Par Bertrand ’Nash’ Russel sur Agoravox
De très nombreux articles parlent de sexisme dans lesquelles sexisme et misogynie sont associées. Dans sa définition, sexisme est un terme généralisateur portant à la fois sur l’inversion et la haine envers la femme ou/et l’homme. Cet article propose de définir le sexisme anti-homme appelé misandrie et d’expliciter ses formes sociales.
La misandrie est un sentiment d’aversion envers les hommes en général ou une doctrine professant l'infériorité des hommes par rapport aux femmes. Elle peut être ressentie ou professée par des personnes des deux sexes.
Patrick Guillot a étudié les formes de la misandrie à travers les siècles, ses penseur(e)s, ses théoricien(ne)s et mis en avant le corpus idéologique sous jacent. Il a publié ses recherches dans le premier ouvrage francophone sur le sujet « La misandrie : histoire et actualité du sexisme anti-homme » (Groupe d’étude sur les sexismes, 2010) [1].
Un exemple des plus violents de misandrie qui se décline sous une forme a priori honnête de lutte contre la violence faites aux femmes est l’affiche diffusée par Amnesty international [2]. Sur cette affiche, nous voyons un homme possédant un panneau tel qu’on les voit dans les postes de police sur les criminels. Cette affiche destinée à frapper est un exemple typique de misandrie et de manipulation basée sur deux mensonges quasi institutionnalisés : les 10% à 20% de victimes de violences conjugales sont des femmes et uniquement les femmes sont victimes faisant de facto de l’homme un bourreau inhumain digne de Rikers. Or que nous apprend l’étude [3] sur laquelle se base cette association pour mettre en place sa campagne ? Elle nous apprend que le chiffre exact est de 14.9% (!) et que cette même étude met en exergue qu’il existe 10.5% (!) de victimes masculines d’une violence féminine. Mensonges et Omissions (*).
Dans la même veine, Philippe Brenot a écrit et publié un livre « les violences ordinaire des hommes contre les femmes » (Odile Jacob, 2008) affirmant que 5% à 10% des violences sont le fait des femmes (chiffres non sourcés … ) et encore à cause des hommes [4]. Il conclut son livre par « Et, comme un acte expiatoire des générations passées, j’accepte volontiers de reconnaître les violences par mainmise, contrainte ou omission, de mes pères, grands-pères et aïeuls depuis l’origine de la prise du pouvoir des mâles sur les femelles, à l’aube de notre humanité. » (p117), vaste fumisterie de la part de quelqu’un qui se prétend anthropologue …
Il s’agit ni plus ni moins que d’une récriture de l’histoire dans un but purement idéologique et de domination. Il s’agit aussi d’une fraude scientifique et d’un détournement de la science à en faire pâlir les Bogdanoff [5].
La considération d’un homme naturellement mauvais et d’une femme continuellement victime fait partie du corpus victimaire du féminisme radical associant masculin et violence (voir à ce sujet [6] les longues, trop longues litanies de SOS sexisme). Dans une version plus légère, ce discours (au nom de l’écologie) se retrouve chez Colline Serreau dans son film « solutions locales pour un désordre global » (2010) dont les intervenantes font un procès sans nuance aux hommes en imposant pour paradigme femme = nature = vie = Gaia = victime et homme = bourreau = mort = destruction insinuant que finalement tout ce qui se passe de mauvais dans le monde est la faute des hommes. On remarquera la récurrence des phrases « autrefois, la femme avait le pouvoir » dans le film laissant aucune ambigüité quant au message …
Les autres approchent moins dogmatiques cherchent à s’appuyer sur un substrat scientifique et consistent à générer des stéréotypes et les affecter à l’un ou l’autre sexe au nom de la sociologie ou d’une méthode scientifique cherchant une essence propre à chaque sexe. Ainsi selon Venessa Watremez [7], la violence des lesbiennes est d’essence masculine car c’est le symptôme de l’existence du patriarcat permettant ainsi de réduire la violence à l’être uniquement masculin « … la mise en évidence de la violence dans les relations lesbiennes met en lumière la logique même du système : la violence est masculine, quel que soit le sexe biologique de la personne » ou encore « Si la violence domestique masculine est d'ordinaire le fait des hommes, c'est avant tout parce qu'il y a une quasi-parfaite adéquation entre sexe et genre, mais avant d'être le fait d'hommes, la violence domestique est masculine. […] Les femmes violentes que nous avons présentées sont le masculin, le pouvoir dans leur couple, là où les hommes battus représentent le féminin. » Ces propos éminemment sexistes, mêmes bisexistes ne sont rien en regard de ce que dit Peggy Sastre « ... tout homme est un violeur en puissance », propos qu’elle base sur sa formation scientifique « darwienne » (sic !). Un symbole emblématique de cette idéologie qui se caractérise par un manque de rigueur scientifique et de grave contresens est Léo Thiers Vidal, homme engagé dans le féminisme matérialiste radical auprès de Christine Delphy. Il a mit fin à ses jours le 12 novembre 2007 [8]. Il nie toute existence de la condition masculine en dehors de la classe « male » qui oppresse la classe « femelle » voyant dans l’homme un tyran et dans la femme une victime, c’est donc à l’homme à travailler sur lui-même [9]. Ses raisonnements l’ont amené à publier un article qui a provoqué l’ire d’une criminologue [10]. Malgré leurs virulences, ces propos et leurs cotés excessifs ou ces réflexions bancales ne concerne que celui ou celle qui les dit mais répétés et institutionnalisés, cela amène à une situation inique et à sens unique à savoir la condamnation unilatérale de l’homme hétéro [11] – [12].
Le développement des études de genre (**) s’accompagne d’une volonté de déconstruction du masculin et de façon moins prononcée du féminin. En effet, la déconstruction culturelle ne peux que laisser place à un principe matérialiste mettant en exergue la profonde asymétrie homme/femme face à la nature (***) qui ne pourra jamais être déconstruite mais juste actée et prise comme référence pour instaurer pouvoir et domination. L’éthologie [13] a clairement montré que les stéréotypes de genres ne sont pas culturellement définis ni dans l’espace ni dans le temps même s’ils s’inscrivent dans trois sphères liées et causales (avec rétractions possibles) : génétique-biologique, environnementale, culturelle. Ceci est particulièrement bien montré par des groupes de singes qui ne chassent pas de la même façon suivant la position géographique ou même entre sexe d’un même groupe. Le comportement culturel n’est donc pas invariant temporel et spatial.
Les exemples évoqués ci-dessus sont une partie de phénomènes beaucoup plus large car dans l’espace social, la misandrie prend plusieurs formes :
● La considération que la sexualité masculine est pauvre, simple ou sa négation [14].
● La surestimation volontaire des violences faites aux femmes par des enquêtes non scientifiques comme celle de l’ENVEFF des années 2000 [15] – [16] – [17] (****).
● La définition légale du viol comme étant un acte de pénétration occultant le viol féminin et ses manifestations (lire à ce sujet [18]).
● Le refus de la prise en charge des victimes masculines de violences et même la reconnaissance de ces dernières.
Ceci est particulièrement mis en évidence par le rapport Terra Nova sur « l’implication des hommes, nouveau levier dans la lutte pour l’égalité des sexes » [40] qui réduit son volet violence à la proposition 15 : « Violences, Proposition 15 : lutter contre toutes les violences faites aux femmes ». On remarquera que la lutte contre le sexisme de Terra Nova s’arrête là où commence la misandrie. Par ailleurs, lisez ce que dit Sylvianne Spitzer à propos de l’association SOS hommes battus vu par les associations de femmes victimes « Les associations d’aide aux femmes victimes de violence conjugale font comme si SOS Hommes Battus n’existait pas. J’ai demandé à plusieurs d’entres elles de bien vouloir mettre un lien de leur site vers le mien, cela m’a toujours été refusé. Le fait que l’association soit présidée par une femme fait que nous ne sommes pas attaqués de toute part.C’est plus « sournois ». Certaines féministes ou femmes victimes de violences n’hésitent pas à contacter les étudiant(e)s qui travaillent sur le sujet des hommes victimes en les insultant et en les accusant de « traîtrise » [19].
● La propagation d’idées reçues négative à l’encontre des hommes dans les média cinéma, film, presse féminine.
Voir les excellents articles d’Olivier Kaétslé sur ce point et sa critique de la publicité Whiskas [20] – [21] – [22]. Les Canadiens Paul Nathanson et Katherine K. Young, dans « Spreading Misandry » (Mc Gills-Quenns, 2002) et « Legalizing misandry » (Mc Gills-Quenns, 2006) ont plus particulièrement mis en évidence ce phénomène dans les feuilletons télévisés [23].
● Le rejet de la plupart des caractéristiques habituelles de la masculinité, la critique systématique de toute tentative de valorisation par les hommes de leurs spécificités, et parallèlement la valorisation sans retenue des caractéristiques spécifiques de la féminité [23].
● La mise en place d’organismes nationaux et internationaux voués à soutenir la cause des femmes et le refus de subventionner les associations masculines (voir [24] – [25]).
● Discrimination en faveur des femmes [26] (entrée gratuite en boite de nuit, assurance auto plus chère pour les hommes, offres d’emplois uniquement pour les femmes (là où bien sur un homme pourrait convenir)) et action en faveur de l’emploi des femmes comme des opérations « relooking » et discrimination en défaveur des pères [27]. Il existe aussi une discrimination intrinsèque sur les retraites en faveur des mères, lire à ce sujet le témoignage de Yaovi « Est-ce normal que ma chère ex à qui les enfants ont été retirés pour maltraitance lourde qui ait des compensations pour sa retraite parce qu’elle est « Mère » et que moi je n’en ai aucune alors que je rattrape la casse ? C’est pourtant bien ce qui va se passer … » [28] ou encore sur les attributions de garde suite à une séparation/divorce [29] – [30].
● L’absence de recherche concernant la sous performance des garçons dans le domaine scolaire [31] – [32] ainsi que l’absence de campagne destinée aux hommes afin de les sensibiliser à intégrer des métiers traditionnellement féminin comme la puériculture. Il est difficile voire impossible pour les hommes d’évoluer dans ce domaine sans être associé à des possibles pédophiles. De plus, les femmes y évoluant sont peu enclines à voir les hommes y pénétrer [33]. A propos des enseignants masculins, voici un extrait de l’ « école du soupçon » écrit par Marie Monique Robin « aujourd’hui, le fait d’être un enseignant homme, c’est porter sur soi un soupçon et cela induit une relation qui n’est plus naturelle, qui n’est plus vraie, à l’intérieur des écoles » [34].
● L’absence de campagne de prévention envers les fausses accusations voire la négation de leur existence même comme l’explicite Olivier Kaéstlé [35], « Selon des statistiques gouvernementales partielles et des avis de spécialistes crédibles tels que Michel St-Yves, psychologue judiciaire d’expérience à la SQ et auteur d’ouvrages sur la criminalité québécoise, les signalements d’agressions sexuelles non fondés oscilleraient entre 30 et 40 %, pourcentage bien sûr contesté par des organisations féministes, qui souhaiteraient qu’ils ne dépassent pas 2 %. »
● L’impossibilité légale pour les hommes, en cas de doute sur une paternité qui leur est attribuée, de procéder à une recherche de paternité par eux-mêmes sans l'accord de la mère ou sans une décision de justice ; les tests illégaux n'ont pas de valeur juridique. Ceci s’accompagne d’une possibilité pour la mère de demander une pension au père biologique même si celui-ci ignore l’existence de l’enfant sans compter sur les quelques pourcents d’hommes qui éduquent un enfant pensant sincèrement que ses gamètes ont y contribués. Il n’existe pas à ce jour de statut de géniteur sous X mettant à l’abri de poursuite judiciaire tout homme ne voulant pas accepter une paternité biologique [36]. Voir à ce sujet l’excellent article de barbouse [37].
Au sein de la société, la misandrie prend donc plusieurs formes. Ce sexisme sournois prend racine dans une vraie aversion pour les hommes et ceux pour plusieurs raisons puis investie le terrain politique instaurant des rapports de dominations peu identifiables. Les questions ne portent plus sur les conditions féminines ou masculines avec leurs problématiques propres mais sur la mise en place d’un système délibérément pervers faisant de l’homme un coupable par essence et le discriminant par principe et lorsque l’irréparable se produit, cette chaine se renforce un peu plus. Cela n’augure rien de bon pour les sociétés et le contrat social.
Notes :
(*) Sur les violences intergenre : « les rapports cumulés de l’ONDRP de 2008 à 2010 chiffrent à 663.000 femmes et 280.000 hommes les victimes de violence domestique légère ou grave, y compris les violences sexuelles. Soit 2 femmes pour 1 homme. […] On est loin du discours féministe qui dénie encore à l’heure actuelle la réalité des hommes et parle de 2% d’hommes victimes. On peut penser que le pourcentage d’un tiers est encore sous-estimé […] les hommes sont moins enclins à dénoncer une violence subie pour des raisons culturelles : la honte, un vrai homme ne peut être victime, la crainte de n’être pas cru. D’autre part un homme qui reçoit une gifle de sa compagne ne voit pas cela comme une violence car les campagnes sur la violence domestiques sont univoques depuis des années : seules les femmes seraient victimes. Donc ce qu’il subit en cas de violence est normal. Certains pères battus ont également peur pour leurs enfants et préfèrent taire les violences pour éviter des drames plus grands. […] Au Canada les statistiques […] montrent qu’il y a légèrement plus de 50% de victimes masculines dans la violence domestique. Et il y aurait deux fois plus d’hommes victimes de violence grave que de femmes. » Extrait de [38].
(**) Les études de genre ne sont pas en elles une mauvaise idée et ont leurs utilités dans la refonte du contrat social ainsi que dans la reconnaissance - entre autre - de l’immense apport affectif et stabilisateur que constituent un homme, un père. Les études de genre permettraient aussi de démontrer que la paternité est bien un sentiment constitutif du masculin (voir à ce sujet la paternité chez les hippocampes ou les manchots empereurs) et d’oublier les propos délirants d’Elisabeth Badinter associant paternité et homosexualité masculine [39]. Les études de genre pourraient établir un lien entre formalisme mathématique et langage en supprimant toute forme de dualité pour introduire une multidimensionnalité dans le langage, chose que permet le formalisme mathématique et donc de proposer une approche à la fois discrète (au sens de la mécanique quantique) et fluide (au sens du continuum réel) des tissus sociaux.
(***) La maternité s’inscrit dans le réel au sens strict du terme (grossesse, allaitement). La paternité (au sens du géniteur) ne peut s’inscrire dans le réel (au sens de l’acception de la causalité physique que si la mère reconnait le père biologique et l’accepte dans son entourage proche ou que s’il est prouvé par un test tiers que c’est le père biologique. Les hommes accèdent donc bien plus facilement à l’altérité puisque l’accès à l’enfant se fait en reconnaissant de facto l’intermédiaire entre lui et l’enfant à savoir la femme.
(****) Sans entrer dans la polémique lié au sujet, il est intéressant de savoir que le 25 novembre 2010, OLF placardait les affiches sur le viol avançant le chiffre de 75.000 femmes violées. Le rapport Terra Nova sur « l’implication des hommes, nouveau levier dans la lutte pour l’égalité des sexes » [40] dont Caroline de Haas, présidente de OLF est cosignataire mentionne le chiffre de 48.000, cette même Caroline reparle du chiffre de 75.000 lors d’un entretient à Marianne en juillet. D’autres calculs font état de 20.000 (2000 condamnations qui représentent 10%). Il y a 8000 viols dénoncés en France ce qui débouche sur 4000 condamnations et 2000 condamnations [41]. En gros, la fourchette est de 8.000 à 75.000 soit du simple au octuple. L’argument qui consiste à expliquer de telles variations par le fait que c’est un chiffre qui n’est pas facile à évaluer n’est pas recevable pour la simple raison que l’incertitude sur le chiffre est de l’ordre de grandeur du chiffre lui-même, il y a donc trouble dans ces statistiques …







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