PARIS - La Fondation Terra Nova, proche du PS, estime que le débat sur le nucléaire en France doit être posé après l'élection présidentielle de 2012, et loin de tout affrontement purement idéologique entre pro et anti.
Le mix énergétique à moyen terme constitue un choix de société majeur, écrit la Fondation dans un rapport Maîtriser l'énergie publié mardi et réalisé par un groupe de travail présidé par l'économiste Alain Grandjean.
Il n'y a pas de solution intrinsèquement meilleure que les autres, avance-t-elle, précisant qu'il s'agit d'arbitrer entre risques, coûts, émissions de gaz à effet de serre, indépendance énergétique et degrés d'efforts à consentir.
Terra Nova juge que le choix doit être effectué avant 2015, sans la précipitation qui entraînerait un débat purement idéologique entre les +pro-nucléaires+ et les +anti-nucléaires+.
Il doit donc avoir lieu après l'élection présidentielle, précise la Fondation, qui estime aussi que le débat ne peut pas se résumer à un simple référendum et préconise plutôt des outils innovants de consultation (...) qui permettent l'expression d'opinions informées des citoyens après plusieurs séances de travail avec des experts de toutes sensibilités.
La catastrophe de Fukushima a amené de nombreux dirigeants socialistes à prendre position sur l'avenir du nucléaire en France, Martine Aubry avançant que personnellement, elle pense qu'il faudra sortir du nucléaire.
François Hollande, autre candidat à la primaire PS, s'est lui engagé à réduire de 75% à 50% la production d'électricité d'origine nucléaire à l'horizon 2025.
Cette question est au coeur des tractations entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts sur un possible contrat de gouvernement.
Terra Nova estime qu'il est possible de réduire progressivement la part du nucléaire à partir de 2020-2025 par le non-renouvellement des centrales arrivées entre 40 et 50 ans d'exploitation.
La part du nucléaire peut ainsi baisser sans difficultés jusqu'à 50%, les énergies renouvelables assurant 40% et les moyens thermiques d'appoint 10%.
Terra Nova s'interroge sur la possibilité de voir croître la part des énergies renouvelables au-delà de ce seuil en raison des problèmes techniques liés à l'intermittence et à la faible adaptation aux pics de consommation.
Mais la Fondation insiste surtout sur le fait que la priorité porte moins sur l'offre énergétique que sur une politique de maîtrise de la demande ambitieuse, avec un effort marqué sur les économies d'énergie dans le bâtiment et les transports.
(©AFP / 12 juillet 2011 17h57)







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