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Le choc Catalist Le 12/01/2009
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L’une des raisons du succès de George Bush en 2004 – 3 millions de voix d’avance - s’appelle Voter Vault, la base de données d’électeurs constituée par les républicains une dizaine d’années auparavant, dont beaucoup reconnaissent le rôle décisif dans la bataille décisive de l’Ohio.


En août 2005, Harold Ickes, ancien conseiller de Bill Clinton, a fondé Catalist, afin de doter le courant progressiste d’un outil capable de rivaliser avec celui des conservateurs. En 3 ans, il a levé 14 millions de dollars pour atteindre cet objectif. Lorsque s’est engagée la campagne présidentielle, la base de Catalist contenait des données sur plus de 220 millions d’Américains : 140 millions qui sont inscrits sur listes électorales et 80 millions qui, bien qu’électeurs potentiels, ne sont pas inscrits.


Agrégeant des données issues des listes électorales, croisées dans un second temps avec les données des bases commerciales ou les informations recueillies par les équipes de campagne démocrates (que ce soit par les « neighborhood teams », ces volontaires spécialisés dans le recueil de données ou par l’intermédiaire du site MyBarackobama.com), Catalist contient jusqu’à 600 informations sur une seule personne, telles que son adresse, son numéro de téléphone, son portable et son e-mail, mais aussi des renseignements inconcevables en Europe, comme le profil politique, la race ou la religion, qui ne suscitent pourtant guère de débats aux Etats-Unis.


S’appuyant sur un travail de modélisation des comportements électoraux, cette base de données a été au cœur de la campagne, guidant le travail de contact des électeurs pour le rendre efficace, en ciblant deux cibles principales : l’électorat « naturel » du candidat démocrate (Noirs, jeunes de moins de 40 ans, Hispaniques, pauvres, etc.), pour les inciter à s’inscrire sur les listes électorales et à se rendre aux urnes et les « swing voters », ces électeurs dont la probabilité de voter Obama était à la fois suffisamment élevée pour espérer les conquérir, mais pas assez pour être assuré de leur soutien.
Grâce aux données de Catalist, les soutiens de Barack Obama ont pu nouer un contact renseigné avec 68 millions d’Américains de ces cibles prioritaires. La base de données a permis de rendre la campagne à la fois massive et extrêmement efficace. Au prix de la constitution d’un fichier gigantesque et d’une conception de la protection des données individuelles bien différente de celle des Européens.

 

Le Choc Catalist

 

L’une des raisons du succès de George Bush en 2004 – 3 millions de voix d’avance - s’appelle Voter Vault, la base de données d’électeurs constituée par les républicains une dizaine d’années auparavant, dont beaucoup reconnaissent le rôle décisif dans la bataille décisive de l’Ohio.

En août 2005, Harold Ickes, ancien conseiller de Bill Clinton, a fondé Catalist, afin de doter le courant progressiste d’un outil capable de rivaliser avec celui des conservateurs. En 3 ans, il a levé 14 millions de dollars pour atteindre cet objectif. Lorsque s’est engagée la campagne présidentielle, la base de Catalist contenait des données sur plus de 220 millions d’Américains : 140 millions qui sont inscrits sur listes électorales et 80 millions qui, bien qu’électeurs potentiels, ne sont pas inscrits.

Agrégeant des données issues des listes électorales, croisées dans un second temps avec les données des bases commerciales ou les informations recueillies par les équipes de campagne démocrates (que ce soit par les « neighborhood teams », ces volontaires spécialisés dans le recueil de données ou par l’intermédiaire du site MyBarackobama.com), Catalist contient jusqu’à 600 informations sur une seule personne, telles que son adresse, son numéro de téléphone, son portable et son e-mail, mais aussi des renseignements inconcevables en Europe, comme le profil politique, la race ou la religion, qui ne suscitent pourtant guère de débats aux Etats-Unis.

S’appuyant sur un travail de modélisation des comportements électoraux, cette base de données a été au cœur de la campagne, guidant le travail de contact des électeurs pour le rendre efficace, en ciblant deux cibles principales : l’électorat « naturel » du candidat démocrate (Noirs, jeunes de moins de 40 ans, Hispaniques, pauvres, etc.), pour les inciter à s’inscrire sur les listes électorales et à se rendre aux urnes et les « swing voters », ces électeurs dont la probabilité de voter Obama était à la fois suffisamment élevée pour espérer les conquérir, mais pas assez pour être assuré de leur soutien.
Grâce aux données de Catalist, les soutiens de Barack Obama ont pu nouer un contact renseigné avec 68 millions d’Américains de ces cibles prioritaires. La base de données a permis de rendre la campagne à la fois massive et extrêmement efficace. Au prix de la constitution d’un fichier gigantesque et d’une conception de la protection des données individuelles bien différente de celle des Européens.

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