la société, car elle a trait à l’équité et à l’égalité dans la Cité. Les musulmans sont discriminés, demain ce sera le tour d’autres catégories sociales.
Des phénomènes marginaux sont amplifiés pour servir de prétexte à l’amalgame et dicter une conception sectaire et raciste du monde, qui contredit les convictions d’une partie des citoyens. Les xénophobes et courants dogmatiques du laïcisme, opposés aux musulmans, considèrent, sans preuve, que la laïcité «ouverte» contredit leur version. Ils éludent le fait que la laïcité n’est point monolithique, ses principes peuvent entrer en conflit, tels comment concilier la neutralité des institutions et le respect de la liberté religieuse?
D’autant qu’il y a des régimes laïcs pluriels, qui se conjuguent sous des formes différentes. Une laïcité rigide et dogmatique, restreint le droit à la liberté de conscience et de culte et vise l’inadmissible ingérence. Une laïcité ouverte et positive permet le respect de la liberté de religion et favorise celui de la diversité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. L’exigence de neutralité, que préconisent les principes de la laïcité, s’adresse aux institutions et non pas aux individus.
Dans le contexte de la crise économique, du laïcisme, de la montée de la xénophobie et du sionisme, alors que la laïcité garantit l’égalité en droit des options spirituelles, est contesté le droit pour les musulmans de vivre ouvertement et collectivement leur foi, sans porter atteinte à l’ordre public.
L’instrumentalisation grossière de la laïcité, la remise en cause de la diversité confessionnelle et la stigmatisation d’une communauté harcelée, rappellent la peste brune. Politiquement et moralement, c’est criminel.
Nous assistons à une remise en cause de la démocratie et de la vraie laïcité, pour une laïcité ségrégationniste qui ne vise pas seulement à séparer le religieux et le politique et à maintenir la foi dans la sphère privée, mais à tenter de domestiquer et marginaliser l’Islam, à le rendre inopérant, en reléguant au second plan la protection de la liberté de religion. C’est se tromper lourdement. L’Islam est si haut et si élevé que nul ne peut l’atteindre. Ce qui pose un grave problème concerne les discriminations et atteintes dont seront de plus en plus victimes les citoyens de confession musulmane. L’idolâtrie et le fétichisme du laïcisme et les calculs politiciens électoralistes pitoyables prennent le pas sur le respect de la liberté de conscience, qui est pourtant la finalité principale du principe de laïcité.
Il est temps de revenir à l’esprit des Lumières et des valeurs Abrahamiques qui ne cherchent pas à imposer une conception particulière du monde, ni à interdire de manifester ses convictions, mais à distinguer entre les sphères du religieux et du politique et à respecter la liberté de chacun. L’accommodement et l’acceptation de la diversité religieuse sont une question fondamentale, de justice sociale.
Du fait que l’opinion publique européenne est attachée à la laïcité et suspicieuse envers les demandes motivées par la croyance religieuse, il faut éduquer à l’acceptation de la diversité pour défendre la laïcité ouverte et faire reculer le racisme. L’heure devrait être au respect des finalités de la laïcité et au refus du débat biaisé de toute ingérence dans le culte.
Il est urgent de mettre fin aux interférences dans le culte musulman. Cela est non négociable. La modernité, la laïcité et le vivre-ensemble ne signifient pas la dépersonnalisation, l’oubli des origines et le refoulement des convictions. C’est la démocratie qui est en jeu et la dignité des Hommes. Les causes de l’islamophobie sont anciennes: l’ignorance, les situations de crise et des stratégies de diversion par l’invention d’un bouc émissaire.
L’islamophobie n’est malheureusement pas une ruse difficile à mettre en pratique, car l’ethnocentrisme et le racisme antimusulman sont anciens.
Aujourd’hui en Europe, des politiciens en période électorale et des médias soumis aux cartels financiers et idéologiques sont des pyromanes. Ils stigmatisent, polémiquent et montent en épingle des incidents isolés qui déforment la réalité des musulmans. Une partie de l’opinion publique, manipulée, désorientée par la perte de valeurs et la crise, prend position en termes de peur, de crispation et d’exclusion. Cependant, des Européens, attachés à la liberté, à la reconnaissance de la diversité, protestent contre le racisme et l’instrumentalisation de la laïcité, recherchent des réponses respectueuses à la fois de la liberté de conscience et du principe de séparation entre l’Etat et les Eglises. Parler de la laïcité, du vivre- ensemble et du droit à la différence nécessite un savoir, du recul et une pédagogie qui font défaut dans des discours dominants.

* Ce n’est pas seulement au musulman de s’adapter

En ce qui concerne la responsabilité des musulmans, il faut qu’ils mettent fin à la passivité et aux compromis douteux. L’heure est à la mobilisation. Les réactions quasi unanimes et courageuses des responsables du culte musulman en France et autres personnalités augurent d’une prise de conscience salutaire. En effet, en alliances avec toutes les forces attachées au droit et à l’équité, l’action citoyenne est incontournable pour dignement s’opposer à la bête immonde. Il y a lieu aussi de continuer à se démarquer des courants ultraminoritaires rigoristes, en montrant que le fondamentalisme est l’anti-Islam et l’antihumanisme.

En Europe, l’immense majorité des citoyens musulmans est bien intégrée et prouve ses compétences et qualités. Cette réalité est déformée. Les croyants recherchent l’approfondissement de leur foi de manière vivante, paisible et ouverte. Ils participent sans complexe à la vie de la Cité. Ils savent que leur religion fonde la sécularité ouverte, la laïcité positive, le droit à la différence, la vie sous la forme du savoir et le vivre-ensemble.
Ce n’est pas du «communautarisme» que de vouloir vivre collectivement et publiquement sa foi.
Les signes de cette intégration sont multiples: pratique religieuse intériorisée, créativité culturelle, adaptation à la culture locale, réflexions théologiques liées au contexte et engagement citoyen dans les luttes sociales.
Le monde est un village planétaire et les jeunes prouvent qu’ils sont capables de coexister, de partager et d’échanger, par-delà leur diversité et sensibilité. Ce n’est pas seulement au musulman de s’adapter et de vouloir. Les musulmans refusent l’arrogance et le racisme avec lesquels on parle du citoyen musulman, comme s’il était susceptible de n’accéder à la citoyenneté que s’il devient amnésique, refoule ses racines et nie sa foi.
Les croyants de confession musulmane n’exigent pas seulement que leur différence soit tolérée. Ils demandent davantage qu’un simple «droit de survivre» en marge, mais le droit de vivre avec, de manière digne, libre et autonome. Ce qui est en jeu c’est l’Etat de droit, pas seulement le sort des musulmans.
L’instrumentalisation de la laïcité et les ingérences dans le culte musulman, qui ne sont pas seulement un simple électoralisme ignoble, mais une politique antimusulmane délibérée, sont vouées à l’échec.
Il faut oser le dire, la présence musulmane est une chance et un enrichissement pour l’Europe. En plus de sa vitalité et force de travail, elle contribue à l’humanisation, à faire reculer la désignification du modèle dominant marchand, crée de l’émulation quant aux valeurs de l’esprit, spirituelles et éthiques et repose des questions refoulées: celle de la Cité juste, qui a du sens. Les musulmans acceptent les vrais débats, pas les anathèmes, ni le fonds de commerce et les stigmatisations. Aujourd’hui, les élites, en Rive Nord, sont face à leur responsabilité, pour résorber la fracture, recréer du lien et être à la hauteur du défi du vivre-ensemble.

Mustapha Cherif (*) Philosophe

Par Mosquée incendiée Le 06/04/2011
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Les mois passent et la communauté musulmane d’Epinay-sur-Seine (93) n’est pas au bout de ses peines. La mosquée de la ville est une véritable pomme de discorde entre la Grande Mosquée de Paris, chargée par la mairie de reprendre la gestion du lieu de culte depuis octobre 2010, et l’Union des associations musulmanes d’Epinay (UAME), qui dénonce l’ingérence extérieure d’une fédération non spinassienne. Le récent incendie, qui a provoqué une nouvelle fermeture de la mosquée, a ravivé les tensions malgré l’identification des auteurs de ce délit fin février. Saphirnews en a fait le constat.

La façade extérieure de la mosquée d'Epinay, en Seine-Saint-Denis, a été endommagée le 14 février, provoquant une nouvelle fermeture du lieu de culte.

Ouverte. Fermée. Rouverte et... depuis le 14 février, les fidèles de la mosquée d’Epinay-sur-Seine font à nouveau face à des portes closes. En cause : un incendie criminel qui a endommagé la façade extérieure du lieu de culte. « Elle est aujourd'hui fermée par mesure de sécurité pour quelques jours sous recommandation de l'assurance, car les trappes antifumée ont été endommagées et que nous attendons le passage de l'assureur », nous a déclaré Aissa Nakes, représentant de la Grande Mosquée de Paris (GMP) pour la mosquée d'Epinay.

L’enquête est en cours mais, selon les premiers éléments que nous délivre M. Nakes, ce sont des plaques de polystyrène, entreposées sur l’un des murs extérieurs de la mosquée, qui ont pris feu.

Les auteurs de l’incendie, mineurs, ont été identifiés et ont très vite avoué leur méfait à la police. La thèse du complot visant à faire fermer la mosquée s’effondre, mais l’UAME, par la voix de son secrétaire général Hamza Bouaziz, ne décolère pas. « Sans preuve, on n’accuse pas. Mais cela ne m’étonnerait pas que ce soit des personnes proches de la GMP qui en soient à l’origine », nous déclare-t-il.

Les précautions prises par la GMP contestées par l'UAME

Une phrase qui en dit long du très mauvais état des relations entre la GMP et l’UAME. D’autant plus que la partie culturelle, gérée par l’association IMS et avec lequel l’UAME est en conflit, est ouverte depuis plusieurs jours. « La mosquée est un bâtiment complet. Si le lieu de culte est fermé pour des raisons de sécurité, il devrait en être tout autant pour l’école », explique M. Bouaziz, sous-entendant explicitement que la GMP ait fermé la mosquée pour des prétextes autres que sécuritaires.

Ce que dément formellement M. Nakes. « C’est de la diffamation. Ce n'est pas qu'on ne veut pas, mais on ne peut pas ouvrir la mosquée car c'est dangereux. S'il y a à nouveau problème, on sera responsable. Dieu merci, ça n'a été que la façade cette fois mais, si un autre incendie se déclenche, qui dit que ce ne sera pas aussi grave ? Les pompiers nous ont autorisé l’ouverture de l’école, car elle n’a pas été touchée », répond-il à ces accusations, assurant vouloir prendre ses précautions pour la sureté des fidèles en attendant le passage de l’expert, chargé d’évaluer les dégâts.

Des plaques de polystyrène mal placées à l’origine de l’incendie

« Pour nous, la véritable question est de comprendre la cause de l'incendie, à savoir : qui a entreposé les plaques de polystyrène derrière le mur de la mosquée, devant l'issue de secours et ce, sans demander l'autorisation ? », déclare ce dernier.

Et sa réponse est toute trouvée. C’est l'UAME qui les a entreposées à cet endroit. Ce matériel d'isolation a été utilisé par l'UAME ces derniers mois pour organiser la prière collective lorsque la mosquée était fermée afin que les fidèles ne l'accomplissent pas à même le sol, en plein hiver.

Qui a raison, qui a tort ? C’est au jeu du chat et de la souris que tous ces acteurs jouent.

Un débat public nécessaire pour apaiser les troubles

La prière du vendredi 26 février, effectuée dans le parking de la mosquée, a d’ailleurs été mouvementée. Des heurts entre les deux camps ont été constatés afin de savoir quel imam serait à même de faire le sermon.

C’est finalement l’imam Mustapha, proche de l'UAME, qui a accompli cette tâche, après un bras de fer musclé engagé devant les fidèles.

Le problème, nous explique M. Nakes, est que « l'UAME veut soit la mainmise de la mosquée, soit sa fermeture, ce qui est inacceptable. On sera obligé de riposter à un moment car nous avons une convention à faire respecter et le droit de notre côté, le bureau de l'association assurera sa responsabilité ». « Nous voulons simplement que notre mosquée et notre argent soient gérés par des Spinaciens. Ni l’OGME ni la GMP ne nous représentent », rétorque M. Bouaziz. Tout comme « l'UAME ne représente pas les musulmans d'Epinay », selon M. Nakes.

Un véritable dialogue de sourds s’est donc établi entre les protagonistes de l’affaire de la mosquée d’Epinay-sur-Seine. A chacun sa version des faits, mais chacun clame être du côté du droit. Pendant que la GMP réfléchit à une éventuelle action en justice contre l’UAME, qu’elle juge irresponsable sur cette affaire, M. Bouaziz affirme avoir déposé une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. L’affaire n’est pas prête de se tasser.

A l’heure où le débat sur l’islam fait des remous au sein de la classe politique, certains n’hésiteront pas à user de l’exemple d’Epinay pour attaquer l’islam. GMP, OGME, IMS, UAME… tous se disent prêts à organiser « un débat public et transparent » pour mettre les choses à plat et tenter de repartir sur de bonnes bases, tout en assurant que c’est l’autre qui empêche une telle réunion...

Par Querelle de mosquées Le 06/04/2011
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L’expérience menée ces derniers mois à la mosquée de Drancy n’était apparemment pas un épisode isolé, pire elle pourrait de se propager à beaucoup d’autres villes en France. L’ingérence des mairies dans le contrôle des lieux de cultes et le choix des pseudo-imams à la Hassan Chalghoulmi semblent présager ce que sera le futur de la pratique de l’islam en France, le fameux « islam de France ».

Alors que l’on accuse les musulmans de bafouer la laïcité, un nouveau cas d’ingérence de l’Etat dans les affaires des musulmans commence à faire parler de lui. La mairie d’Epinay sur Seine aurait imposé la mise sous tutelle du lieu de culte à la Grande Mosquée de paris impliquant l’éviction de l’imam actuel. A qui profite cette situation ? Que se cache-t-il derrière cette histoire ? AJIB.fr va plus loin
La mairie choisit ses interlocuteurs

La mairie ayant financé le lieu de culte à hauteur de plusieurs millions ne semble pas être très attaché au principe de laïcité. Etant donné qu’elle a investi une certaine somme dans la construction de la mosquée déguisée en centre culturel, cela lui permettrait selon son maire d’intervenir dans les affaires des musulmans. Cette ingérence au passage assumée se traduit comme à Drancy par le choix de l’imam qui accompli le prêche du vendredi mais aussi par la délégation de la gestion de la mosquée à la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur. La mise sous tutelle a été conclue malgré le désaccord de la majorité des musulmans d’Epinay sur Seine, pire ils n’auraient même pas été mis au courant de la décision du maire.

En disposant d’interlocuteurs copieusement choisi par le maire, l’appareil municipal pourrait faire de la mosquée le relais d’opinions politiques et électoralistes, ceci est vraiment détestable. Le vote musulman compte de plus en plus et nombreux sont les maires à l’approche des élections à draguer l’électorat musulman. Pour un maire, avoir l’imam et les responsables de la mosquée dans sa poche ce n’est pas négligeable surtout dans des villes où la population est majoritairement musulmane, à Epinay sur Seine on dénombrerait 22 000 musulmans sur un peu plus de 50 000 habitants.
La Grande Mosquée de Paris renforce sa position

En mettant la main sur un nouveau lieu de prière, la Grande Mosquée de paris peut espérer obtenir plus de voix lors de la prochaine élection des membres du bureau du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). Étant donné que le scrutin est calculé en fonction de la superficie de la mosquée, avec 700 m² de surface de prière la mosquée d’Epinay sur Seine pourrait rapporter 6 à 8 voix à la Grande Mosquée de paris.

Par ailleurs, en profitant de conflits internes dans la gestion de la mosquée, Dalil Boubakeur et la Grande Mosquée de Paris arrivent ici en sauveur, démontrant aux yeux de tous leurs capacité à reprendre le contrôle du terrain face « aux islamistes qui veulent tester la République« .

D’une manière générale, par cette nouvelle mise sous tutelle, comme tout mouvement la mosquée de Paris étend encore un petit peu plus sa gouvernance et profitera de son audience pour vendre, par l’intermédiaire de ses imams, ses idées auprès de la communauté musulmane (interdiction du port du niqab, laïcité au dépend de la pratique de l’islam, l’interdiction du hjiab à l’école…)
Certains responsables associatifs n’assument pas leur rôles et délèguent

Certains « responsables de mosquée » devraient craindre Allah dans leur tache. Aujourd’hui gérer une mosquée en France est un peu dans l’esprit comme gérer une entreprise. Si l’on veut réussir bi-idnilLah, il faut disposer d’un minimum de compétences dans des domaines tels que la gestion, l’éducation, les sciences religieuses mais aussi avoir un bon relationnel pour traiter avec l’administration, les fidèles… Or ce n’est pas tout le temps le cas. Dans certaines villes, Il y a des mosquées où le/les responsables ne font preuves d’aucune transparence sur la gestion des recettes/dépenses, où il n’y a même pas l’ombre d’une réflexion sur l’éducation de nos enfants ( apprentissage du Coran, de la langue arabe, fiqh… )et nous en passons de plus belles…

Face à leur bilan catastrophique et pour conserver leur pouvoir, certains se tournent vers la mosquée de Paris pour accomplir leur travail. Ils y trouvent leur comptes au dépend des fidèles et de la communauté.
Les musulmans en partie responsable de la situation actuelle

Tout d’abord, il faut bien comprendre que lorsque les collectivités départementales, régionales voir nationales pour l’éducation sous contrat d’État, financent des projets musulmans (mosquée, écoles…) c’est en même temps pour avoir leur mot à dire. Prenons par exemple les écoles privées musulmanes qui souhaitent passer sous contrat d’État (délégation de service publique) celles ci se voient dans l’obligation d’appliquer le programme de l’éducation nationale faisant des matières religieuses et de l’arabe des options.
Par ailleurs, elles sont dans l’obligation d’être neutres et de prouver sans cesse leur attachement à la laïcité… Vous n’entendrez pas parler d’Allah dans les cours de SVT ou de sunna dans les cours d’éducation, les écoles privées musulmanes ne sont pas indépendantes et doivent se conformer au programme que lui dicte l’État (par l’intermédiaire de l’éducation nationale) ceci dit c’est un bon départ.

En ce qui concerne les mosquées, comme vu dernièrement à Drancy, en acceptant les fonds ou services de la mairie, celles ci se mettent la corde au coup. Les mairies ouvrent et ferment à leur guise la mosquée, dictent qui doit y diriger la prière ou pas, imposent les caméras à l’intérieur de la salle de prière voir les salles d’ablutions et comme on l’a vu lors de l’affaire Chalghoumi sélectionnent les fidèles à l’entrée de la mosquée.

Beaucoup d’associations choisissent la facilité en se tournant vers la mairie pour obtenir un local ou des facilités financières ou autres dans la construction mais c’est en quelque sorte un cadeau empoisonné. Même si cela est plus compliqué, il est plus que souhaitable que les mosquées, les écoles et autres initiatives liées à l’islam soient totalement indépendantes, sans cela on reverra des cas comme Drancy ou Epinay sur Seine se produire fréquemment.

On regrette pour l’instant la faible mobilisation autour de cette affaire qui dépasse le contexte des musulmans d’Epinay sur Seine. Quelle sera la prochaine mosquée à flancher sous l’invective municipale ?

Par Mosquée epinay Le 06/04/2011
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L’Aïd el-Kébir célèbre le partage, la solidarité, le pardon. Ce ne fut pas vraiment le cas cette année à la mosquée d’Épinay-sur-Seine, dans la tourmente depuis plusieurs mois.

Chahuté, le maire Hervé Chevreau (centre-droit), venu délivrer un discours aux musulmans spinaciens après la prière de l’Aïd mardi 16 novembre, n’a pu rester très longtemps dans le centre et la Grande Mosquée de Paris, qui devrait gérer ce lieu aux termes de la convention signée le 20 octobre dernier avec la mairie, n’avait toujours pas pu imposer son imam. Décrits comme des « pertubateurs », l’imam Mustapha et ses soutiens sont mis en cause par ces derniers.

Conséquence : la Grande Mosquée de Paris (GMP) a décidé, deux jours plus tard, de fermer provisoirement la mosquée en attendant de trouver une solution.

« La volonté du maire est que les fidèles puissent exercer leur culte dans une totale sérénité, raison pour laquelle on a été sollicité, en tant que conciliateur, par la mairie pour reprendre la gestion du lieu de culte » en octobre dernier, après que le président d’IMS (Intégration musulmane spinacienne) Hamid Boushaki a jeté l’éponge, nous affirme le chargé de communication de la GMP, qui a souhaité garder l’anonymat.

L’imam au cœur des tensions
« Si le maire a jugé bon de confier la gestion de la mosquée à la Grande Mosquée de Paris, c’est qu’il avait des raisons profondes et pertinentes. C’est tout de même le premier magistrat de la ville. De plus, le local appartient entièrement à la mairie d’Épinay, aucun argent n’a été demandé aux musulmans », poursuit-il. Le financement du centre islamique, à savoir les 2 millions d’euros, a en effet été totalement pris en charge par le maire, sans aucune participation des musulmans de sa ville.

Contacté par Saphirnews, M. Chevreau donne sa version des faits. « Certains individus, qui perturbaient le fonctionnement de la mosquée, ont mis la pression sur M. Boushaki, qui a souhaité ne plus conserver que la gestion de la partie culturelle du centre. J’ai alors eu besoin d’une nouvelle association pour faire fonctionner le lieu de culte. Je me suis rapproché de la GMP, qui me paraît une institution solide pour la gestion de lieux de culte. Mais ces individus, qui ont réussi à faire partir M. Boushaki, mettent la pression sur la GMP. Elle a donc décidé fermer le lieu pour, j’espère, le moins de temps possible parce que cela pénalise toute la communauté musulmane », nous explique-t-il.

Qu’entend le maire par certains individus ? Pour lui, il s’agit de « cinq ou six personnes », qui sont à l’origine de l’Union des associations musulmanes d’Épinay (UAME), celle là même qui dénonce la convention donnant la gestion du lieu de culte de la ville à la GMP et qui souhaite que ce soit elle qui s’en charge. Elle estime que ce « parachutage » de la mairie a d’ailleurs pour but de faire partir l’imam Mustapha, qu’elle soutient sans faille, arguant qu’il assure les offices du vendredi à Épinay depuis 17 ans.

« L’imam qu’on souhaite dépêcher pour la mosquée d’Épinay est capable d’assurer sa présence pour les cinq prières quotidiennes, de faire le prêche du vendredi et de rendre des avis religieux alors que le précédent imam (Mustapha) ne vient que les vendredis. Il n’a jamais été attitré, même avec l’ancienne association, il n’a aucun diplôme en théologie à présenter. Il n’a pas à s’autoproclamer imam même s’il est là depuis longtemps. Nous avons une convention en bonne et due forme qui nous permet de choisir un imam compétent », estime le responsable de la Grande Mosquée.

« C’est à la Mosquée de Paris de gérer le problème »
Du côté de la mairie, même son de cloche. Quand bien même elle ne peut juger de la qualité des offices de l’imam, il est hors de question de confier la gestion du lieu à l’UAME. « C’est une association qui a mis une telle pression à M. Boushaki qu’il a été obligé de démissionner, alors qu'il gérait bien la mosquée. Ce que ces gens veulent, c’est la possession du lieu et rien d’autre. On ne peut pas travailler avec des gens de cette manière. Je ne veux pas résilier la convention avec la GMP, qui est pour moi la meilleure chose pour Épinay », martèle M. Chevreau.

« On a quelqu’un (l’imam Mustapha, ndlr) qui ne reconnaît pas le droit, pas la nécessité pour les fidèles d’avoir un vrai imam et qui se pose en victime, alors que les principales victimes sont les fidèles de la mosquée qui ne demandent qu’à prier en toute sérénité. On souhaite que l’imam fasse preuve de raison, qu’il laisse notre imam intervenir sereinement et que les perturbateurs arrêtent de déranger », affirme le chargé de communication de la GMP, qui assure que son imam a fait l’objet d’agressions physiques, verbaux et de menaces de mort.

Mais, pour le moment, l’imam n’est pas prêt à céder sa place et ses soutiens sont nombreux. M. Chevreau estime que c’est à la GMP de gérer le problème. Alors, s’il reste à tout prix, la Mosquée de Paris serait-elle prête à le poursuivre ? « On ne souhaite pas engager de poursuites judiciaires. On veut que tout se règle dans le consensus. Mais nous sommes dans un pays de droit et quand il y a des agressions physiques et des menaces de mort, il existe des réponses judiciaires », fait-elle savoir. Les musulmans de la ville ne sont pas prêts de voir les portes de la mosquée ouvertes.

Par mosquée du Bourget Le 06/04/2011
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Pourquoi le maire ferme la mosquée du Bourget ?

Après Drancy et l’incroyable ingérence de l’état dans le religieux où le mensonge et l’ignominie ne faisaient aucun doute face aux quantités de preuves qui ont été mis en lumière sur le web.Et vu que les médias officielles ont montré leur complicité en pratiquant la censure et le refus de diffuser la vérité à la population afin qu’elle se fasse sa propre opinion .

C’était au tour de la mosquée d’Epinay/seine de faire les frais de l’absolue condescendance en subissant une fermeture arbitraire !

Le maire souhaitant choisir à la place des musulmans l’imam qui conviendrait à la communauté sobhanalah…

L’insulte à notre intelligence allant même jusqu’à demander à la mosquée de Paris dirigé par le franc maçon david Boubaker, ami intime du CRIF,d’en devenir le « responsable »…Ce personnage n’étant absolument pas le représentant des musulmans en France se voit aujourd’hui complétement délaissé par la grande majorité des fidèles.C’est au tour de la mosquée du Bourget d’être clôturée laissant les musulmans perplexes à propos des raison invoquées…

Les forces de l’ordre se sont dépêchées sur place, pour expulser les fidèles ( dans le respect ou pas, aucune information à ce sujet…) et ont bouclé les portes de la mosquée sur l’ordre du Maire, la sureté de l’état a exprimé plusieurs points (sécurité des lieux non conformes, problèmes pour la future extension à la gare ?…). Beaucoup de fidèles se sont mobilisés pour obtenir des explications…

Nos correspondants se sont rendus sur place pour de plus amples informations.

D’après les frères qui sont allés sur place à 15h aujourd’hui, la mosquée du Bourget située 6, avenue de la division leclerc, dans laquelle un responsable, nous ayant aperçu en train de prendre des photos, nous a invité à entrer à l’intérieur de la mosquée. Il nous a alors éxpliqué que la mosquée était effectivement fermée, mais qu’elle venait de ré-ouvrir. Les dirigeants se sont entendus avec la mairie pour la remettre aux normes. Nous avons pu constater que des travaux avaient commencés, afin de répondre aux normes de sécurité. Un des responsables nous a assuré que la prière du Vendredi (celle de demain) serait assurée et il nous a invité à venir.

Nous remercions le responsable d’avoir eu l’amabilité de nous ouvrir les portes de la mosquée ainsi que les frères du 93 pour s’être rendus sur place.

Nous nous devons de mettre en lumière la vérité, même si les musulmans sont en ce moment sous tension à cause de la recrudescence des actes islamophobes et de cette fâcheuse habitude qu’a pris le gouvernement de se mêler de ce qui ne le regarde pas.

C’est en effet ainsi que cela se passe dans la France laïque de Mr Sarkozy De Naggy Boksa; les mairies s’ingèrent au plus profond dans les affaires du culte musulman et cela doit cesser impérativement.

Cette fameuse laïcité revisitée depuis peu et qui peut se traduire dans la vision du gouvernement par une annihilation de l’islam.

Affaire à suivre, restons vigilents bi idnilah.

{Ils veulent éteindre la lumière d’Allah avec leurs bouches, alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants.}

Sourate 61 verset 8.
L’équipe Forsane Alizza

Par bac voilée Le 06/04/2011
-28

Le saviez-vous ?

A toutes celles qui veulent prendre leur revanche sur l’éducation nationale et sur le gouvernement, il vous est possible, si vous êtes réellement fières de votre religion, de passer votre examen du bac avec votre hijab. Pour cela, nous allons vous donner les outils nécessaires pour que l’opération soit une réussite totale inchaalah. Tout d’abord, il ne faut pas être inscrite dans une école publique. Pensez à résilier votre inscription quelques temps avant l’examen par exemple. Ensuite, demandez à passer votre examen en tant que « candidat libre », de cette manière vous ne serez soumis à aucun règlement vous obligeant à retirer le voile.

Voici une histoire qui vous a peut-être échappé … les faits se sont déroulés l’année dernière lors de l’examen du baccalauréat.

Trois élèves voilées se sont présentées dans leur centre d’examen au lycée Gutenberg de Créteil selon RMC. Des examinateurs sur place qui étaient contre l’habillement des jeunes filles, ont averti la proviseur de l’établissement et lui ont demandé d’obliger les candidates à enlever leur voile. Mais il semble que les filles en cause s’étaient bien préparées. Elles ont montré des documents attestant que la loi leur permet de composer avec leur tenue. Finalement, les candidates ont été isolées dans une salle et ont continué les épreuves avec leur voile.

Voici ce qu’il vous faudra imprimer en guise de preuve attestant que vous pouvez bel et bien vous présenter avec le hijab :

RESPECT DE LA LAÏCITÉ
Port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics
NOR : MENG0401138C
RLR : 502-2
CIRCULAIRE N°2004-084 Du 18-5-2004 JO du 22-5-2004

2.3 La loi ne modifie pas les règles applicables aux agents du service public et aux parents d’élèves

Les agents contribuant au service public de l’éducation, quels que soient leur fonction et leur statut, sont soumis à un strict devoir de neutralité qui leur interdit le port de tout signe d’appartenance religieuse, même discret. Ils doivent également s’abstenir de toute attitude qui pourrait être interprétée comme une marque d’adhésion ou au contraire comme une critique à l’égard d’une croyance particulière. Ces règles sont connues et doivent être respectées.
La loi ne concerne pas les parents d’élèves. Elle ne s’applique pas non plus aux candidats qui viennent passer les épreuves d’un examen ou d’un concours dans les locaux d’un établissement public d’enseignement et qui ne deviennent pas de ce seul fait des élèves de l’enseignement public. Ceux-ci doivent toutefois se soumettre aux règles d’organisation de l’examen qui visent notamment à garantir le respect de l’ordre et de la sécurité, à permettre la vérification de l’identité des candidats ou à prévenir les risques de fraudes. Ajouter cette ligne à votre document:

Afin de respecter les règles de sécurité liées à la fraude, je suis tout disposé à faire l’objet d’une vérification et ce, de manière privée. Une femme pourrait éventuellement vérifier que vous n’avez pas d’oreillettes et vous pourrez le stipuler noir sur blanc sur votre document.Ainsi, ils n’auraient absolument aucune emprise sur vous et vous aurez tout loisir de passer votre bac sans être contrainte de retirer votre hijab.

Source : http://www.education.gouv.fr/bo/2004/21/MENG0401138C.htm

Sachez que cela ne sera pas du goût de tout le monde et que, bien souvent, l’hystérie de ces enseignants est manifeste et vont jusqu’à poser la question au rectorat, frustrés de ne pouvoir humilier nos sœurs sur le moment.

Lorsque l’établissement reçoit des candidats pour le bac, il se transforme en centre d’examen et le règlement change de fait.

Les enseignants protestataires ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont rédigé et envoyé une pétition au rectorat. Entre temps, les lycéennes ont continué les épreuves durant trois jours. Durant la troisième journée, un représentant du ministère de l’Education est arrivé sur les lieux.

« La loi n’a pas été respectée les deux premiers jours » de l’examen et les candidates voilées « n’auraient pas dû composer », a-t-on confirmé au ministère de l’Education. Respect de la loi ou pas, les jeunes filles se seraient présentées à nouveau mardi avec leur voile pour terminer les examens.

A l’issue, les bachelières inscrites dans des écoles publiques ont abdiqué et se sont finalement dévoilées parce qu’il semblerait qu’elles étaient inscrites dans un lycée privé… Nous le réprouvons, mais la démarche entreprise était novatrice et pourrait inspirer nombre de musulmanes qui souhaiteraient enfin retrouver leur dignité le jour de l’examen.

Le directeur du centre d’examen a tous les outils nécessaires pour que tout se déroule bien, même s’il faut placer les candidates dans une salle à part, comme cela avait été le cas au lycée Gutenberg de Créteil.

Appelez le rectorat de votre région juste avant et ils feront un courrier directement au lycée pour leur dire que vous êtes dans votre droit. Evidemment, ils ne vont pas se bousculer pour vous faire connaitre cette possibilité…

Ceci n’est qu’une alternative pour contourner les attaques contre l’islam et cela ne remet absolument pas en question notre croyance. Nous nous désavouons de leurs lois qui sont vouées à l’échec. Nous souhaitons vivement la restauration du khilafat inchaalah, les textes sacrés du coran et de la sounna ne sont pas discutables et que ceux qui craignent de « manquer » ou de vivre dans la pauvreté sachent que ce que nous devons consommer sur cette vie ici bas est déjà écrit sur la planche du destin. Ainsi, il n’est pas possible de manger ou de boire un atome de plus ou de moins que ce qu’ALLAH nous a prescrit. Il nous faut nous reposer entièrement en ALLAH et tout faire pour le satisfaire, c’est de cette manière que nous aurons la vraie « réussite ».

Nous appelons nos sœurs à se comporter de manière fière et digne et de ne plus faire de concessions à propos de notre dine pur. Nous approchons à grand pas de la fin des temps et certains, complexés et apeurés, continuent de stimuler la crainte à propos des créatures au dépend de la crainte et l’espoir que l’on doit à notre créateur.
Selon Ibn Mas’ud , le Messager d’ALLAH a dit : « Il n’est pas de prophète suscité par ALLAH à sa nation qui n’ait eu parmi ses concitoyens des partisans fidèles et des compagnons adoptant sa ligne de conduite et obéissant à ses ordres.
Puis … il viendra après eux des successeurs qui diront ce qu’ils ne font pas eux-mêmes et feront ce dont ils n’auront pas reçu l’ordre.
Celui qui les aura combattus de sa main sera croyant; celui qui l’aura combattus de sa langue sera croyant et celui qui les aura combattus de son cœur sera croyant. Mais après cela il n’y a plus le poids d’un grain de moutarde de foi ». [Mouslim]

L’équipe Forsane Alizza

Par Forsane Alizza Le 06/04/2011
-29

Ce matin, au collège de Poussan, une mère d’élève, qui portait le hijab laissant clairement apparaître son visage, s’est vue refuser l’entrée de l’établissement. Elle, qui s’y rendait dans le cadre d’un rendez-vous pédagogique concernant l’orientation de son fils scolarisé en 3e, a été stoppée net par la concierge adoptant une posture proche d’une « SS », comme si la France appartenait à son père, et lui a demandé de retirer son voile, au motif de la loi du 11 octobre 2010 !

Or cette loi n’entrera en vigueur que le 11 avril prochain et prône exclusivement l’interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics. « Je n’ai rien compris. Je me suis soudain sentie clairement discriminée », explique Fatima Ouhamma, 38 ans,
domiciliée à Gigean. « Non seulement il ne s’agit pas d’un voile intégral, mais en plus je suis déjà entrée au collège avec ce voile pour une rencontre parents-professeurs en fin de premier trimestre et personne ne m’a rien dit !»

Du côté de la direction, comme d’habitude, on parle d’un incident « très banal »…La banalité…issue de notre laxisme certainement… La principale du collège a d’ailleurs proposé à la mère de famille « de passer par une porte indépendante située à l’arrière du collège et réservée aux professeurs pour éviter de traverser la cour et ne pas croiser les élèves » comme un monstre que l’on devrait cacher pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes…La belle et la bête en somme.

Cet évènement intervient précisément le jour où se tient la convention sur la laïcité et l’islam organisée à Paris par l’UMP.

Pendant ce temps là…

au-pays-des-islamophobes-top-5-des-phrases-les-plus-hardcore

Mardi les groupuscules haineux et islamophobes Résistance Républicaine, Riposte Laïque et Bloc Identitaire tenaient une misérable conférence de presse en marge du débat sur la laïcité. Parmi leurs propositions « interdire l’Islam »…Bon courage…

Christine Tasin –Résistance Républicaine

Que les musulmans expurgent le Coran ! S’ils ne le font pas, il faut interdire l’Islam

Fabrice Robert –Bloc Identitaire

Je ne vois pas ce que des militaires français font en Libye, ils feraient mieux de combattre l’islamisation dans les quartiers

Après le Karcher de Sarko, les militaires pour nettoyer les banlieues –de « l’islamisation » cette fois !

Christine Tasin –Résistance Républicaine

Les carrés musulmans (dans les cimetières), c’est une sorte d’apartheid dans la mort

Pierre Cassen –Riposte Laïque

A mon avis, ce sont les musulmans qui vont sortir vainqueurs de ce débat.

Christine Tasin –Résistance Républicaine

Non seulement je revendique le fait d’être islamophobe, mais je vais plus loin : je considère comme une nécessité en France d’être islamophobe. Je ne comprends pas qu’il y en ait qui ne le soient pas

Interrogée sur son « islamophobie » assumée, elle enfonce le clou en riant comme une hyenne… Mais quand un journaliste lui rappelle que la phobie est une pathologie, elle s’énerve : « Ne jouez pas sur les mots ! »
De ce fait, il est nécessaire de concrétiser le concept de « l’Alliance et du Désaveu ».

La preuve est la Parole d’Allah , nous citant la parole d’Ibrahim à son peuple :

« Que dites-vous de ce que vous adoriez… ? Vous et vos vieux ancêtres ? Ils sont tous pour moi des ennemis sauf le Seigneur de l’univers.» (S26-V75/77)

Et du fait que la base du désaveu soit la haine, dont l’emplacement est le cœur, elle fut représentée extérieurement par la «’ Adawa ».

Allah dit :

« Certes vous avez eu un bel exemple à suivre en Ibrahim et en ceux qui étaient avec lui quand ils dirent à leur peuple : « Nous vous désavouons vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. (Nous sommes innocents de vous et de ce que vous adorez en dehors d’Allah) Nous vous renions (nous sommes convaincu de l’invalidité de ce vous adorez et du chemin que vous suivez). Entre vous et nous l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah Seul (jusqu’à ce que vous adoriez Allah exclusivement et que vous abandonniez tout ce que vous adorez en dehors d’Allah à ce moment là l’inimitié que l’on vous porte deviendra alliance et amour). » (S60-V4)

Et cette « ‘Adawa » fait parti des caractéristiques du désaveu du Tâghût.

Cheikh al Islam Ibn Taymiyya a dit au sujet de ce verset :

« Allah ordonna aux croyants de prendre Ibrahim et ceux qui le suivirent comme modèle, lorsqu’ils déclarèrent l’inimitié et la haine aux polythéistes (les associateurs) jusqu’à ce qu’ils vouent un culte exclusif à Allah ».

L’équipe Forsane Alizza

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