NOTE
Parentalité : homo ça coince ! Le 16/12/2010
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Au cœur de la révision des lois bioéthiques, dont le débat doit s’ouvrir au Parlement, il y a la question gay : faut-il continuer à réserver les techniques de procréation assistée aux cas de stérilité médicale, ou bien les étendre à la « stérilité sociale », c’est-à-dire aux couples du même sexe ? Le gouvernement répond par la négative et, de fait, les droits LGBT n’ont pas évolué depuis 1997. A cette occasion, Najat Belkacem, maire adjointe de Lyon et secrétaire nationale PS aux questions de société, fait le point dans cette note sur la question gay : reconnaissance sociale, mariage, adoption, ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples homosexuels – les Français évoluent, la justice progresse, pourtant la classe politique demeure immobile.

 

NOTE 

La révision des lois bioéthiques, dont le débat doit s’ouvrir au Parlement, va remettre sur le devant de la scène politique la question LGBT. Parmi les principaux enjeux des lois bioéthiques, il y a  en effet l’assistance médicale à la procréation (AMP), avec une question clé : faut-il continuer à réserver ces techniques aux cas de stérilité médicale, ou bien les étendre à la « stérilité sociale », c’est-à-dire aux couples du même sexe ? Le débat fournit l’occasion de faire le point sur la question gay, angle mort du débat politique depuis de nombreuses années. On peut la résumer à trois enjeux principaux.

Le premier, c’est la reconnaissance sociale des couples homosexuels. Très bonne nouvelle sur ce plan. Selon un récent sondage Ifop, 80% des Français considèrent désormais que « l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité ». 55% n’ont pas de problème avec des baisers en public. Seulement 7% des Français n’aimeraient pas avoir un homosexuel pour voisin. L’évolution est spectaculaire. 75% trouvaient l’homosexualité inacceptable au début des années 70. Elle était pénalisée jusqu’en 1982, classée maladie mentale par l’OMS jusqu’en 1990. En bref, la France sort rapidement de l’homophobie.

Naturellement, le niveau d’acceptation n’est pas le même dans toute la société française. La culture masculine de banlieue tend à prendre l’homosexualité pour cible. Mais là aussi la situation s’améliore. En témoigne l’évolution du groupe de rap Sexion d’Assaut. Plusieurs textes de leur album Le troisième prototype (2008), ouvertement homophobes, ont fait à juste titre polémique. Les rappeurs, qui en ont, bon gré mal gré, pris conscience, rejettent désormais explicitement toute discrimination. Au fil des rencontres organisées à Lyon comme ailleurs avec les associations LGBT, les préjugés s’estompent, le dialogue se noue.

Le deuxième enjeu, c’est le mariage homosexuel. C’est-à-dire la reconnaissance institutionnelle des couples homosexuels. A partir du moment où on ne considère plus les couples homosexuels contre nature, qu’est-ce qui empêche le mariage ? Le principal argument des opposants, c'est de dire que le mariage doit servir à la procréation. Cela ne résiste pas aux faits : près de 50 % des enfants naissent hors mariage aujourd'hui et il y a, à l'inverse, énormément de couples mariés qui n'ont pas d'enfants. Je marie régulièrement, en mairie de Lyon, des couples sexagénaires. Le lien entre la procréation et le mariage a été rompu. Le mariage, c’est aujourd’hui la reconnaissance institutionnelle de l’amour entre deux êtres. Le lien amoureux est de même nature qu’il s’agisse d’un couple hétérosexuel ou d’un couple du même sexe ; dès lors, le mariage doit s’ouvrir à tous les couples et, ainsi, s’universaliser. Mais le Pacs n’est-il pas suffisant ? Non : le Pacs est certes un contrat qui crée une solidarité juridique et financière (bien incomplète encore) entre les parties ; surtout, contrairement au mariage, il n’a pas la valeur d’institution sociale assurant la reconnaissance symbolique et juridique des couples homosexuels.

Le mariage est désormais reconnu dans dix pays (dont en Europe les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Suède), ainsi que dans cinq Etats américains. Il fait l’objet d’un consensus émergent dans notre société : 65% des Français s’y déclarent favorables. La France est mure pour le mariage homosexuel.

Le troisième enjeu, c’est l’accès à la parenté. Les couples homosexuels peuvent-ils élever des enfants ? La question doit être jugée à l’aune de l’intérêt de l’enfant avant même celle du désir des parents. Certains pensent que, par nature, il est dommageable pour un enfant d'être élevé par un couple homosexuel : au nom de la dualité sexuelle fondamentale – biologique – de l’humanité, l’équilibre de l’enfant nécessite un référent masculin et un référent féminin. La psychanalyse invalide cet a priori. Elle tend à montrer qu’un enfant a besoin de deux parents afin de structurer au mieux son identité (« triangulation psychique ») mais le fait qu’ils soient du même sexe ne pose pas de difficulté dès lors qu’ils ont accompli le travail psychique de parentalité. Les enfants de parents de même sexe disposent de toute manière, par le biais des oncles et tantes, des grands-parents ou d’ami(e)s des parents, de référents des deux sexes. En d’autres termes, l'orientation sexuelle ne détermine pas l'aptitude à élever un enfant. Les faits le confirment : toutes les enquêtes menées en Europe ou aux Etats-Unis concluent que les enfants élevés par des couples du même sexe sont aussi équilibrés et heureux que ceux élevés par des couples hétérosexuels. La réalité de l'homoparentalité aujourd'hui en est une illustration qui tord le cou aux idées reçues : 40.000 enfants sont élevés en France par des couples du même sexe du fait, notamment, des familles recomposées. J’ai la conviction que l’intérêt de l’enfant passe en priorité par l’amour des parents : un enfant heureux est un enfant élevé par des parents aimants, quel que soit leur sexe.

Ces arguments militent pour l’ouverture de l’adoption aux couples du même sexe. Près de 60% des Français y sont favorables. La situation actuelle est d’ailleurs incohérente : on interdit aux couples homosexuels d’adopter, au nom de la nécessité d’une double référence parentale ; on autorise pourtant l’adoption par les célibataires. Hypocrite, aussi : on ne demande pas leur orientation sexuelle aux célibataires candidats à l’adoption, nombre de gays adoptent à travers cette procédure, en cachant leur vie de couple. Et inique : pour l’enfant, la question c'est être adopté ou rester abandonné – et nul ne doute que l’adoption, quelle que soit l’orientation sexuelle des parents adoptants, est supérieure au maintien à l’orphelinat. L’adoption permet avant tout de donner une famille à un enfant qui n’en a pas.

Ces arguments militent aussi pour l’extension de la procréation médicalement assistée à la stérilité sociale. Le parti socialiste vient de le proposer, et c’est une très bonne chose. S’y oppose encore le fantasme d’une « race » biologique homosexuelle. Mais l’homosexualité ne se transmet pas génétiquement. Des études américaines montrent au contraire que les enfants de couples homosexuels, poussés par leur désir d’intégration au groupe et de « normalité », sont en moyenne plus hétérosexuels que ceux issus de familles hétérosexuelles.

Se pose, enfin, la question de la gestation pour autrui (GPA) : les couples homo masculins peuvent-ils avoir accès à des mères porteuses ? On voit bien les objections éthiques que suscite une telle perspective : la création d’un enfant de novo par les hommes. Surtout, la GPA est violemment contestée sur un terrain plus large : commercialisation du corps humain, nouvel asservissement des pauvres qui louent leur ventre pour l’enfantement des enfants des riches, aliénation de la femme ravalée au rang de « four à bébé »… C’est la GPA dans son ensemble qui est rejetée, comme technique procréative contraire à la dignité de la mère porteuse, non pas seulement comme palliatif à la stérilité sociale des couples homosexuels mais aussi comme remède à la stérilité médicale des couples hétérosexuels.

Il y a de la vérité et de la réalité dans chacun de ces arguments, mais aucun n'est pour autant irréfutable. Ils plaident, à mon sens, pour la prudence, pas pour l’abstention. La GPA peut être régulée pour ne relever que de l’éthique du don. De nombreux exemples étrangers en attestent, par exemple le Royaume Uni. C’est pour ces raisons que nous avons proposé, avec Bertrand Monthubert, la légalisation de la GPA dans un récent rapport interne au PS sur la révision des lois bioéthiques. Le PS vient de se prononcer contre la légalisation, et je respecte bien évidemment cette décision collective, prise à l’issue d’un débat de haute tenue de notre bureau national. Mais en tout état de cause, le refus de la GPA ne doit pas bloquer les autres avancées possibles pour la communauté LGBT (accès à l’AMP par don de gamètes et adoption) : il faut dissocier les deux sujets.

Au total, la société française évolue rapidement. La justice a emboité le pas : autorité parentale, droit de visite en cas de séparation, adoption par le « second parent » en cas de décès du parent biologique… La jurisprudence reconnaît régulièrement de nouveaux droits aux homosexuels. Tout récemment encore, la Cour de Cassation vient d’interroger le Conseil constitutionnel sur la constitutionnalité de l’interdiction du mariage gay. Toute la France avance, mais le politique reste immobile. La loi n’a pas évolué depuis le Pacs, en 1999. Elle n’évoluera pas plus avec la révision en cours des lois bioéthiques, si l’on s’en tient au projet de loi du gouvernement. Le dernier bastion homo-sceptique, dans le pays, se trouve dans la classe politique. Il est grand temps que les progressistes de tous bords changent la donne.

Commentaires
Par Anonyme Le 21/11/2011
0

Précisément; Quand on a lu le livre de M. Nadaud, on s'aperçoit que cette "étude" n'a aucune valeur scientifique. Il n'a pas examiné les enfants élevés par des couples d'homosexuels mais a envoyé un questionnaire à leurs parents !!! Comme si un médecin de santé scolaire, au lieud'examiner les enfants, envoyait à leurs parents un questionnaire du type " Votre enfant dort-il bien ? Fait-il pipi au lit ? Est-il irritable ? Mange -t-il bien ? , etc "
Qui plus est pour comparer la situation de ces enfants avec ceux élevés par des couples hétérosexuels, il a pris comme référence des personnes hétérosexuelles recontrées dans des clubs de rencontres échangistes !!! La moinde honnêteté eût été de prendre comme référen,ce de comparaison des enfants élevés par des couples hétéroseules stables et non échangistes !!!
Lorsuqe cette reamrque a été faite à M. Nadaud, il a répondu qu'en recontrant des couples échangistes, il était sûr que ce soit des hétérosexules !!! " On rêve !

Par Anonyme Le 17/09/2011
-9

A vous lire, les enfants de parents divorcés, de mères célibataires, sans compter les enfants orphelins, ne sont pas ou plus dans votre norme..... Belle étroitesse d'esprit...
Il n'existe pas de parents, ni d'enfants idéaux... Chacun fait de son mieux pour son équilibre, son éducation, dans l'amour de son foyer, qui peut etre composé d'un parent ou deux. C'est presque aussi simple que cela.

Par Hinageshi Le 14/05/2011
15

À lanteri, qui écrit : « A aucun moment vous considérez l'impact sur des enfants qui n'auront pas de parents au sens naturel du terme de sexe différent ».

Avez-vous *aperçu* cette phrase dans le texte :
« Les faits le confirment : toutes les enquêtes menées en Europe ou aux Etats-Unis concluent que les enfants élevés par des couples du même sexe sont aussi équilibrés et heureux que ceux élevés par des couples hétérosexuels. » ???

Allez… effet de ma bonté, voici un point de départ pour aller vers lesdites études : http://www.babelio.com/livres/Nadaud-LHomoparentalite/130693

(Et repassez quand vous vous serez un peu instruit.)

Par Joyce Le 05/03/2011
5

"Le mariage, c’est aujourd’hui la reconnaissance institutionnelle de l’amour entre deux êtres"

De quel article du code civil parle l'auteur? A quel moment doit-on prouver "l'amour ressenti"? De quel "amour " s'agit-il? Comment l'institution définit-elle cet "amour"? Quelle est sa définition juridique?

Par lanteri Le 22/12/2010
-100

A aucun moment vous considérez l'impact sur des enfants qui n'auront pas de parents au sens naturel du terme de sexe différent .
vous invitez donc les enfants à hériter d'une perversion de la parentalité sous le prétexte que tout est possible et qu'il est interdit d'interdire et donc de fixer des limites à nos désirs les plus fous .
un enfant né deux la rencontre de sexe opposé. il s'élève naturellement dans ce cadre qui conditionne sa structuration . la monoparentalité est déjà une grave dérive et amenuise les chances pour l'enfant de grandir sur un terreau fertile . si on rajoute l'homosexualité les mères porteuse et l'enfant issue de la science il va ns rester de jouer aux dés et prier pour l'avenir de notre civilisation
vous avez peu être compris que je m'oppose à ce laxisme je dirai plus à cette anomie de nos sociétés .

Par rolland-villemot Le 17/12/2010
0

Je suis d'accord pour l'adoption par des couples homosexuels et je suis pour reflechir aux possibilité de la GPA à condition qu'il n'y ait pas de commercialisation . d'autre part le mariage homo ou hétéro est un projet de vie commune etd' élever des enfants . en ce sens le mariage assure une meilleure protection que le pacs en cas de opération ou divorce. Mais par contre en ca sde famille recomposée ou de couples homosexuels, il me semble important pour l'équilibre des enfants qu'ils aient le droit de savoir qui est leur parents biologiques et de le voir. En cas de divorce, trop d'enfants sont séparés d'un de leurs parents. en effet, peu importe du contexte dans lequel où les enfants sont élévés: famille 'normale', famille recomposée, famille homosexuelle siils ont la capacité de voir si cela est possible leur parents biologiques. en effet, lors de l'adoption sous X, on voit trop d'enfants devenus adultes qui passent leur vie à chercher les parents biologiques. selon moi tout le monde a le droit de connaître ses origines; en les connaissant, ils acceptent beaucoup mieux leur contexte dans lequel ils vivent

Par JL Richard, socialiste, ancien élu, démographe Le 16/12/2010
1

Les couples d’homosexuels doivent pouvoir bénéficier de la même protection juridique diversifiée que celle offerte aux hétérosexuels mariés car le PACS ne permet pas d’organiser, sur le plan patrimonial, économique et résidentiel, la sécurisation des parcours de vie personnels et du conjoint survivant (en cas de décès d’un des membres du couple). Cela dit, les sujets évoqués sont très complexes et les progressistes doivent réfléchir à la signification sociale du mariage. Dans la mesure où les droits éventuels d’un parent B d’enfant seraient préalablement pris en compte, il pourrait effectivement exister une possibilité pour un parent A d’enfant(s) né(s) de A et B, sous réserve de l’accord de B et/ou de la justice, d’organiser sa vie de couple homosexuel dans un cadre juridique aussi protecteur que le mariage. Cependant, le texte de Najat-Vallaud Belkacem, mène à la confusion sur plusieurs points : « Le principal argument des opposants, c'est de dire que le mariage doit servir à la procréation ». Je ne vois pas qui tient encore ce discours : d’abord, comme le note Najat, bien des couples se marient pour des raisons autres que « la procréation » ; par ailleurs le mariage doit non servir à la procréation, mais, plus exactement (car je crois que l’usage du mot par Najat est ambigu) est légalement le cadre que choisissent nombre de couples pour assurer, voire afficher publiquement, un cadre d’épanouissement à eux-mêmes et/ou leurs enfants souvent nés hors mariage. Le mariage républicain n’est pas fondé sur les valeurs d’un mariage religieux. Ce n’est pas de procréation dont il est question, mais d’éducation d’enfants mineurs. Exemple : la région de France où il y a le plus de naissances hors mariages est aussi celle où ensuite il y a le plus de couples qui se marient dès la petite enfance de leur(s) enfant(s). Outre l’affirmation du projet parental, des raisons de protection individuelle et d’intérêt des enfants y compris en cas de rupture ultérieure de l’union expliquent souvent ce choix ( il est plus difficile d’organiser, de manière effective et sans risques juridiques, des horribles « enlèvements d’enfants » à des dizaines de kilomètres, des « parental child abduction », lorsque l’on est marié-e-). Certes, en raison des divorces tardifs, une petite majorité des divorces se font par consentement mutuel mais nous savons que la majorité des divorces avec enfants mineurs présentent un volet contentieux relatif à l’éducation et au placement des enfants. Nous devons effectivement être extrêmement attentifs à ce que les droits d’un parent et de chaque parent, y compris ses droits à choisir un cadre pour l’éducation de ses enfants soient maintenus. Nous savons que ce droit est d’autant moins assuré que l’UMP a simplifié et raccourci, en 2003-2004, les procédures de divorce unilatéral, forme inavouée de répudiation. Sur ce sujet, le droit de chacun des parents, le texte de Najat est muet. Par ailleurs, lorsque Najat écrit « Le mariage, c’est aujourd’hui la reconnaissance institutionnelle de l’amour entre deux êtres » , il s’agit d’un raccourci qui repose sans doute sur une évolution sociétale mais qui n’est pas une réalité et une exigence juridique. Faut-il rappeler que l’introduction du « sentiment amoureux » dans le cadre juridique du mariage est une innovation ahurissante et récente de l’UMP (et dénoncée par la gauche) dans le cadre de la loi sur les « mariages gris », loi qui concernait certes des problèmes réels (ne concernant d’ailleurs pas, loin s’en faut seulement des couples mixtes), mais qui a fait apparaître ce curieux concept « amoureux » dans la définition du mariage. Naturellement, on souhaite à chacun souhaitant se marier ou l’étant d’être dans un couple en harmonie, mais il n’est heureusement pas nécessaire d’être amoureux pour se marier ou être marié(e). Comment d’ailleurs vérifierait-on d’ailleurs la chose ? Enfin, Najat fait l’impasse sur les différents significations que les gens peuvent donner à leur choix de mariage, différences que, élus, nous avons pu observer. Affirmer cela ne signifie nullement vouloir priver les couples homosexuels des garanties qu’offre la loi hélas seulement, à ce jour, aux couples hétérosexuels mariés alors que les homosexuel-le-s doivent avoir accès à ces protections et garanties
Enfin, le texte de Najat revient sur la question de la GPA. Le Parti socialiste a pris aujourd’hui une décision importante que, pour ma part, j’approuve. Surtout, il importe de rappeler que ce n’est pas ce sujet, pas plus que l’attachement à tel ou tel type de choix de vie au niveau personnel, qui saurait définir le fait que l’on serait progressiste ou pas.
Réfléchir au mariage des homosexuels ne peut être dissocié d’une réflexion sur le mariage et les recompositions familiales en général.

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